Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

C’est-à-dire : « ce qu’ils ont rencontré » ; la préposition bi est ici surabondante, cas fréquent dans la langue.

Al-Farrâ’ rapporte : « J’ai entendu un Bédouin, que j’avais interrogé à propos d’une chose, dire : arjû bi-dhâka, c’est-à-dire : arjû dhâka – “je l’espère”. »

Et le poète a dit :
Dans un vallon du Yémen dont le haut fait pousser le shath
et dont le bas abonde en markh et en shabuhân¹.

Ici, bi-l-markh (par le markh) signifie simplement al-markh ; tel est l’avis d’al-Akfash, qui comprend le vers selon l’idée : « Et quiconque veut, en ce lieu, une déviation accompagnée d’une injustice… »

Les grammairiens koufiens précisent : la préposition bi a été introduite parce que le sens est « bi-an yulḥida » (du fait qu’il dévie) ; or bi peut se joindre à an ou être omise.

On peut aussi estimer que le verset sous-entend : « …et quiconque rafraîchit les gens en ce lieu par une déviation… ».

Cette « déviation » (ilḥâd) et cette « injustice » recouvrent toutes les désobéissances, de la mécréance aux fautes vénielle ; en raison de la grandeur de la sacralité de l’endroit, Allah – Très-Haut – a menacé pour la seule intention du péché qui y serait conçue. Ainsi, quiconque nourrit l’intention d’une mauvaise action sans la réaliser ne sera pas comptable de cette intention, sauf à La Mecque ; tel est l’avis d’Ibn Mas‘ûd, d’un groupe de Compagnons et d’autres encore – nous l’avons rappelé plus haut.

Sourate al-Ḥajj (22), verset 26 :

« Et lorsque Nous assignâmes à Ibrâhîm l’emplacement de la Maison : “Ne M’associe rien ; purifie Ma Maison pour ceux qui tournent autour, pour ceux qui se tiennent debout, pour les inclins et les prosternés.” »

Ce passage comporte deux questions.

Premièrement : Sa Parole – exaltée soit-Elle – :

« Et lorsque Nous assignâmes à Ibrâhîm l’emplacement de la Maison »

a- À savoir : « Rappelle-leur quand Nous avons installé Ibrâhîm… ». On dit : bawwa’tuhu manzilan (je lui ai aménagé une demeure) ou bawwa’tu lahu. De même : makkantuka et makkantu laka.

Ainsi la lâm dans « li-Ibrâhîm » est une lâm de renforcement, comme dans « radifa lakum » (Cor. 27 : 72) ; tel est l’avis d’al-Farrâ’.

b- D’autres ont dit : « Nous avons montré à Ibrâhîm l’emplacement originel de la Maison afin qu’il la reconstruise ». Celle-ci avait été effacée par le Déluge et autres événements. Lorsque vint l’époque d’Ibrâhîm – paix sur lui –, Allah lui ordonna de l’édifier ; il se rendit donc à son emplacement et se mit en quête de ses traces. Allah envoya un vent qui découvrit les fondations posées par Âdam – paix sur lui ; Ibrâhîm établit alors ses assises sur ces traces, comme cela a déjà été expliqué dans la sourate al-Baqarah.

c- On a encore dit : « bawwa’nâ » est ici employé à la manière d’un verbe transitif avec la lâm, à l’instar de « ja‘alnâ » ; le sens est : « Nous avons fait pour Ibrâhîm de l’emplacement de la Maison un lieu aménagé ».

Et le poète a dit :
Combien d’un frère noble
que j’ai moi-même installé de mes mains dans sa tombe !"

أَيْ مَا لَاقَتْ، وَالْبَاءُ زَائِدَةٌ، وَهُوَ كَثِيرٌ. وقال الفراء: سمعت أعرابيا وسألته عن شي فَقَالَ: أَرْجُو بِذَاكَ، أَيْ أَرْجُو ذَاكَ. وَقَالَ الشَّاعِرُ: بِوَادٍ يَمَانٍ يُنْبِتُ الشَّثَّ صَدْرُهُ ... وَأَسْفَلُهُ بِالْمَرْخِ وَالشَّبَهَانِ «١» أَيِ الْمَرْخُ. وَهُوَ قَوْلُ الْأَخْفَشِ، وَالْمَعْنَى عِنْدَهُ: وَمَنْ يُرِدْ فِيهِ إِلْحَادًا بِظُلْمٍ. وَقَالَ الْكُوفِيُّونَ: دَخَلَتِ الْبَاءُ لِأَنَّ الْمَعْنَى بِأَنْ يُلْحِدَ، وَالْبَاءُ مَعَ أَنْ تَدْخُلُ وَتُحْذَفُ. وَيَجُوزُ أن يكون التقدير: ومن برد النَّاسَ فِيهِ بِإِلْحَادٍ. وَهَذَا الْإِلْحَادُ وَالظُّلْمُ يَجْمَعُ جميع الْمَعَاصِيَ مِنَ الْكُفْرِ إِلَى الصَّغَائِرِ، فَلِعِظَمِ حُرْمَةِ الْمَكَانِ تَوَعَّدَ اللَّهُ تَعَالَى عَلَى نِيَّةِ السَّيِّئَةِ فِيهِ. وَمَنْ نَوَى سَيِّئَةً وَلَمْ يَعْمَلْهَا لَمْ يُحَاسَبْ عَلَيْهَا إِلَّا فِي مَكَّةَ. هَذَا قَوْلُ ابْنِ مَسْعُودٍ وَجَمَاعَةٍ مِنَ الصَّحَابَةِ وَغَيْرِهِمْ، وَقَدْ ذكرناه آنفا. [[سورة الحج (٢٢) : آية ٢٦]] وَإِذْ بَوَّأْنا لِإِبْراهِيمَ مَكانَ الْبَيْتِ أَنْ لَا تُشْرِكْ بِي شَيْئاً وَطَهِّرْ بَيْتِيَ لِلطَّائِفِينَ وَالْقائِمِينَ وَالرُّكَّعِ السُّجُودِ (٢٦) فِيهِ مَسْأَلَتَانِ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِذْ بَوَّأْنا لِإِبْراهِيمَ مَكانَ الْبَيْتِ) أَيْ وَاذْكُرْ إِذْ بَوَّأْنَا لِإِبْرَاهِيمَ، يُقَالُ: بَوَّأْتُهُ مَنْزِلًا وَبَوَّأْتُ لَهُ. كَمَا يُقَالُ: مَكَّنْتُكَ وَمَكَّنْتُ لَكَ، فَاللَّامُ فِي قَوْلِهِ: " لِإِبْراهِيمَ" صِلَةٌ لِلتَّأْكِيدِ، كَقَوْلِهِ: " رَدِفَ لَكُمْ" «٢» [النمل: ٧٢] ، وَهَذَا قَوْلُ الْفَرَّاءِ. وَقِيلَ: " بَوَّأْنا لِإِبْراهِيمَ مَكانَ الْبَيْتِ" أَيْ أَرَيْنَاهُ أَصْلَهُ لِيَبْنِيَهُ، وَكَانَ قَدْ دَرَسَ بِالطُّوفَانِ وَغَيْرِهِ، فَلَمَّا جَاءَتْ مُدَّةُ إِبْرَاهِيمَ عَلَيْهِ السَّلَامُ أَمَرَهُ اللَّهُ بِبُنْيَانِهِ، فَجَاءَ إِلَى مَوْضِعِهِ وَجَعَلَ يَطْلُبُ أَثَرًا، فَبَعَثَ اللَّهُ رِيحًا فَكَشَفَتْ عَنْ أَسَاسِ آدَمَ عَلَيْهِ السَّلَامُ، فَرَتَّبَ قَوَاعِدَهُ عَلَيْهِ، حَسْبَمَا تَقَدَّمَ بَيَانُهُ فِي " الْبَقَرَةِ" «٣» . وَقِيلَ: " بَوَّأْنا ١٠: ٩٣" نَازِلَةٌ مَنْزِلَةَ فِعْلٍ يَتَعَدَّى بِاللَّامِ، كَنَحْوِ جَعَلْنَا، أَيْ جَعَلْنَا لِإِبْرَاهِيمَ مَكَانَ الْبَيْتِ مُبَوَّأً. وَقَالَ الشَّاعِرُ: كَمْ مِنْ أَخٍ لِي ماجد ... بوأته بيدي لحدا»
(١). الشث: شجر طيب الريح مر الطعم يدبغ به. والمرخ: شجر كثير النار. والشبهان: نبت شائك له ورد لطيف أحمر. (٢). راجع ج ١٣ ص ٢٣٠. (٣). راجع ج ٢ ص ١٢٢. (٤). البيت نت قصيدة لعمرو بن معديكرب الزبيدي.

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