Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Elle l’a expulsé, car elle était enceinte et a déposé ce qui s’était établi dans son utérus ; elle est donc comprise dans la parole du Très-Haut : « Et les femmes enceintes, leur délai est qu’elles mettent bas leur grossesse » (At-Ṭalâq, 4). En effet, elle a fait sortir le début de l’enfant – la goutte de sperme déjà matérialisée, telle une ébauche –, ce qui est manifeste.

Dixième point – Ibn Mâjah rapporte, d’après Abû Bakr ibn Abî Shaybah, qui rapporte de Khâlid ibn Mukhallad, qui rapporte de Yazîd, d’après ‘Abd-al-Malik an-Nawfalî, d’après Yazîd ibn Rumân, d’après Abû Hurayra, que le Messager d’Allah – paix et bénédiction d’Allah sur lui – a dit : « Un fœtus avorté que je fais précéder devant moi m’est plus cher qu’un cavalier que je laisserais derrière moi. »
Al-Hâkim l’a également rapporté dans « Ma‘rifat ‘Ulûm al-Ḥadîth » par la chaîne : Suhayl ibn Abî Ṣâliḥ – son père – Abû Hurayra, avec la variante : « … m’est plus cher que mille cavaliers que je laisserais après moi. »

Onzième point – À propos de Sa parole : « afin que Nous vous expliquions (linubayyin lakum) », c’est-à-dire pour manifester la perfection de Notre puissance par la façon dont Nous faisons passer votre création par divers états. La locution « et Nous faisons demeurer dans les matrices (wa nuqirr fî l-arḥâm) » se lit, pour certains, avec l’accusatif de « nuqirra » et « nukhrija ». Abû Ḥâtim le rapporte d’après Abû Zayd, al-Mufaḍḍal et ‘Āṣim, et il précise que l’accusatif est ici une coordination grammaticale (ma‘ṭûf). Az-Zajjâj, pour sa part, affirme que l’unique lecture correcte est au nominatif : « nuqirr », car le sens n’est pas : « Nous avons fait cela afin de déposer dans les matrices ce que Nous voulons », mais plutôt qu’Il – exalté soit-Il – les a créés pour les guider vers la droiture et la rectitude. On a également dit que le sens est : « afin que Nous leur expliquions la question de la résurrection », ce qui constitue une phrase incidente entre deux passages. Ce groupe lit donc « nuqirr » au nominatif, c’est-à-dire : « Et c’est Nous qui faisons demeurer… », et c’est la lecture de la majorité.
D’autres ont lu : « wa yuqirr » et « yukhrijukum » à la troisième personne, ce qui est grammaticalement recevable. Ibn Waththâb a lu « mâ nashâ’u » avec la kasra sur le nûn. Le « terme fixé » varie selon chaque fœtus : il en est qui chutent et d’autres qui accomplissent leur développement et sortent vivants. Il a dit : « mâ nashâ’u » et non « man nashâ’u », parce que le pronom renvoie à l’embryon ; autrement dit : « Nous faisons demeurer dans les matrices ce que Nous voulons de la grossesse et de l’ébauche encore inanimée », d’où l’emploi du relatif « mâ ».

Douzième point – Sa parole – exalté soit-Il : « Puis Nous vous faisons sortir enfant (ṭiflan) » ; autrement dit, en tant qu’enfants. Le mot « ṭifl » est ici un nom collectif. Il en est de même que les Arabes emploient parfois le singulier pour désigner le pluriel. Le poète a dit :
« Ils me blâment pour mon amour envers elle et me réprouvent ; mais les censeurs n’ont sur moi aucune autorité. »

أَلْقَتْهُ أَنَّهَا كَانَتْ حَامِلًا وَضَعَتْ مَا اسْتَقَرَّ فِي رَحِمِهَا، فَيَشْمَلُهَا قَوْلَهُ تَعَالَى: " وَأُولاتُ الْأَحْمالِ أَجَلُهُنَّ أَنْ يَضَعْنَ حَمْلَهُنَّ" . [الطلاق: ٤] وَلِأَنَّهَا وَضَعَتْ مَبْدَأَ الْوَلَدِ عَنْ نُطْفَةٍ مُتَجَسِّدًا كَالْمُخَطَّطِ، وَهَذَا بَيِّنٌ. الْعَاشِرَةُ- رَوَى ابْنِ مَاجَهْ: حَدَّثَنَا أَبُو بَكْرِ بْنُ أَبِي شَيْبَةَ حَدَّثَنَا خَالِدُ بْنُ مَخْلَدٍ حَدَّثَنَا يَزِيدُ عَنْ عَبْدِ الْمَلِكِ النَّوْفَلِيِّ عَنْ يَزِيدَ بْنِ رُومَانَ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " لَسِقْطٌ أُقَدِّمُهُ بَيْنَ يَدَيَّ أحب إلي من فارس أخلفه [خلفي" «١» ]. وَأَخْرَجَهُ الْحَاكِمُ فِي مَعْرِفَةِ عُلُومِ الْحَدِيثِ لَهُ عَنْ سُهَيْلِ بْنِ أَبِي صَالِحٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ فَقَالَ: " أَحَبُّ إِلَيَّ مِنْ أَلْفِ فَارِسٍ أُخَلِّفُهُ وَرَائِي" . الْحَادِيَةَ عَشْرَةَ- " (لِنُبَيِّنَ لَكُمْ) " يُرِيدُ: كَمَالَ قُدْرَتِنَا بِتَصْرِيفِنَا أَطْوَارَ خَلْقِكُمْ. (وَنُقِرُّ فِي الْأَرْحامِ) قُرِئَ بِنَصْبِ " نُقِرَّ" وَ " نُخْرِجَ" ، رَوَاهُ أَبُو حَاتِمٍ عَنْ أَبِي زَيْدٍ عَنِ الْمُفَضَّلِ عَنْ عَاصِمٍ قَالَ قَالَ أَبُو حَاتِمٍ: النَّصْبُ عَلَى الْعَطْفِ. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: " نُقِرُّ" بِالرَّفْعِ لَا غَيْرَ، لِأَنَّهُ لَيْسَ الْمَعْنَى: فَعَلْنَا ذَلِكَ لِنُقِرَّ فِي الْأَرْحَامِ مَا نَشَاءُ، وَإِنَّمَا خَلَقَهُمْ عَزَّ وَجَلَّ لِيَدُلَّهُمْ عَلَى الرُّشْدِ وَالصَّلَاحِ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى لِنُبَيِّنَ لَهُمْ أَمْرَ الْبَعْثِ، فَهُوَ اعْتِرَاضٌ بَيْنَ الْكَلَامَيْنِ. وَقَرَأَتْ هَذِهِ الْفِرْقَةُ بِالرَّفْعِ. " وَنُقِرُّ" ، الْمَعْنَى: وَنَحْنُ نُقِرُّ. وَهِيَ قِرَاءَةُ الْجُمْهُورِ. وقرى: " وَيُقِرُّ" وَ " يُخْرِجُكُمْ" بِالْيَاءِ، وَالرَّفْعُ عَلَى هَذَا سَائِغٌ. وَقَرَأَ ابْنُ وَثَّابٍ: " مَا نِشَاءُ" بِكَسْرِ النُّونِ. وَالْأَجَلُ الْمُسَمَّى يَخْتَلِفُ بِحَسَبِ جَنِينٍ جَنِينٍ، فَثَمَّ مَنْ يَسْقُطُ وَثَمَّ مَنْ يَكْمُلُ أَمْرُهُ وَيَخْرُجُ حَيًّا. وَقَالَ: " مَا نَشاءُ" وَلَمْ يَقُلْ مَنْ نَشَاءُ لِأَنَّهُ يَرْجِعُ إِلَى الْحَمْلِ، أَيْ نقر في الأرحام ما نشاء مِنَ الْحَمْلِ وَمِنَ الْمُضْغَةِ وَهِيَ جَمَادٌ فَكَنَّى عَنْهَا بِلَفْظِ مَا. الثَّانِيَةَ عَشْرَةَ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (ثُمَّ نُخْرِجُكُمْ طِفْلًا) أَيْ أَطْفَالًا، فَهُوَ اسْمُ جِنْسٍ. وَأَيْضًا فَإِنَّ الْعَرَبَ قَدْ تُسَمِّي الْجَمْعَ بِاسْمِ الْوَاحِدِ، قَالَ الشَّاعِرُ: يَلْحَيْنَنِي فِي حُبِّهَا ويلمنني ... وإن العواذل ليس لي بأمير
(١). زيادة عن سنن ابن ماجة.

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