Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Septièmement – Les savants ont divergé au sujet du pèlerin qui parvient en vue de la Maison : doit-il lever les mains ou non ?

Abû Dâwûd rapporte que l’on interrogea Jâbir ibn ‘Abd Allâh au sujet d’un homme qui, lorsqu’il aperçoit la Maison, lève les mains. Il répondit : « Je n’ai jamais pensé que quelqu’un fasse cela, hormis les Juifs. Nous avons accompli le ḥajj avec le Messager d’Allâh — paix et bénédiction d’Allâh sur lui — et nous ne le faisions pas. »

Ibn ‘Abbâs — qu’Allâh les agrée tous deux — rapporte du Prophète — paix et bénédiction sur lui — qu’il a dit :
« Les mains se lèvent en sept endroits : à l’ouverture de la prière, lorsque l’on fait face à la Maison, à aṣ-Ṣafâ, à al-Marwah, aux deux stations (de ‘Arafah et de Muzdalifah) et auprès des deux Jamrahs. »

C’est ce ḥadîth d’Ibn ‘Abbâs qu’ont suivi ath-Thawrî, Ibn al-Mubârak, Aḥmad et Isḥâq, et ils ont jugé faible le ḥadîth de Jâbir, car le transmetteur Muhâjir al-Makkî est inconnu. Ibn ‘Umar, quant à lui, levait les mains lorsqu’il apercevait la Maison ; on rapporte la même pratique d’Ibn ‘Abbâs.

Sourate al-Ḥajj (22), versets 28 à 29 :
« Afin qu’ils assistent aux avantages qui leur sont accordés et qu’ils prononcent le Nom d’Allâh, aux jours déterminés, sur la bête de cheptel qu’Il leur a attribuée ; mangez-en donc et nourrissez l’indigent nécessiteux (28). Puis qu’ils terminent leur état de négligence, qu’ils s’acquittent de leurs vœux et qu’ils fassent le tawâf autour de la Demeure Antique (29). »

Ces deux versets comportent vingt-trois questions juridiques :

  1. Sa parole — Très-Haut — : « li-yash-hadû » (qu’ils assistent). Autrement dit : annonce le pèlerinage ; ils viendront à toi, à pied et montés, « afin qu’ils assistent », c’est-à-dire qu’ils soient présents. Le mot « shuhûd » signifie la présence.

« Manâfi‘a lahum » : c’est-à-dire les rites, tels que ‘Arafât et al-Mash‘ar al-Ḥarâm ; certains ont dit : le pardon ; d’autres : le commerce. D’autres encore considèrent qu’il s’agit d’une expression englobante — ainsi l’ont expliqué Mujâhid et ‘Aṭâ’ et cette opinion a été retenue par Ibn al-‘Arabî — à savoir : « afin qu’ils assistent à des profits qui leur reviennent », tout ce qui plaît à Allâh, qu’il s’agisse des affaires d’ici-bas ou de l’au-delà. Cette interprétation réunit l’ensemble : rites, commerce, pardon, et avantages d’ici-bas comme de l’au-delà.

Il n’y a aucun désaccord sur le fait que l’expression : « Il n’y a pas de faute pour vous à rechercher quelque grâce de votre Seigneur » (al-Baqarah, 198) désigne le commerce.

  1. « Et qu’ils mentionnent le Nom d’Allâh aux jours déterminés ». La discussion au sujet des « jours déterminés » et des « jours comptés » a déjà été exposée dans la sourate al-Baqarah. Ce qui est visé par la mention du Nom d’Allâh est la prononciation de la basmala lors de l’immolation et de l’égorgement, comme
السَّابِعَةُ- وَاخْتَلَفُوا فِي الْوَاصِلِ إِلَى الْبَيْتِ، هَلْ يَرْفَعُ يَدَيْهِ عِنْدَ رُؤْيَتِهِ أَمْ لَا، فَرَوَى أَبُو دَاوُدَ قَالَ، سُئِلَ جَابِرُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ عَنِ الرَّجُلِ يَرَى الْبَيْتَ وَيَرْفَعُ يَدَيْهِ فَقَالَ: مَا كُنْتُ أَرَى أَنَّ أَحَدًا يَفْعَلُ هَذَا إِلَّا الْيَهُودَ، وَقَدْ حَجَجْنَا مَعَ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَلَمْ نَكُنْ نَفْعَلُهُ. وَرَوَى ابْنُ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ: (تُرْفَعُ الْأَيْدِي فِي سَبْعِ مَوَاطِنَ افْتِتَاحِ الصَّلَاةِ وَاسْتِقْبَالِ الْبَيْتِ وَالصَّفَا وَالْمَرْوَةِ وَالْمَوْقِفَيْنِ وَالْجَمْرَتَيْنِ) . وَإِلَى حَدِيثِ ابْنِ عَبَّاسٍ هَذَا ذَهَبَ الثَّوْرِيُّ وَابْنُ الْمُبَارَكِ وَأَحْمَدُ وَإِسْحَاقُ وَضَعَّفُوا حَدِيثَ جَابِرٍ، لِأَنَّ مُهَاجِرًا الْمَكِّيَّ رَاوِيَهُ مَجْهُولٌ. وَكَانَ ابْنُ عُمَرَ يَرْفَعُ يَدَيْهِ عِنْدَ رُؤْيَةِ الْبَيْتِ. وَعَنِ ابن عباس مثله. [سورة الحج (٢٢) : الآيات ٢٨ الى ٢٩] لِيَشْهَدُوا مَنافِعَ لَهُمْ وَيَذْكُرُوا اسْمَ اللَّهِ فِي أَيَّامٍ مَعْلُوماتٍ عَلى مَا رَزَقَهُمْ مِنْ بَهِيمَةِ الْأَنْعامِ فَكُلُوا مِنْها وَأَطْعِمُوا الْبائِسَ الْفَقِيرَ (٢٨) ثُمَّ لْيَقْضُوا تَفَثَهُمْ وَلْيُوفُوا نُذُورَهُمْ وَلْيَطَّوَّفُوا بِالْبَيْتِ الْعَتِيقِ (٢٩) فِيهِ ثَلَاثٌ وَعِشْرُونَ مَسْأَلَةً: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (لِيَشْهَدُوا) أَيْ أَذِّنْ بِالْحَجِّ يَأْتُوكَ رِجَالًا وَرُكْبَانًا لِيَشْهَدُوا، أَيْ لِيَحْضُرُوا. وَالشُّهُودُ الْحُضُورُ. (مَنافِعَ لَهُمْ) أَيِ الْمَنَاسِكَ، كَعَرَفَاتٍ وَالْمَشْعَرِ الْحَرَامِ. وَقِيلَ الْمَغْفِرَةُ. وَقِيلَ التِّجَارَةُ. وَقِيلَ هُوَ عُمُومٌ، أَيْ لِيَحْضُرُوا مَنَافِعَ لَهُمْ، أَيْ مَا يُرْضِي اللَّهَ تَعَالَى مِنْ أَمْرِ الدُّنْيَا وَالْآخِرَةِ، قَالَ مُجَاهِدٌ وَعَطَاءٌ وَاخْتَارَهُ ابْنُ الْعَرَبِيِّ، فَإِنَّهُ يَجْمَعُ ذَلِكَ كُلَّهُ مِنْ نُسُكٍ وَتِجَارَةٍ وَمَغْفِرَةٍ وَمَنْفَعَةٍ دُنْيَا وَأُخْرَى. وَلَا خِلَافَ فِي أَنَّ الْمُرَادَ بِقَوْلِهِ: " لَيْسَ عَلَيْكُمْ جُناحٌ أَنْ تَبْتَغُوا فَضْلًا مِنْ رَبِّكُمْ" «١» [البقرة: ١٩٨] التِّجَارَةُ. الثَّانِيَةُ- (وَيَذْكُرُوا اسْمَ اللَّهِ فِي أَيَّامٍ مَعْلُوماتٍ) قَدْ مَضَى فِي " الْبَقَرَةِ" الْكَلَامُ فِي الْأَيَّامِ الْمَعْلُومَاتِ وَالْمَعْدُودَاتِ «٢» . وَالْمُرَادُ بِذِكْرِ اسْمِ اللَّهِ ذِكْرُ التسمية عند الذبح والنحر، مثل
(١). راجع ج ٢ ص ٤١٣. (٢). راجع ج ٣ ص ١.

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