Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

leurs demeures.

Abû Dâwûd a rapporté d’après ‘Â’ishah – qu’Allâh l’agrée – qu’elle dit : « J’ai demandé : Ô Messager d’Allâh, ne voudrais-tu pas que je t’érige à Minâ une maison ou un abri qui te protège du soleil ? » Il répondit : « Non, [Minâ] n’est qu’un lieu de halte pour quiconque y parvient le premier. »

L’imâm ash-Shâfi‘î – qu’Allâh lui fasse miséricorde – se fonda sur la parole du Très-Haut : « Ceux qui ont été expulsés de leurs demeures… » (Al-Hajj, 40), le texte attribuant ainsi les maisons à leurs propriétaires.

Le Prophète – paix et salut sur lui – déclara le jour de la Conquête : « Quiconque ferme sa porte est en sécurité, et quiconque entre dans la demeure d’Abû Sufyân est en sécurité. »

Quatrièmement. – La majorité des récitateurs lisent le terme « sawâ’un » au nominatif, en proposition initiale, et « al-‘âkifu » en est le prédicat. D’autres disent que « sawâ’un » est le prédicat placé en tête ; le sens serait alors : « l’habitant permanent et le visiteur de passage y sont égaux. » C’est l’avis d’Abû ‘Alî : « Le sens est : ce lieu que Nous avons établi pour les gens comme direction de prière ou lieu de culte est tel que l’habitant qui y séjourne et le bédouin de passage y sont à égalité. »

H af s, d’après ‘Âsim, lit « sawâ’an » à l’accusatif – lecture également rapportée de l’A‘mach. Cela peut, dit-on, se comprendre de deux manières : soit comme second complément d’objet du verbe « Nous avons établi », « al-‘âkifu » se trouvant alors au nominatif, le mot étant un masdar employé comme un nom d’agent au sens de « égal » ; soit comme un état (hâl) du pronom contenu dans « ja‘alnâhu ».

Un autre groupe lit « sawâ’an » à l’accusatif, « al-‘âkifi » au génitif, et « al-bâdî » coordonné à « al-nâs » ; le sens sous-entendu est alors : « le lieu que Nous avons établi pour les gens : l’habitant permanent comme le nomade… »

Quant à Ibn Kathîr, il maintient la yâ’ finale aussi bien en pause qu’en liaison ; Abû ‘Amr s’arrête sans yâ’ mais la prononce en liaison ; Nâfi‘ supprime la yâ’ aussi bien à l’arrêt qu’en lecture continue.¹

Tout le monde s’accorde sur l’égalité des droits à l’intérieur même de la Mosquée sacrée ; la divergence ne porte que sur l’ensemble de La Mecque, comme nous l’avons déjà mentionné.

Cinquièmement. – Dans la parole du Très-Haut : « Quiconque, en son sein, veut dévier par une injustice (wa-man yurid fîhi bi-ilḥâdin bi-ẓulmin) », il s’agit d’une proposition conditionnelle dont la réponse est : « Nous lui ferons goûter un châtiment douloureux. »

Littéralement, al-ilḥâd signifie « la déviation » ; le Très-Haut précise ici que c’est la déviation assortie d’injustice qui est visée. Les savants ont divergé quant à la nature de cette injustice :
• ‘Alî ibn Abî Ṭalḥah rapporte d’Ibn ‘Abbâs qu’il s’agit du polythéisme.
• ‘Atâ’ dit : « le polythéisme et l’homicide. »
• D’autres ont expliqué qu’il s’agit de chasser son gibier, de couper ses arbres ou d’y entrer sans être en état de sacralisation (iḥrâm).

Ibn ‘Umar rapporta : « Nous parlions entre nous et disions que l’ilḥâd en ce lieu consiste à dire : “Non, par Allâh !”, “Oui, par Allâh !”, ou “Certainement pas, par Allâh !” C’est pourquoi il avait deux tentes : l’une dans le ḥill (l’espace hors Haram) et l’autre dans le Ḥaram. Lorsqu’il voulait prier, il entrait dans la tente érigée dans le Ḥaram ; pour ses autres besoins, il se rendait dans celle qui se trouvait dans le ḥill, afin de préserver la dignité du Sanctuaire et d’éviter d’y proférer ces formules de serment, étant donné la gravité du péché en cet endroit. »

De même, ‘Abdullâh ibn ‘Amr ibn al-‘Âṣ avait deux tentes, l’une

بُيُوتُهَا (. وَرَوَى أَبُو دَاوُدَ عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ: قُلْتُ يَا رَسُولَ اللَّهِ، أَلَا أَبْنِي لَكَ بِمِنًى بَيْتًا أَوْ بِنَاءً يُظِلُّكَ مِنَ الشَّمْسِ؟ فَقَالَ: (لَا، إِنَّمَا هُوَ مُنَاخُ مَنْ سَبَقَ إِلَيْهِ) . وَتَمَسَّكَ الشَّافِعِيُّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ بِقَوْلِهِ تَعَالَى: " الَّذِينَ أُخْرِجُوا مِنْ دِيارِهِمْ ٤٠" [الحج: ٤٠] فَأَضَافَهَا إِلَيْهِمْ. وَقَالَ عَلَيْهِ السَّلَامُ يَوْمَ الْفَتْحِ: (مَنْ أَغْلَقَ بَابَهُ فَهُوَ آمِنٌ وَمَنْ دَخَلَ دَارَ أَبِي سُفْيَانَ فَهُوَ آمِنٌ) . الرَّابِعَةُ- قَرَأَ جُمْهُورُ النَّاسِ: " سَوَاءٌ" بِالرَّفْعِ، وَهُوَ عَلَى الِابْتِدَاءِ، وَ " الْعاكِفُ" خَبَرُهُ. وَقِيلَ: الْخَبَرُ " سَوَاءٌ" وَهُوَ مُقَدَّمٌ، أَيِ الْعَاكِفُ فِيهِ وَالْبَادِي سَوَاءٌ، وَهُوَ قَوْلُ أَبِي عَلِيٍّ: وَالْمَعْنَى: الَّذِي جَعَلْنَاهُ لِلنَّاسِ قِبْلَةً أَوْ مُتَعَبَّدًا الْعَاكِفُ فِيهِ وَالْبَادِي سَوَاءٌ. وَقَرَأَ حَفْصٌ عَنْ عَاصِمٍ: " سَواءً" بِالنَّصْبِ، وَهِيَ قِرَاءَةُ الْأَعْمَشِ. وَذَلِكَ يَحْتَمِلُ أَيْضًا وَجْهَيْنِ: أَحَدُهُمَا- أَنْ يَكُونَ؟؟ مَفْعُولًا ثَانِيًا لِجَعَلَ، وَيَرْتَفِعُ " الْعاكِفُ" بِهِ لِأَنَّهُ مَصْدَرٌ، فَأُعْمِلَ عَمَلَ اسْمِ الْفَاعِلِ لِأَنَّهُ فِي مَعْنَى مُسْتَوٍ. وَالْوَجْهُ الثَّانِي- أَنْ يَكُونَ حَالًا مِنَ الضَّمِيرِ فِي جَعَلْنَاهُ. وَقَرَأَتْ فِرْقَةٌ: " سَواءً" بِالنَّصْبِ " الْعَاكِفِ" بِالْخَفْضِ، وَ " الْبَادِي" عَطْفًا عَلَى النَّاسِ، التَّقْدِيرُ: الَّذِي جَعَلْنَاهُ لِلنَّاسِ العاكف واليادى. وَقِرَاءَةُ ابْنِ كَثِيرٍ فِي الْوَقْفِ وَالْوَصْلِ بِالْيَاءِ وَوَقَفَ أَبُو عَمْرٍو بِغَيْرِ يَاءٍ وَوَصَلَ بِالْيَاءِ. وَقَرَأَ نَافِعٌ بِغَيْرِ يَاءٍ فِي الْوَصْلِ وَالْوَقْفِ «١» . وَأَجْمَعَ النَّاسُ عَلَى الِاسْتِوَاءِ فِي نَفْسِ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ، وَاخْتَلَفُوا فِي مَكَّةَ، وَقَدْ ذَكَرْنَاهُ. الْخَامِسَةُ- (وَمَنْ يُرِدْ فِيهِ بِإِلْحادٍ بِظُلْمٍ) شَرْطٌ، وَجَوَابُهُ " نُذِقْهُ مِنْ عَذابٍ أَلِيمٍ" . وَالْإِلْحَادُ فِي اللُّغَةِ: الْمَيْلُ، إِلَّا أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى بَيَّنَ أَنَّ الْمَيْلَ بِالظُّلْمِ هُوَ الْمُرَادُ. وَاخْتُلِفَ فِي الظُّلْمِ، فَرَوَى عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَلْحَةَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: " وَمَنْ يُرِدْ فِيهِ بِإِلْحادٍ بِظُلْمٍ" قَالَ: الشِّرْكُ. وَقَالَ عَطَاءٌ: الشِّرْكُ وَالْقَتْلُ. وَقِيلَ: مَعْنَاهُ صيد حمامه، وقطع شجره، ودخوله غَيْرِ مُحْرِمٍ. وَقَالَ ابْنُ عُمَرَ: كُنَّا نَتَحَدَّثُ أَنَّ الْإِلْحَادَ فِيهِ أَنْ يَقُولَ الْإِنْسَانُ: لَا وَاللَّهِ! وَبَلَى وَاللَّهِ! وَكَلَّا وَاللَّهِ! وَلِذَلِكَ كَانَ لَهُ فُسْطَاطَانِ، أَحَدُهُمَا فِي الْحِلِّ وَالْآخَرُ فِي الْحَرَمِ، فَكَانَ إِذَا أَرَادَ الصَّلَاةَ دَخَلَ فُسْطَاطَ الْحَرَمِ، وَإِذَا أَرَادَ بَعْضَ شَأْنِهِ دَخَلَ فُسْطَاطَ الْحِلِّ، صِيَانَةً لِلْحَرَمِ عَنْ قَوْلِهِمْ كَلَّا وَاللَّهِ وَبَلَى وَاللَّهِ، حِينَ عَظَّمَ اللَّهُ الذَّنْبَ فِيهِ. وَكَذَلِكَ كَانَ لِعَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرِو بْنِ العاص فسطاطان أحدهما
(١). أثبتها ورش عن نافع في الوصل دون الوقف.

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