Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Et tu vois la terre desséchée ».

Il mentionne ici un argument encore plus probant en faveur de la résurrection. Dans le passage précédent Il avait dit : « Nous vous avons certes créés d’argile », s’adressant alors à un groupe. Puis, dans ce second passage, Il dit : « Et tu vois la terre… », s’adressant cette fois-ci à une seule personne. Ainsi, si la formulation change, le raisonnement demeure continu quant à l’argumentation opposée aux négateurs de la résurrection.

« Desséchée » : c’est-à-dire sèche, n’y faisant pousser absolument rien, selon Ibn Jurayj. On a également dit : « effacée, sans trace » ; l’expression « al-humūd » signifie justement la disparition.
L’A‘shâ a déclaré :
« Qutayla a dit : “Pourquoi ton corps est-il donc si pâle ? … Je vois tes vêtements usés, tombés en loques.” »

Al-Haraoui explique : « desséchée » veut dire « aride, couverte de poussière ».
Shimr dit : on emploie le verbe « hamida » pour un arbre de la terre lorsqu’il se flétrit et disparaît ; on dit aussi « hamidat aswâtuhum » – leurs voix se sont tues. Quant à « humûd ul-arḍ », c’est le fait qu’il n’y ait dans la terre ni vie, ni végétation, ni tige, et qu’aucune pluie ne l’ait arrosée.
Dans le ḥadith on lit : « … jusqu’à ce qu’il fût près de s’éteindre (yahmudu) de faim », c’est-à-dire de périr. De même, « hamida ath-thawb » : le vêtement s’use ; « hamidat an-nâr » : le feu s’éteint.

Parole du Très-Haut :

« Puis, lorsque Nous faisons descendre sur elle l’eau, elle se met à s’agiter » :

autrement dit, elle s’ébranle. Le terme « ihtizâz » désigne une agitation intense. On dit : « j’ai secoué (hazzaztu) la chose, elle s’est alors ébranlée », c’est-à-dire : je l’ai remuée, elle a bougé. Le chamelier fait tressaillir les chameaux en chantant ; ceux-ci se mettent alors à avancer avec entrain. L’astre « s’ébranle » quand il file en se détachant ; on parle d’une étoile « hâz-z » (vibrante). Ainsi, la terre « s’agite » par la poussée du végétal, car la plante ne sort d’elle qu’en soulevant subrepticement une partie de sa surface ; cet ébranlement est donc ici employé au sens métaphorique.
D’autres ont dit : « Son végétal s’est agité », l’élément élidé étant sous-entendu – remarque d’al-Mubarrid ; l’ihtizâz renvoie à l’intensité de ce mouvement, comme l’a dit le poète :
« Elle se cambre quand elle se lève, on la voit vibrer lorsqu’elle marche,
pareille à la branche du bananier qui ondule parmi les feuilles vertes. »

Le phénomène d’« ihtizâz » est plus apparent dans la plante même que dans la terre.

« Et elle enfle (wa rabat) » : c’est-à-dire qu’elle se soulève et augmente. D’aucuns ont dit : elle se gonfle ; l’idée est la même, l’origine du terme étant l’accroissement. « Rabâ ash-shay’ » signifie « la chose a crû » ; de là viennent les termes « ar-ribâ » (l’usure) et « ar-rabwa » (la colline).
Yazîd b. al-Qa‘qâ‘ et Khâlid b. Ilyâs ont lu : « wa rab-a-at », c’est-à-dire : elle s’est élevée jusqu’à atteindre la position du rabî’a, celui qui, depuis un lieu dominant, surveille la tribu ; on dit alors « râbī » ou « rabî’a » pour exprimer l’intensité.

Imru’ l-Qays a dit :

قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَتَرَى الْأَرْضَ هامِدَةً) ذَكَرَ دَلَالَةً أَقْوَى عَلَى الْبَعْثِ فَقَالَ فِي الْأَوَّلِ: " فَإِنَّا خَلَقْناكُمْ مِنْ تُرابٍ" فَخَاطَبَ جَمْعًا. وَقَالَ فِي الثَّانِي: " وَتَرَى الْأَرْضَ" فَخَاطَبَ وَاحِدًا، فَانْفَصَلَ اللَّفْظُ عَنِ اللَّفْظِ، وَلَكِنَّ الْمَعْنَى مُتَّصِلٌ مِنْ حَيْثُ الِاحْتِجَاجُ عَلَى مُنْكِرِي الْبَعْثِ. (هامِدَةً) يَابِسَةً لَا تُنْبِتُ شَيْئًا، قَالَ ابْنُ جُرَيْجٍ. وَقِيلَ: دَارِسَةً. وَالْهُمُودُ الدُّرُوسُ. قَالَ الْأَعْشَى: قَالَتْ قُتَيْلَةُ مَا لِجِسْمِكَ شَاحِبًا ... وَأَرَى ثِيَابَكَ بَالِيَاتٍ هُمَّدَا الْهَرَوِيُّ: " هامِدَةً" أَيْ جَافَّةً ذَاتَ تُرَابٍ. وَقَالَ شِمْرٌ: يُقَالُ: هَمَدَ شَجَرُ الْأَرْضِ إِذَا بَلِيَ وَذَهَبَ. وَهَمَدَتْ أَصْوَاتُهُمْ إِذَا سَكَنَتْ. وَهُمُودُ الْأَرْضِ أَلَّا يَكُونَ فِيهَا حَيَاةٌ وَلَا نَبْتٌ وَلَا عُودٌ وَلَمْ يُصِبْهَا مَطَرٌ. وَفِي الْحَدِيثِ: " حَتَّى كَادَ يَهْمُدُ مِنَ الْجُوعِ" أَيْ يَهْلِكُ. يُقَالُ: هَمَدَ الثَّوْبُ يَهْمُدُ إِذَا بَلِيَ. وَهَمَدَتِ النَّارُ تَهْمُدُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَإِذا أَنْزَلْنا عَلَيْهَا الْماءَ اهْتَزَّتْ) أَيْ تَحَرَّكَتْ. وَالِاهْتِزَازُ: شِدَّةُ الْحَرَكَةِ، يُقَالُ: هَزَزْتُ الشَّيْءَ فَاهْتَزَّ، أَيْ حَرَّكْتُهُ فَتَحَرَّكَ. وَهَزَّ الْحَادِي الْإِبِلَ هَزِيزًا فَاهْتَزَّتْ هِيَ إِذَا تَحَرَّكَتْ فِي سَيْرِهَا بِحُدَائِهِ. وَاهْتَزَّ الْكَوْكَبُ فِي انْقِضَاضِهِ. وَكَوْكَبٌ هَازٌّ. فَالْأَرْضُ تَهْتَزُّ بِالنَّبَاتِ، لِأَنَّ النَّبَاتَ لَا يَخْرُجُ مِنْهَا حَتَّى يُزِيلَ بَعْضَهَا مِنْ بَعْضٍ إِزَالَةً خَفِيَّةً، فَسَمَّاهُ اهْتِزَازًا مَجَازًا. وَقِيلَ: اهْتَزَّ نَبَاتُهَا، فَحُذِفَ الْمُضَافُ، قَالَ الْمُبَرِّدُ، وَاهْتِزَازُهُ شِدَّةُ حَرَكَتِهِ، كَمَا قَالَ الشَّاعِرُ: تَثَنَّى إِذَا قَامَتْ وَتَهْتَزُّ إِنْ مَشَتْ ... كَمَا اهْتَزَّ غُصْنُ الْبَانِ فِي وَرَقٍ خُضْرِ وَالِاهْتِزَازُ فِي النَّبَاتِ أَظْهَرُ مِنْهُ فِي الْأَرْضِ. (وَرَبَتْ) أَيِ ارْتَفَعَتْ وَزَادَتْ. وَقِيلَ: انْتَفَخَتْ، وَالْمَعْنَى وَاحِدٌ، وَأَصْلُهُ الزِّيَادَةُ. رَبَا الشَّيْءُ يَرْبُو رُبُوًّا أَيْ زَادَ، وَمِنْهُ الرُّبَا وَالرَّبْوَةُ. وَقَرَأَ يَزِيدُ بْنُ الْقَعْقَاعِ وَخَالِدُ بْنُ إِلْيَاسَ " وَرَبَأَتْ" أَيِ ارْتَفَعَتْ حَتَّى صَارَتْ بِمَنْزِلَةِ الربيئة، وهو الذي يحفظ القوم على شي مشرف، فهو رابي وَرَبِيئَةٌ عَلَى الْمُبَالَغَةِ. قَالَ امْرُؤُ الْقَيْسِ:

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