« Rijâl » est le pluriel de « rajul » (un homme), tandis que « ar-rajjal » constitue l’un des pluriels de « râjil » (un marcheur), à l’image des formes « tijâr / tajr / tâjir » (marchands) et « siḥâb / ṣaḥb / ṣâḥib » (compagnons).
On trouve également, pour le pluriel, la forme insistant « rujjâl » – avec gémination – de la même façon que « kâfir / kuffâr ». Ibn Abî Isḥâq et ʿIkrima ont récité « rujâlan » en mettant le rāʾ en ḍamma et en allégeant le jîm ; ce schème est rare dans les structures de pluriel, et il est aussi rapporté de Mujâhid. Mujâhid a, par ailleurs, lu « rujâlâ » sur le modèle « fuʿâlâ », semblable à « kusâlâ » (paresseux).
An-Naḥḥâs déclare : « Le pluriel de râjil comporte cinq formes : rujâlah, comparable à rukkâb – c’est la forme rapportée de ʿIkrima ; rijâl, sur le modèle qiyâm ; rijlah ; rajal ; et rajalah. La forme rapportée de Mujâhid, rujâlâ, n’est pas reconnue ; il est plus plausible qu’elle soit sans tanwîn, comme kusâlâ ou sukârâ. Si elle recevait le tanwîn, elle relèverait du schème fuʿâl, rarement attesté pour le pluriel. »
Les piétons ont été mentionnés avant les cavaliers afin de souligner la fatigue accrue que leur impose la marche.
« … et sur toute monture efflanquée, elles viendront », car le singulier « ḍâmir » véhicule le sens du pluriel « ḍawâmir ». Al-Farrâʾ ajoute qu’il est également permis de lire « yaʾtî » (vient) au singulier, conformément à la forme lexicale.
Le terme « ḍâmir » désigne le chameau amaigri qu’a épuisé le voyage ; on dit : « ḍamira, yaḍmuru, ḍumûran » (devenir maigre). Allah – Exalté soit-Il – les a décrits par l’état dans lequel ils arrivent à La Mecque.
Il en expose la cause en disant : « … elles viennent de toute gorge éloignée », c’est-à-dire que la longueur du voyage les a amaigries. Le pronom est renvoyé aux chameaux par honneur pour eux, puisqu’ils se dirigent vers le Ḥajj en compagnie de leurs maîtres, tout comme Il a dit : « Par les coursiers haletants… » (al-ʿÂdiyât, 1) à propos des chevaux du jihâd, les honorant pour avoir galopé dans la voie d’Allah.
Quatrième point : certains ont affirmé qu’Allah a dit « rijâlan » parce qu’habituellement ce sont les hommes qui partent au Pèlerinage plutôt que les femmes ; son propos « rijâlan » viendrait alors de « rajul ». Cette explication demeure faible, car l’expression « … et sur toute monture efflanquée » désigne les cavaliers, incluant hommes et femmes.
Puisqu’Allah – Très-Haut – a dit « rijâlan » et les a cités en premier, il s’ensuit que le Ḥajj accompli à pied est préférable à celui effectué à dos de monture.
Ibn ʿAbbâs a dit : « Je ne regrette qu’une seule chose qui m’a échappé : ne pas avoir accompli le Ḥajj en marchant, car j’ai entendu Allah – Puissant et Majestueux – dire : “Ils viendront à toi à pied…”. »
Ibn Abî Najîḥ rapporte qu’Ibrâhîm et Ismâʿîl – sur eux la paix – accomplirent le Pèlerinage en marchant.
Les compagnons d’Ibn Masʿûd ont lu « yaʾtûna » (ils viennent) ; c’est également la lecture d’Ibn Abî ʿAbla et d’al-Ḍaḥḥâk, le pronom se rapportant alors aux gens.
Cinquième point : il n’y a pas de divergence sur la licéité d’accomplir les rites à pied ou à dos de monture, mais les savants se sont divisés sur ce qui est préférable. Mâlik, ash-Shâfiʿî et d’autres estiment que le fait de monter est supérieur, en se conformant à l’exemple du Prophète – paix et bénédictions sur lui – et en raison de la fréquence