Paroles du Très-Haut :
« Ô hommes ! Si vous êtes dans un doute au sujet de la Résurrection… » – jusqu’à Sa parole – « … fixé. »
Ce passage comporte douze questions. Première question :
Paroles du Très-Haut :
« Si vous êtes dans un doute au sujet de la Résurrection »
Il s’agit là d’un argument qu’Allâh oppose à l’humanité en se référant à la première création.
L’expression : « si vous êtes dans un doute » implique une mise en demeure et une invitation à réfléchir.
Al-Ḥasan ibn Abî l-Ḥasan a récité le mot « al-baʿthi » avec fatḥa sur la ʿayn ; c’est, pour les grammairiens de Baṣrah, une variante dialectale du terme « al-baʿth ». Pour les grammairiens de Kûfah, il s’agit de l’allègement du verbe « baʿatha ».
Le sens est : « Ô gens ! Si vous êtes dans l’incertitude au sujet de la recréation. »
« Nous vous avons certes créés » : c’est-à-dire Nous avons créé votre père, l’origine de l’humanité, à savoir Âdam – sur lui la paix –
« de terre ».
Puis Nous avons créé sa descendance
« d’une goutte de sperme »,
c’est la semence. On l’a appelée nuṭfah à cause de sa petitesse ; elle désigne une faible quantité d’eau, bien que le terme puisse s’appliquer également à une grande quantité, comme dans le ḥadith : « au point que le cavalier parcourt l’espace compris entre les deux nuṭfa sans craindre aucune injustice », allusion à la mer de l’Orient et à la mer de l’Occident.
Le mot nuṭf renvoie aussi à la goutte qui tombe ; on dit : naṭafa, yantifu ou yantufu. On parle d’une « nuit naṭûfah » lorsqu’elle est constamment arrosée de pluie.
« puis d’une adhérence sanguinolente (ʿalaqah) »,
c’est le sang coagulé ; al-ʿalaq est le sang frais, encore humide, ou, selon un autre avis, d’un rouge très foncé.
« puis d’un embryon mâché (muḍghah) »,
c’est un petit morceau de chair de la taille de ce qu’on mâche – d’où le ḥadith : « Certes, dans le corps il y a un morceau de chair… »
Ces stades couvrent quatre mois.
Ibn ʿAbbâs a dit : « Et, au cours des dix jours qui suivent ces quatre mois, l’âme est insufflée ; tel est le délai de viduité de la femme dont le mari est décédé : quatre mois et dix jours. »
Deuxième question :
Yahyâ ibn Zakariyyâ ibn Abî Zâ’idah a rapporté – Dâwûd, d’après ʿÂmir, d’après ʿAlqamah, d’après Ibn Masʿûd et Ibn ʿUmar – que lorsque la goutte de sperme se stabilise dans l’utérus, un ange la prend dans la paume de sa main et dit :
« Ô Seigneur ! mâle ou femelle ? voué au malheur ou au bonheur ? Quel est son terme et son athar [1] ? Dans quelle terre mourra-t-elle ? » Il lui est alors dit : « Va… »
[1] al-athar : la durée de sa vie ; il a reçu cette appellation parce qu’il « suit » l’existence accordée.