Douzième partie
[Exégèse de la sourate al-Ḥajj]
Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.
Exégèse de la sourate al-Ḥajj – elle est mecquoise, à l’exception de trois versets, à savoir la Parole du Très-Haut :
« Ces deux-là sont deux adversaires… » (al-Ḥajj : 19) ;
jusqu’à la fin de trois versets entiers, ainsi l’ont affirmé Ibn ʿAbbâs et Mujâhid.
Ibn ʿAbbâs rapporte également qu’il s’agirait de quatre versets, jusqu’à Sa Parole : « … le châtiment de la Fournaise » (al-Ḥajj : 22).
Al-Ḍaḥḥâk et Ibn ʿAbbâs – de même que Qatâda – soutiennent pour leur part que la sourate est médinoise, sauf quatre versets : « Et Nous n’avons jamais envoyé avant toi ni Messager ni Prophète… » (al-Ḥajj : 52) jusqu’à « … un châtiment d’un Jour stérile » (al-Ḥajj : 55) ; ceux-là sont mecquois.
An-Naqqâsh a, quant à lui, dénombré dix versets révélés à Médine.
La majorité des savants affirme que la sourate est mixte : une partie est mecquoise, une autre médinoise. C’est l’avis le plus correct, car le contenu des versets l’indique ; en effet, l’apostrophe « Ô vous les gens ! » relève du style mecquois, tandis que « Ô vous qui avez cru ! » est propre au style médinois.
Al-Ghaznawî a dit : « Elle compte parmi les sourates étonnantes ; elle fut révélée de nuit comme de jour, en voyage comme en séjour, à La Mecque et à Médine, en temps de paix comme en temps de guerre ; elle comporte abrogateur et abrogé, versets explicites et d’autres ambigus, et elle diffère même quant au nombre de ses versets. »
Je dis : Concernant son mérite, il a été rapporté par at-Tirmidhî, Abû Dâwûd et ad-Dâraquṭnî, d’après ʿUqba b. ʿÂmir, que je dis : « Ô Messager d’Allah, la sourate al-Ḥajj a-t-elle été privilégiée du fait qu’elle comporte deux prosternations ? » Il répondit : « Oui. Et quiconque ne les accomplit pas ne doit pas la réciter. » Ceci est la formulation d’at-Tirmidhî. Il ajouta : « Ce hadith est bon, bien que sa chaîne ne soit pas des plus solides. »
Les gens de science ont divergé à ce sujet : il a été rapporté de ʿUmar b. al-Khaṭṭâb – qu’Allah l’agrée – et de son fils ʿAbd Allâh qu’ils disaient : « La sourate al-Ḥajj a été privilégiée parce qu’elle comporte deux prosternations. » C’est également l’avis d’Ibn al-Mubârak, ash-Shâfiʿî, Aḥmad et Isḥâq. Certains, toutefois, n’y reconnaissent qu’une seule prosternation ; c’est l’opinion de Sufyân ath-Thawrî.
Ad-Dâraquṭnî rapporte d’après ʿAbd Allâh b. Thaʿlaba : « J’ai vu ʿUmar b. al-Khaṭṭâb accomplir deux prosternations dans la sourate al-Ḥajj. – Je lui demandai : durant la prière de l’aube ? – Il répondit : Dans la prière de l’aube. »