l’un se trouvait dans la zone licite (al-ḥill) et l’autre à l’intérieur du Ḥaram. Lorsqu’il voulait reprendre les siens, il le faisait dans l’ḥill, et lorsqu’il désirait prier, il priait dans le Ḥaram.
On l’interrogea à ce sujet et il répondit : « Nous tenions pour acquis que compter parmi les actes d’ilḥād (déviation sacrilège) dans le Ḥaram le fait de dire : “Non, par Allah !” ou “Oui, par Allah !”. Les désobéissances y sont multipliées tout comme les bonnes œuvres ; ainsi, la faute y devient double : une première fois pour la transgression elle-même, et une seconde pour avoir porté atteinte à la sacralité de la Ville sainte. Il en va de même pour les mois sacrés, sans distinction. Cela a déjà été mentionné. »
Abou Dâwoud rapporte, d’après Yaʿlâ ibn Umayya, que le Messager d’Allah – ṣallallâhu ʿalayhi wa sallam – a dit :
« Thésauriser la nourriture dans le Ḥaram est un acte d’ilḥād en son sein. »
C’est également l’avis de ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb. L’énoncé, dans sa généralité, englobe tout ce qui précède.
Sixième point : un groupe de commentateurs, parmi lesquels al-Ḍaḥḥâk et Ibn Zayd, a déduit de ce verset que l’homme est châtié pour la simple intention de commettre un péché à La Mecque, même s’il ne le réalise pas effectivement.
Il a été rapporté de même d’Ibn Masʿoud et d’Ibn ʿUmar : « Si un individu projetait de tuer quelqu’un dans cette Maison alors qu’il se trouve à ʿAdan Abyan, Allah le châtierait. »
Je (l’auteur) dis : cela est authentique. Ce sens est clairement exposé dans la sourate « Nûn, par la Plume » (al-Qalam, v. 1), comme cela sera expliqué là-bas, si Allah – Très-Haut – le veut.
Septième point : la préposition “bāʾ” dans l’expression « bi-ilḥādin » est surérogatoire, à l’instar de son emploi dans la parole divine : « [un arbre] qui pousse en abondance bi-d-duhn » (al-Muʾminûn, 20). C’est ainsi qu’on a interprété le vers du poète :
« Nous sommes les fils de Jaʿda, gens du Falaj ;
… nous frappons de l’épée et espérons bi-l-faraj (la délivrance), »
c’est-à-dire : « nous espérons la délivrance. »
Al-Aʿshâ a dit :
« Nos lances se sont portées garantes bi-rizqi de la subsistance de nos familles, »
c’est-à-dire : de leur subsistance.
Et un autre poète a dit :
« Ne t’est-il pas parvenu que les nouvelles se propagent
… bimâ lâqat lubûn Banî Ziyâd (au sujet de ce qu’ont enduré les chamelles des Banû Ziyâd). »