Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

en raison de la dépense engagée et pour exalter les rites du Ḥajj grâce aux préparatifs du voyage à monture. D’autres savants ont estimé, quant à eux, que la marche est préférable, eu égard à la peine qu’elle impose à l’âme.

Ils se fondent, entre autres, sur le ḥadith d’Abū Saʿīd selon lequel : « Le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allāh soient sur lui – accomplit le pèlerinage, ainsi que ses Compagnons, à pied, de Médine à La Mecque. » Il dit alors :
« Serrez vos tailles avec vos izārs ! »,
et il marcha en alternant la démarche ordinaire et une légère course (harwala). Ce ḥadith a été rapporté par Ibn Mājah dans ses Sunan.

Il n’existe cependant aucune divergence, pour l’imām Mālik, quant au fait que le déplacement à monture, dans l’ensemble des rites, est meilleur, par conformité à la pratique du Prophète – que la prière et la paix d’Allāh soient sur lui.

Sixième question. — Quelques savants ont déduit, de l’absence de toute allusion à la mer dans ce verset, que l’obligation du Ḥajj ne concerne pas le voyage par voie maritime. Mālik dit, dans al-Mawwāziyyah : « Je n’entends aucune mention de la mer. » Il s’agit là d’une simple constatation, non d’une conclusion selon laquelle l’obligation tomberait du seul fait que la mer n’est pas citée. En effet, La Mecque ne se trouve pas sur une rive maritime que les gens atteindraient en navires ; quiconque emprunte la mer devra nécessairement, pour arriver à La Mecque, poursuivre soit à pied, soit sur une monture amaigrie. Le verset n’a donc évoqué que les deux états dans lesquels on parvient (à La Mecque). Dispenser de l’obligation du Ḥajj au seul motif du passage par la mer n’est ni fréquent, ni solidement étayé.

Quant à celui qui se trouve confronté, en plus, à un ennemi, à la peur, à un péril grave ou à une maladie qui l’atteint, Mālik, aš-Šāfiʿī et la majorité estiment que, dans ces cas d’excuse, l’obligation disparaît, car ce n’est plus une voie « qu’il lui soit possible d’emprunter ».

Ibn ʿAṭiyyah rapporte que l’auteur d’al-Istidhkār a tenu, sur ce point, des propos dont l’apparence laisserait entendre que l’obligation ne tombe en aucun cas pour ces excuses ; cela est faible. – Et je (l’auteur) dis : « Plus faible encore que faible », et l’exposé détaillé a déjà précédé dans la sourate al-Baqarah.

Le terme al-fajj désigne une route large, son pluriel est fijāj, comme il a été expliqué dans la sourate al-Anbiyā’. Al-ʿamīq signifie « lointain ». La lecture adoptée par la majorité est « yaʾtīna » (elles viennent). Les Compagnons d’ʿAbdullāh (Ibn Masʿūd) lisaient « yaʾtūna » (ils viennent) – pour les cavaliers –, tandis que « yaʾtīna » s’applique aux chameaux, comme s’il avait dit : « Sur des chameaux efflanqués, elles viennent de toute vallée éloignée. »

Ainsi dans Sa Parole : « …et sur des montures amaigries, elles viennent de toute vallée profonde (c.-à-d. éloignée) », d’où l’on dit : « un puits ʿamīq », c’est-à-dire profond, et de même dans le vers :
« …et dont les profondeurs sombres sont vides de toute trace… ».

النَّفَقَةِ وَلِتَعْظِيمِ شَعَائِرِ الْحَجِّ بِأُهْبَةِ الرُّكُوبِ. وَذَهَبَ غَيْرُهُمْ إِلَى أَنَّ الْمَشْيَ أَفْضَلُ لِمَا فِيهِ مِنَ الْمَشَقَّةِ عَلَى النَّفْسِ، وَلِحَدِيثِ أَبِي سَعِيدٍ قَالَ: حَجَّ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَأَصْحَابُهُ مُشَاةً مِنَ الْمَدِينَةِ إِلَى مَكَّةَ، وَقَالَ: (ارْبِطُوا أَوْسَاطَكُمْ بِأُزُرِكُمْ) وَمَشَى خَلْطَ «١» الْهَرْوَلَةِ، خَرَّجَهُ ابْنُ مَاجَهْ فِي سُنَنِهِ. وَلَا خِلَافَ فِي أَنَّ الرُّكُوبَ عِنْدَ مَالِكٍ فِي الْمَنَاسِكِ كُلِّهَا أَفْضَلُ، لِلِاقْتِدَاءِ بِالنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. السَّادِسَةُ- اسْتَدَلَّ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ بِسُقُوطِ ذِكْرِ الْبَحْرِ مِنْ هَذِهِ الْآيَةِ عَلَى أَنَّ فَرْضَ الْحَجِّ بِالْبَحْرِ سَاقِطٌ. قَالَ مَالِكٌ فِي الْمَوَّازِيَّةِ: لَا أَسْمَعُ لِلْبَحْرِ ذِكْرًا، وَهَذَا تَأَنُّسٌ، لَا أَنَّهُ يَلْزَمُ مِنْ سُقُوطِ ذِكْرِهِ سُقُوطُ الْفَرْضِ فِيهِ، وَذَلِكَ أَنَّ مَكَّةَ لَيْسَتْ فِي ضَفَّةِ بَحْرٍ فَيَأْتِيهَا النَّاسُ فِي السُّفُنِ، وَلَا بُدَّ لِمَنْ رَكِبَ الْبَحْرَ أَنْ يَصِيرَ فِي إِتْيَانِ مَكَّةَ إِمَّا رَاجِلًا وَإِمَّا عَلَى ضَامِرٍ، فَإِنَّمَا ذُكِرَتْ حَالَتَا الْوُصُولِ، وَإِسْقَاطُ فَرْضِ الْحَجِّ بِمُجَرَّدِ الْبَحْرِ لَيْسَ بِالْكَثِيرِ وَلَا بِالْقَوِيِّ. فَأَمَّا إِذَا اقْتَرَنَ بِهِ عَدُوٌّ وَخَوْفٌ أَوْ هَوْلٌ شَدِيدٌ أَوْ مَرَضٌ يَلْحَقُ شَخْصًا، فَمَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ وَجُمْهُورُ النَّاسِ عَلَى سُقُوطِ الْوُجُوبِ بِهَذِهِ الْأَعْذَارِ، وَأَنَّهُ لَيْسَ بِسَبِيلٍ يُسْتَطَاعُ. قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَذَكَرَ صَاحِبُ الِاسْتِظْهَارِ فِي هَذَا الْمَعْنَى كَلَامًا، ظَاهِرُهُ أَنَّ الْوُجُوبَ لَا يَسْقُطُ بِشَيْءٍ مِنْ هَذِهِ الْأَعْذَارِ، وَهَذَا ضَعِيفٌ. قُلْتُ: وَأَضْعَفُ مِنْ ضَعِيفٍ، وَقَدْ مَضَى فِي " الْبَقَرَةِ" «٢» بَيَانُهُ. وَالْفَجُّ: الطَّرِيقُ الْوَاسِعَةُ، وَالْجَمْعُ فِجَاجٌ. وَقَدْ مَضَى فِي " الْأَنْبِيَاءِ" «٣» . وَالْعَمِيقُ مَعْنَاهُ الْبَعِيدُ. وَقِرَاءَةُ الْجَمَاعَةِ " يَأْتِينَ" . وَقَرَأَ أَصْحَابُ عبد الله " يأتون" وهذا للركبان و " يَأْتِينَ" لِلْجِمَالِ، كَأَنَّهُ. قَالَ: وَعَلَى إِبِلٍ ضَامِرَةٍ يَأْتِينَ (مِنْ كُلِّ فَجٍّ عَمِيقٍ) أَيْ بَعِيدٍ، وَمِنْهُ بئر عميقة أي بعيدة القعر، ومنه: وقاتم الأعماق خاوى المخترق «٤»
(١). خلط الهرولة (بالكسر) أي شيئا مخلوطا بالهرولة، بأن يمشى حينا ويهرول حينا أو معتدلا. (٢). راجع ج ٢ ص ٣. ١٩٥ (٣). راجع ج ١١ ص ٢٨٥. [ ..... ] (٤). هذا أول أرجوزة من أراجيز رؤية بن العجاج، وبعده: مُشْتَبِهِ الْأَعْلَامِ لَمَّاعِ الْخَفَقْ

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