Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il sera d’une chaleur plus ardente encore que lui.

On a dit également : le sens est que le Feu les a encerclés comme les vêtements ajustés entourent celui qui les enfile ; de ce fait, le Feu devient pour eux un « vêtement », car son étreinte est comparable à celle d’un habit – ainsi que dans la parole du Très-Haut : « Nous avons fait de la nuit un vêtement » (sourate An-Nabaʾ, 78 : 10).

« De dessus leurs têtes on versera le ḥamîm » : c’est-à-dire une eau brûlante, portée à ébullition par le Feu de la Géhenne.

At-Tirmidhî rapporte d’après Abû Hurayra que le Prophète – paix et salut d’Allâh sur lui – a dit :
« Certes, le ḥamîm sera versé sur leurs têtes ; il pénétrera jusqu’à atteindre l’intérieur de leurs corps, en arrachera tout ce qu’ils contiennent, puis s’écoulera par leurs pieds. Tel est le ṣahr (la fusion). Ensuite ils seront ramenés tels qu’ils étaient. » Il déclara : « Ce hadith est bon, authentique et singulier. »

« Il fera fondre… » : autrement dit, il liquéfiera
« … ce qu’il y a dans leurs ventres ».
Le terme ṣahr désigne la fonte de la graisse, et aṣ-ṣuhāra ce qui en a fondu. On dit : « ṣahartu la chose, alors elle inṣahara » : je l’ai fait fondre et elle a fondu, on dit alors qu’elle est ṣahîr (fondue).

Ibn Aḥmar, décrivant un oisillon de ganga, dit :
« Il abreuve un tesson jeté sur un terrain uni…
Le soleil le fait fondre, sans qu’il ne fonde vraiment »,
c’est-à-dire : le soleil le chauffe jusqu’à le faire fondre, mais il endure cela.

« … ainsi que les peaux » : c’est-à-dire qu’elles seront brûlées ou rôties ; les peaux ne se liquéfient pas. Toutefois, on associe à chaque chose ce qui lui convient, comme lorsque tu dis : « Je suis allé chez lui, il m’a servi du tharîd – oui, par Allâh ! – et du lait acide », c’est-à-dire qu’il m’a aussi donné du lait. Le poète a dit :
« Je l’ai nourrie de paille hachée et d’eau fraîche. »

« Et ils auront des massues de fer » : on les frappera et on les repoussera avec celles-ci. Le singulier est miqmaʿa – ou miqmaʿ – semblable au mihjan avec lequel on frappe la tête de l’éléphant. On dit : « qamaʿtuhu » lorsque je l’ai frappé avec elle. « Qamaʿtuhu » et « aqmaʿtuhu » signifient : je l’ai dominé, humilié, de sorte qu’il s’est soumis (inqamaʿa).

Ibn as-Sikkît dit : « Aqmaʿtu l’homme loin de moi, iqmâʿan » : lorsqu’il s’avance vers toi, tu le repousses.

On a dit encore : les maqâmiʿ sont des marteaux, appelés aussi marâzib. Il est rapporté dans le hadith : « Dans la main de chacun des anges gardiens de l’Enfer se trouve une massue à deux pointes ; il assène un coup qui fait tomber (la victime) sur une distance de soixante-dix mille (coudées/années). »

D’autres ont dit : les maqâmiʿ sont des fouets de feu ; ils portent ce nom parce qu’ils “qamaʿa” (humilient) celui qui est frappé, c’est-à-dire qu’ils l’avilissent.

يَكُونُ أَشَدَّ حَرًّا مِنْهُ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى أَنَّ النَّارَ قَدْ أَحَاطَتْ بِهِمْ كَإِحَاطَةِ الثِّيَابِ الْمَقْطُوعَةِ إِذَا لَبِسُوهَا عَلَيْهِمْ، فَصَارَتْ مِنْ هَذَا الْوَجْهِ ثِيَابًا لِأَنَّهَا بِالْإِحَاطَةِ كَالثِّيَابِ، مِثْلُ: " وَجَعَلْنَا اللَّيْلَ لِباساً ١٠" «١» [النبأ: ١٠] . (يُصَبُّ مِنْ فَوْقِ رُؤُسِهِمُ الْحَمِيمُ) أَيِ الْمَاءُ الْحَارُّ الْمُغَلَّى بِنَارِ جَهَنَّمَ. وَرَوَى التِّرْمِذِيُّ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (إِنَّ الْحَمِيمَ ليصب على رؤوسهم فَيَنْفُذُ الْحَمِيمُ حَتَّى يَخْلُصَ إِلَى جَوْفِهِ فَيَسْلِتُ مَا فِي جَوْفِهِ حَتَّى يَمْرُقَ مِنْ قَدَمَيْهِ وَهُوَ الصَّهْرُ ثُمَّ يُعَادُ كَمَا كَانَ (. قَالَ: هذا حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ غَرِيبٌ.) يُصْهَرُ ٢٠) يُذَابُ. (بِهِ مَا فِي بُطُونِهِمْ) ٢٠ وَالصَّهْرُ إِذَابَةُ الشَّحْمِ. وَالصُّهَارَةُ مَا ذَابَ مِنْهُ، يُقَالُ: صَهَرْتُ الشَّيْءَ فَانْصَهَرَ، أَيْ أَذَبْتُهُ فَذَابَ، فَهُوَ صَهِيرٌ. قَالَ ابْنُ أَحْمَرَ يَصِفُ فَرْخَ قَطَاةٍ: تَرْوِي لَقًى أُلْقِيَ فِي صَفْصَفٍ ... تَصْهَرُهُ الشَّمْسُ فَمَا يَنْصَهِرْ «٢» أَيْ تُذِيبُهُ الشَّمْسُ فَيَصْبِرُ عَلَى ذَلِكَ. (وَالْجُلُودُ) ٢٠ أَيْ وَتُحْرَقُ الْجُلُودُ، أَوْ تُشْوَى الْجُلُودُ، فَإِنَّ الْجُلُودَ لا تذاب، ولكن يضم في كل شي مَا يَلِيقُ بِهِ، فَهُوَ كَمَا تَقُولُ: أَتَيْتُهُ فَأَطْعَمَنِي ثَرِيدًا، إِي وَاللَّهِ وَلَبَنًا قَارِصًا «٣» ، أَيْ وَسَقَانِي لَبَنًا. وَقَالَ الشَّاعِرُ: عَلَفْتُهَا تِبْنًا وَمَاءً بَارِدًا (وَلَهُمْ مَقامِعُ مِنْ حَدِيدٍ) أَيْ يُضْرَبُونَ بِهَا وَيُدْفَعُونَ، الْوَاحِدَةُ مِقْمَعَةٌ، وَمِقْمَعٌ أَيْضًا كَالْمِحْجَنِ، يُضْرَبُ بِهِ عَلَى رَأْسِ الْفِيلِ. وَقَدْ قَمَعْتُهُ إِذَا ضَرَبْتُهُ بِهَا. وَقَمَعْتُهُ وَأَقْمَعْتُهُ بِمَعْنًى، أَيْ قَهَرْتُهُ وَأَذْلَلْتُهُ فَانْقَمَعَ. قَالَ ابْنُ السِّكِّيتِ: أَقْمَعْتُ الرَّجُلَ عَنِّي إِقْمَاعًا إِذَا طَلَعَ عَلَيْكَ فَرَدَدْتَهُ عَنْكَ. وَقِيلَ: الْمَقَامِعُ الْمَطَارِقُ، وَهِيَ الْمَرَازِبُ أَيْضًا. وَفِي الْحَدِيثِ (بِيَدِ كُلِّ مَلَكٍ مِنْ خَزَنَةِ جَهَنَّمَ مِرْزَبَةٌ لَهَا شُعْبَتَانِ فَيَضْرِبُ الضَّرْبَةَ فَيَهْوِي بِهَا سَبْعِينَ أَلْفًا (. وَقِيلَ: الْمَقَامِعُ سِيَاطٌ مِنْ نَارٍ، وَسُمِّيَتْ بِذَلِكَ لِأَنَّهَا تَقْمَعُ الْمَضْرُوبَ، أَيْ تذلله.
(١). راجع ج ١٩ ص ١٦٩ فما بعد. (٢). تروى تسوق إليه الماء، أي تصير له كالراوية. واللقى (بالفتح): الشيء الملقى لهوانه. والصفصف: المستوي من الأرض. (٣). القارص: الحامض من ألبان الإبل خاصة. وقيل: القارص اللبن الذي يحذي اللسان، ولم يخصص.

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