Parole du Très-Haut :
« N’as-tu pas vu que se prosternent devant Allah tous ceux qui sont dans les cieux et tous ceux qui sont sur la terre ? »
Il s’agit ici d’une vision du cœur : autrement dit, « n’as-tu pas vu, par ton cœur et ton intelligence ? ». Le sens de la prosternation (sujûd) a déjà été exposé dans la sourate « Al-Baqarah »(1), et la prosternation des créatures inanimées dans la sourate « An-Naḥl ».
« Et le soleil », ainsi que : « la lune, les étoiles, les montagnes, les arbres, les bêtes et nombre d’hommes » sont tous coordonnés au mot « quiconque » (man).
Puis Il dit :
« Et beaucoup d’hommes, cependant, seront voués au châtiment. »
Ici se pose une difficulté syntaxique : pourquoi cette dernière expression n’est-elle pas mise à l’accusatif pour être coordonnée, comme dans l’exemple : « les injustes – Il leur a préparé un châtiment douloureux »(3) ? Al-Kisâ’î et Al-Farrâ’ soutiennent que l’accusatif aurait été possible et élégant, mais que le choix du nominatif indique : « et beaucoup d’hommes refusèrent la prosternation ». La phrase devient alors une nouvelle proposition (sujet et prédicat), l’énoncé s’achevant aux mots : « et nombre d’hommes ».
Il est également permis d’y voir une coordination, à condition de comprendre la prosternation comme l’humilité et la soumission au décret d’Allah – qu’il s’agisse de faiblesse ou de force, de santé ou de maladie, de beauté ou de laideur : cela englobe donc toute chose.
On peut encore comprendre l’accusatif sous-entendu : « et Il a avili beaucoup d’hommes voués au châtiment », ou expression similaire.
D’autres ont dit : le discours s’arrête à « les bêtes » ; puis vient une nouvelle phrase : « nombre d’hommes (seront) au Paradis, et nombre d’hommes seront voués au châtiment ». C’est le sens rapporté d’Ibn ʿAbbâs, que mentionne Ibn Al-Anbârî.
Abû Al-ʿÂliyah a déclaré : « Il n’est pas d’étoile, de lune ni de soleil dans les cieux qui ne se prosterne pour Allah lorsqu’il disparaît ; puis il ne se remet en mouvement qu’après en avoir reçu la permission, et reparait à son point de lever. »
Al-Qushayrî ajoute : un hadith, avec chaîne attestée, rapporte cela à propos du soleil ; il s’agit donc d’une prosternation réelle, qui implique nécessairement l’existence de la vie et de la raison chez l’astre qui se prosterne.
Je dis : le hadith auquel il fait allusion a été rapporté par Muslim ; il viendra sous la sourate « Yâ-Sîn », à propos de la parole du Très-Haut : « Et le soleil court vers un lieu de repos qui lui est assigné »(4). Le sens linguistique et spirituel de la prosternation a déjà été exposé dans « Al-Baqarah ».
Parole du Très-Haut :
« Et celui qu’Allah avilit, nul ne pourra l’honorer. »
C’est-à-dire : celui qu’Il humilie par le malheur et la mécréance, personne n’est capable de lui écarter cette indignité.
Ibn ʿAbbâs a dit : « Quiconque se montre négligent dans l’adoration d’Allah aboutira au Feu. »
« Allah fait ce qu’Il veut » : leur destination vers le Feu relève de Sa volonté, nul ne peut s’y opposer.
Al-Akḥfash, Al-Kisâ’î et Al-Farrâ’ rapportent l’expression : « Et celui qu’Allah avilit, nul n’aura pour lui d’honorable » au sens de : nul ne peut le gratifier d’honorabilité.