Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Et il n’a pas dit : “amîrâ’ (des émirs)”.

Al-Mubarrid a commenté : c’est un nom qui s’emploie comme un nom verbal, à l’instar de ar-riḍâ (la satisfaction) et al-ʿadl (la justice) ; il peut donc désigner l’unique comme le pluriel. Le Très-Haut dit :
« … ou les enfants qui n’ont pas encore pris connaissance de la nudité des femmes… » (an-Nûr, 31).

Aṭ-Ṭabarî a dit : ici le mot est à l’accusatif en fonction de tamyîz (complément explicatif), comme dans la Parole du Très-Haut :
« Si, de bon gré, elles vous en abandonnent quelque chose, disposez-en en toute quiétude. » (an-Nisâʾ, 4).

D’autres ont dit : le sens est : « Puis Nous faisons sortir chacun de vous sous la forme d’un enfant. »

Le terme ṭifl s’applique à l’être humain depuis sa naissance jusqu’à la puberté, et le petit de toute bête sauvage est également appelé ṭifl. Ainsi l’on dit : une esclave est « ṭifl », deux esclaves « ṭifl », des esclaves « ṭifl » ; un garçon « ṭifl », des garçons « ṭifl ». On dit aussi : ṭifl (masc.), ṭiflah (fém.), ṭiflān (duel masc.), ṭiflatān (duel fém.), et aṭfâl (pluriel). Mais on ne dit pas « ṭifalât ».

« Aṭfalat » la femme : elle est devenue mère d’un enfant.

« Al-muṭfilah » désigne la gazelle accompagnée de son petit, peu après la mise-bas ; il en est de même pour la chamelle. Leur pluriel est « maṭâfil » ou « maṭâfîl ».

Le mot ṭifl, avec la voyelle brève sur le ṭâʾ (ṭafl), signifie « doux, délicat » ; l’on dit : « jâriyatun ṭiflah » — une jeune fille délicate —, et « banânun ṭifl » — des doigts souples. On dit encore : « ṭafala al-layl » lorsque l’obscurité de la nuit s’est avancée.

Quant à « aṭ-ṭifl » (avec voyelle longue intérieure), il désigne le temps qui suit l’après-midi quand le soleil incline vers le couchant. « Aṭ-ṭifl » signifie aussi « pluie » ; le poète a dit :
« Dans la dépression du terrain, la pluie “ṭifl ath-thurayyâ” l’a arrosée. »

« Puis, afin que vous atteigniez votre force mûre (ashuddakum)… » — On a dit que le mot « thumma » (puis) est ici ornemental, de même que la conjonction waw dans : « … jusqu’à ce qu’ils y viennent et que ses portes soient ouvertes… » (az-Zumar, 73), car « thumma » est, comme waw, une particule de coordination.

« Ashuddakum » renvoie à la plénitude de votre raison et l’achèvement de vos forces, comme cela a été expliqué dans la sourate al-Anʿâm.

« Et parmi vous, il en est qui sont ramenés au plus vil âge » (v.70) : c’est-à-dire à l’état le plus bas et le plus infime, celui de la sénilité et de la décrépitude, jusqu’à ne plus rien comprendre. C’est pourquoi Il a dit :
« Afin qu’il ne sache plus rien après avoir su. » (voir également : « À quiconque Nous prolongeons la vie, Nous le faisons retomber dans la décrépitude de la création », Yâ-Sîn, 68).

Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — invoquait ainsi :
« Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre l’avarice, contre la lâcheté, contre le fait d’être ramené au plus vil âge, contre la tentation de ce bas monde et contre le châtiment de la tombe. »

An-Nasâʾî l’a rapporté d’après Saʿd, ajoutant : « Il (le Prophète) l’enseignait à ses enfants comme le maître d’écriture l’enseigne aux garçons. »

Le même sens a déjà été évoqué dans la sourate an-Naḥl.»}

وَلَمْ يَقُلْ أُمَرَاءَ. وَقَالَ الْمُبَرِّدُ: وَهُوَ اسْمٌ يُسْتَعْمَلُ مَصْدَرًا كَالرِّضَا وَالْعَدْلِ، فَيَقَعُ عَلَى الْوَاحِدِ وَالْجَمْعِ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " أَوِ الطِّفْلِ الَّذِينَ لَمْ يَظْهَرُوا عَلى عَوْراتِ النِّساءِ" «١» [النور: ٣١] . وَقَالَ الطَّبَرِيُّ: وَهُوَ نُصِبَ عَلَى التَّمْيِيزِ، كَقَوْلِهِ تَعَالَى: " فَإِنْ طِبْنَ لَكُمْ عَنْ شَيْءٍ مِنْهُ نَفْساً" » [النساء: ٤] . وَقِيلَ: الْمَعْنَى ثُمَّ نُخْرِجُ كُلَّ وَاحِدٍ مِنْكُمْ طِفْلًا. وَالطِّفْلُ يُطْلَقُ مِنْ وَقْتِ انْفِصَالِ الْوَلَدِ إِلَى الْبُلُوغِ. وَوَلَدُ كُلِّ وَحْشِيَّةٍ أَيْضًا طِفْلٌ. وَيُقَالُ: جَارِيَةٌ طِفْلُ، وَجَارِيَتَانِ طِفْلٌ وَجَوَارٍ طِفْلٌ، وَغُلَامٌ طِفْلٌ، وَغِلْمَانٌ طِفْلٌ. وَيُقَالُ أَيْضًا: طِفْلٌ وَطِفْلَةٌ وَطِفْلَانِ وَطِفْلَتَانِ وَأَطْفَالٌ. وَلَا يُقَالُ: طِفْلَاتٌ. وَأَطْفَلَتِ الْمَرْأَةُ صَارَتْ ذَاتَ طِفْلٍ. وَالْمُطْفِلَةُ: الظَّبْيَةُ مَعَهَا طِفْلُهَا، وَهِيَ قَرِيبَةُ عَهْدٍ بِالنِّتَاجِ. وَكَذَلِكَ الناقة، [والجمع [مَطَافِلُ وَمَطَافِيلُ. وَالطَّفْلُ (بِالْفَتْحِ فِي الطَّاءِ) النَّاعِمُ، يُقَالُ: جَارِيَةٌ طَفْلَةٌ أَيْ نَاعِمَةٌ، وَبَنَانٌ طَفْلٌ. وَقَدْ طَفَلَ اللَّيْلُ إِذَا أَقْبَلَ ظَلَامُهُ. وَالطَّفَلُ (بِالتَّحْرِيكِ) : بَعْدَ الْعَصْرِ إِذَا طَفَلَتِ الشَّمْسُ لِلْغُرُوبِ. وَالطَّفَلُ (أَيْضًا) : مَطَرٌ، قَالَ: لِوَهْدٍ «٣» جَادَهُ طَفَلُ الثُّرَيَّا (ثُمَّ لِتَبْلُغُوا أَشُدَّكُمْ) قِيلَ: إِنَّ " ثُمَّ" زائدة كالواو في قوله " حَتَّى إِذا جاؤُها وَفُتِحَتْ أَبْوابُها" «٤» [الزمر: ٧٣] ، لِأَنَّ ثُمَّ مِنْ حُرُوفِ النَّسَقِ كَالْوَاوِ. " أَشُدَّكُمْ" كَمَالَ عُقُولِكُمْ وَنِهَايَةَ قُوَاكُمْ. وَقَدْ مَضَى فِي " الْأَنْعَامِ" «٥» بَيَانُهُ. وَمِنْكُمْ مَنْ يُرَدُّ إِلى أَرْذَلِ الْعُمُرِ) ٧٠ أَيْ أَخَسِّهِ وَأَدْوَنِهِ، وَهُوَ الْهَرَمُ وَالْخَرَفُ حَتَّى لَا يَعْقِلَ، وَلِهَذَا قَالَ: (لِكَيْلا يَعْلَمَ مِنْ بَعْدِ عِلْمٍ شَيْئاً) كَمَا قَالَ فِي سُورَةِ يس: " وَمَنْ نُعَمِّرْهُ نُنَكِّسْهُ فِي الْخَلْقِ" «٦» [يس: ٦٨] . وَكَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. يَدْعُو فَيَقُولُ: اللَّهُمَّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ مِنَ الْبُخْلِ وَأَعُوذُ بِكَ مِنَ الْجُبْنِ وَأَعُوذُ بِكَ أَنْ أُرَدَّ إِلَى أَرْذَلِ الْعُمُرِ وَأَعُوذُ بِكَ مِنْ فِتْنَةِ الدُّنْيَا وَعَذَابِ الْقَبْرِ". أَخْرَجَهُ النَّسَائِيُّ عَنْ سَعْدٍ، وَقَالَ: وَكَانَ يُعَلِّمُهُنَّ بَنِيهِ كَمَا يُعَلِّمُ الْمُكْتِبُ «٧» الْغِلْمَانَ. وَقَدْ مَضَى فِي النَّحْلِ هَذَا المعنى «٨» .
(١). راجع ص ٢٢٦ من هذا الجزء فما بعد. (٢). راجع ج ٥ ص ٢٣ فما بعد. (٣). الوهد والوهدة: المطمئن من الأرض كأنه حفرة. (٤). راجع ج ١٥ ص ١٨٤ فما بعد. [ ..... ] (٥). راجع ج ٧ ص ١٢٤. (٦). راجع ج ١٥ ص ٣٨ فما بعد. (٧). المكتب المعلم. (٨). راجع ج ١٠ ص ١٤٠.

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