Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le Très-Haut – exalté soit-Il – dit : « Ô magicien ! Invoque pour nous ton Seigneur » (az-Zukhruf, 49) ; c’est-à-dire : « Ô toi que ceux-là traitent de magicien. »

Al-Zajjāj a dit : Il se peut que le verbe « yadʿû » (il invoque) tienne la fonction de ḥâl, contenant un pronom caché. Le sens serait alors : « Cela est bien l’égarement lointain lorsqu’il L’invoque », c’est-à-dire dans l’état même où il L’appelle. Le mot « yadʿû » comporte ainsi un pronom implicite, et l’on peut marquer une pause à la fin de « yadʿû ».

Quant à Sa parole : « لَمَنْ ضَرُّهُ أَقْرَبُ مِنْ نَفْعِهِ » – « à celui dont le tort est plus proche que l’utilité » –, c’est une phrase nouvelle, élevée par l’initiale de discours, dont l’information est : « Quel détestable protecteur ! » En effet, la lâm y sert à jurer et à renforcer ; on l’a donc placée au début de la proposition. Al-Zajjāj ajoute qu’il est également permis de considérer « dhâlika » avec le sens de « alladhî » (celui qui), au cas accusatif par l’effet du verbe « yadʿû » : « celui qui est l’égarement lointain, il l’invoque », comme dans la parole : « Et qu’as-tu dans ta main droite, ô Mûsâ ? » (Tâ-Hâ, 17), c’est-à-dire : « Qu’est-ce donc ? » Puis la phrase « لَمَنْ ضَرُّهُ… » recommence, et « لَبِئْسَ الْمَوْلَى » en est la prédication. Selon cette analyse, le sens de l’ayah serait : « Il invoque celui qui est l’égarement lointain » – l’objet, en l’occurrence « celui qui », ayant été anticipé, comme lorsque l’on dit : « Zayd-an je frappe. » Abû ʿAlî a tenu cette explication pour excellente. Al-Zajjāj prétend que les grammairiens ont négligé cette opinion, et il a cité à l’appui le vers :
« ʿAdas ! nul commandement d’ʿAbbâd sur toi ; tu t’es sauvée et voilà que tu portes un fardeau affranchi » – voulant dire : « et celui qui… »

Al-Zajjāj, de même qu’al-Farâ’, soutient encore qu’il est permis de répéter le verbe « yadʿû » par rapport à ce qui le précède pour insister sur l’abondance de cet acte d’invocation, sans le régir de nouveau puisqu’il l’a déjà été : « Il invoque, en dehors d’Allâh, ce qui ne lui est ni utile ni nuisible ; il invoque… », comme on dirait : « J’ai frappé Zayd, j’ai frappé », puis l’on supprime la seconde occurrence de « frapper », se suffisant de la première.

Al-Farâ’ dit qu’il est possible de lire « لِمَنْ ضَرُّهُ » avec la lâm sous cassion ; le sens devient : « Il invoque en faveur de celui dont le tort est plus proche que l’utilité », de même que dans la parole divine : « Parce que ton Seigneur l’a inspiré (à la terre) » – c’est-à-dire « à elle ».

Al-Farâ’ et al-Qaffâl affirment aussi que cette lâm peut être purement ornementale : « Il invoque celui dont le tort est plus proche que l’utilité », c’est-à-dire : il l’adore. Tel est d’ailleurs le texte de la lecture d’ʿAbd-Allâh ibn Masʿûd.

« Quel détestable meître (mawlâ) ! » – c’est-à-dire dans l’entraide – « et quel détestable compagnon intime (‘ashîr) ! », c’est-à-dire le groupe fréquenté, le camarade, l’ami proche.

Mujâhid commente : il s’agit de l’idole.

تَعَالَى: " يَا أَيُّهَا السَّاحِرُ ادْعُ لَنا رَبَّكَ" «١» [الزخرف: ٤٩] ، أَيْ يَا أَيُّهَا السَّاحِرُ عِنْدَ أُولَئِكَ الَّذِينَ يَدْعُونَكَ سَاحِرًا. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: يَجُوزُ أَنْ يَكُونَ " يَدْعُوا" فِي مَوْضِعِ الْحَالِ، وَفِيهِ هَاءٌ مَحْذُوفَةٌ، أَيْ ذَلِكَ هُوَ الضَّلَالُ الْبَعِيدُ يَدْعُوهُ، أَيْ فِي حال دعائه إياه، ففي " يَدْعُوا" هاء مضمرة، ويوقف على هذا على " يَدْعُوا" . وَقَوْلُهُ: " لَمَنْ ضَرُّهُ أَقْرَبُ مِنْ نَفْعِهِ" كَلَامٌ مُسْتَأْنَفٌ مَرْفُوعٌ بِالِابْتِدَاءِ، وَخَبَرُهُ " لَبِئْسَ الْمَوْلى " ، وَهَذَا لِأَنَّ اللَّامَ لِلْيَمِينِ وَالتَّوْكِيدِ فَجَعَلَهَا أَوَّلَ الْكَلَامِ. قَالَ الزَّجَّاجُ وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ " ذلِكَ" بِمَعْنَى الذي، ويكون في محل النصب بوقوع " يَدْعُوا" عليه، أي الذي هو [في «٢» ] الضَّلَالُ الْبَعِيدُ يَدْعُو، كَمَا قَالَ: " وَما تِلْكَ بِيَمِينِكَ يا مُوسى ٢٠: ١٧" «٣» أَيْ مَا الَّذِي. ثُمَّ قَوْلُهُ " لَمَنْ ضَرُّهُ" كَلَامٌ مُبْتَدَأٌ، وَ " لَبِئْسَ الْمَوْلى " خَبَرُ الْمُبْتَدَإِ، وَتَقْدِيرُ الْآيَةِ عَلَى هَذَا: يَدْعُو الَّذِي هُوَ الضَّلَالُ الْبَعِيدُ، قُدِّمَ الْمَفْعُولُ وَهُوَ الَّذِي، كَمَا تَقُولُ: زَيْدًا يَضْرِبُ، وَاسْتَحْسَنَهُ أَبُو عَلِيٍّ. وَزَعَمَ الزَّجَّاجُ أَنَّ النَّحْوِيِّينَ أَغْفَلُوا هَذَا الْقَوْلَ، وَأَنْشَدَ: عَدَسْ مَا لِعَبَّادٍ عَلَيْكِ إِمَارَةٌ ... نَجَوْتِ وَهَذَا تَحْمِلِينَ طَلِيقُ «٤» أَيْ وَالَّذِي. وَقَالَ الزَّجَّاجُ أَيْضًا والفراء: يجوز أن يكون " يَدْعُوا" مُكَرَّرَةً عَلَى مَا قَبْلَهَا، عَلَى جِهَةِ تَكْثِيرِ هَذَا الْفِعْلِ الَّذِي هُوَ الدُّعَاءُ، وَلَا تُعَدِّيهِ إِذْ قَدْ عَدَّيْتَهُ أَوَّلًا، أَيْ يَدْعُو مِنْ دُونِ اللَّهِ مَا لَا يَنْفَعُهُ وَلَا يَضُرُّهُ يَدْعُو، مِثْلُ ضَرَبْتُ زَيْدًا ضَرَبْتُ، ثُمَّ حُذِفَتْ يَدْعُو الْآخِرَةُ اكْتِفَاءً بِالْأُولَى. قَالَ الْفَرَّاءُ: وَيَجُوزُ " لَمَنْ ضَرُّهُ" بِكَسْرِ اللَّامِ، أَيْ يَدْعُو إِلَى مَنْ ضَرُّهُ أَقْرَبُ مِنْ نَفْعِهِ، قَالَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ: " بِأَنَّ رَبَّكَ أَوْحى لَها" «٥» أَيْ إِلَيْهَا. وَقَالَ الْفَرَّاءُ أَيْضًا وَالْقَفَّالُ: اللَّامُ صِلَةٌ، أَيْ يَدْعُو مَنْ ضَرُّهُ أَقْرَبُ مِنْ نَفْعِهِ، أَيْ يَعْبُدُهُ. وَكَذَلِكَ هُوَ فِي قِرَاءَةِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ. (لَبِئْسَ الْمَوْلى) أَيْ فِي التَّنَاصُرِ (وَلَبِئْسَ الْعَشِيرُ) أَيِ الْمُعَاشِرُ وَالصَّاحِبُ وَالْخَلِيلُ. مجاهد: يعني الوثن.
(١). راجع ج ١٦ ص ٩٦. (٢). من ك. (٣). راجع ج ١١ ص ١٨٦. (٤). هذا البيت أول أبيات ليزيد بن ربيعة بن مفرغ الحميري. وعدس: زجر للبغل ليسرع. وعباد هو ابن زياد أخو عبيد الله بن زياد الذي قاتل الحسين بن علي رضي الله عنهما في كربلاء. هجا ابن مفرغ هذا عبادا فحقد عليه وجفاه، فأخذه أخوه عبيد الله وحبسه وعذبه، فلما طال حبسه دخل أهل اليمن إلى معاوية فشفوا فيه فأطلق سراحه. (راجع الشعر والشعراء لابن قتيبة وخزانة الأدب في الشاهد الثالث بعد الثلاثمائة والثامن والعشرين بعد الأربعمائة (٥). راجع ج ٢٠ ص ١٤٩.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies