Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et c’est Lui qui sait parfaitement.

« … et un usufruit pour un temps déterminé. »
Il fut dit : jusqu’à l’achèvement du terme fixé. Il a été rapporté que le Prophète — que la paix et la bénédiction d’Allah soient sur lui — vit en songe les Banû Umayya présider aux affaires des gens. À son réveil, le décret étant sorti de chez lui, il informa les Banû Umayya de cette vision. Ils lui dirent alors : « Retourne et interroge-Le sur le moment où cela se produira. » Allah, Exalté soit-Il, fit alors descendre :
« Je ne sais s’il est proche ou lointain, ce qui vous est promis. »
ainsi que :
« Je ne sais ; peut-être est-ce pour vous une tentation et un usufruit jusqu’à un terme déterminé. »
Il ordonnait ainsi à Son Prophète, paix sur lui, de leur répéter ces paroles.

Parole du Très-Haut :

« Dis : “Seigneur, juge selon la vérité.” »
La sourate se conclut par l’ordre donné au Prophète — paix et bénédiction d’Allah sur lui — de confier l’affaire à son Seigneur et d’attendre le secours venant de Lui ; c’est-à-dire : « Juge entre moi et ces négateurs et accorde-moi la victoire sur eux. »

Sa‘îd rapporte d’après Qatâda que les prophètes disaient :
« Notre Seigneur, tranche entre nous et notre peuple avec vérité. » (Al-Aʿrâf, 89)
Le Prophète — paix et bénédiction sur lui — fut donc enjoint de dire :
« Seigneur, juge selon la vérité. »
Lorsque qu’il rencontrait l’ennemi, sachant qu’il était dans la vérité et que son adversaire était dans l’erreur, il répétait : « Seigneur, juge selon la vérité », c’est-à-dire tranche par elle.

Abû ʿUbayda a dit : l’adjectif est ici employé à la place du nom ; l’intention est : « Seigneur, juge par Ton jugement, le juste. » Le mot « Seigneur » se trouve à l’accusatif parce qu’il s’agit d’un vocatif annexé.

Abû Jaʿfar Ibn al-Qaʿqâʿ et Ibn Muḥayṣin ont récité : « Dis : Seigneur, juge selon la vérité », en prononçant la lettre bā’ avec ḍamma. An-Naḥḥâs explique que, pour les grammairiens, cette lecture est fautive ; on ne peut dire « homme, viens » qu’après avoir précédé le mot de l’appel : « ô homme, viens », ou quelque chose de semblable.

Ad-Ḍaḥḥâk, Ṭalḥa et Yaʿqûb ont récité : « Il dit : Mon Seigneur est le plus juste pour juger selon la vérité », en supprimant l’alif, avec le kāf ouverte et le mîm en ḍamma ; c’est-à-dire : « Muḥammad dit : mon Seigneur est plus juste que tout juge. » Al-Jaḥdarî, quant à lui, a récité : « Dis : mon Seigneur a parfaitement réglé [les choses] », au sens de : Il a ordonné les affaires avec vérité.

« Et notre Seigneur — le Tout-Miséricordieux — est Celui dont on implore le secours contre ce que vous décrivez. »
C’est-à-dire : contre ce que vous attribuez à Son sujet de mécréance et de dénégation. Al-Mufaḍḍal et As-Sulamî ont lu : « … contre ce qu’ils décrivent », à la troisième personne (forme informative) ; les autres ont lu : « … contre ce que vous décrivez », à la deuxième personne (forme d’adresse). Et Allah sait mieux.

S’achève ainsi le onzième volume du Tafsîr d’al-Qurṭubî ; viendra, si Allah — Très-Haut — le veut, le douzième volume, dont le début est :
« Sourate al-Ḥajj », établi par Abû Isḥâq Ibrâhîm Aṭfîsh.

وَهُوَ أَعْلَمُ. (وَمَتاعٌ إِلى حِينٍ) قِيلَ: إِلَى انْقِضَاءِ الْمُدَّةِ. وَرُوِيَ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ رَأَى بَنِي أُمَيَّةَ فِي مَنَامِهِ يَلُونَ النَّاسَ، فَخَرَجَ الْحُكْمُ مِنْ عِنْدِهِ فَأَخْبَرَ بَنِي أُمَيَّةَ بِذَلِكَ، فَقَالُوا لَهُ: ارْجِعْ فَسَلْهُ مَتَى يَكُونُ ذَلِكَ. فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى " وَإِنْ أَدْرِي أَقَرِيبٌ أَمْ بَعِيدٌ مَا تُوعَدُونَ" " وَإِنْ أَدْرِي لَعَلَّهُ فِتْنَةٌ لَكُمْ وَمَتاعٌ إِلى حِينٍ" يَقُولُ لِنَبِيِّهِ عَلَيْهِ السَّلَامُ قُلْ لَهُمْ ذَلِكَ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (قالَ «١» رَبِّ احْكُمْ بِالْحَقِّ) خَتَمَ السُّورَةَ بِأَنْ أَمَرَ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِتَفْوِيضِ الْأَمْرِ إِلَيْهِ وَتَوَقُّعِ الْفَرَجِ مِنْ عِنْدِهِ، أَيِ احْكُمْ بَيْنِي وَبَيْنَ هَؤُلَاءِ الْمُكَذِّبِينَ وَانْصُرْنِي عَلَيْهِمْ. رَوَى سَعِيدٌ عَنْ قَتَادَةَ قَالَ: كَانَتِ الْأَنْبِيَاءُ تَقُولُ: " رَبَّنَا افْتَحْ بَيْنَنا. وَبَيْنَ قَوْمِنا بِالْحَقِّ" «٢» [الْأَعْرَافِ: ٨٩] فَأُمِرَ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنْ يَقُولَ: " رَبِّ احْكُمْ بِالْحَقِّ" فَكَانَ إِذَا لَقِيَ الْعَدُوَّ يَقُولُ وَهُوَ يَعْلَمُ أَنَّهُ عَلَى الْحَقِّ وَعَدُوَّهُ عَلَى الْبَاطِلِ " رَبِّ احْكُمْ بِالْحَقِّ" أَيِ اقْضِ بِهِ. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: الصِّفَةُ هَاهُنَا أُقِيمَتْ مَقَامَ الْمَوْصُوفِ وَالتَّقْدِيرُ: رَبِّ احْكُمْ بِحُكْمِكَ الْحَقِّ. وَ " رَبِّ" فِي مَوْضِعِ نَصْبٍ، لِأَنَّهُ نِدَاءٌ مُضَافٌ. وَقَرَأَ أَبُو جَعْفَرِ بْنُ الْقَعْقَاعِ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ: " قُلْ رَبُّ احْكُمْ بِالْحَقِّ" بِضَمِّ الْبَاءِ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذَا لَحْنٌ عِنْدَ النَّحْوِيِّينَ، لَا يَجُوزُ عِنْدَهُمْ رَجُلُ أَقْبِلْ، حَتَّى تَقُولَ يَا رَجُلُ أَقْبِلْ أَوْ مَا أَشْبَهَهُ. وَقَرَأَ الضَّحَّاكُ وَطَلْحَةُ وَيَعْقُوبُ: " قَالَ رَبِّي أَحْكَمُ بِالْحَقِّ" بِقَطْعِ الْأَلِفِ مَفْتُوحَةَ الْكَافِ وَالْمِيمُ مَضْمُومَةٌ. أَيْ قَالَ مُحَمَّدٌ رَبِّي أَحْكَمُ بِالْحَقِّ مِنْ كُلِّ حَاكِمٍ. وَقَرَأَ الْجَحْدَرِيُّ " قُلْ رَبِّي أَحْكَمَ" عَلَى مَعْنَى أَحْكَمَ الْأُمُورَ بِالْحَقِّ. (وَرَبُّنَا الرَّحْمنُ الْمُسْتَعانُ عَلى مَا تَصِفُونَ) أَيْ تَصِفُونَهُ مِنَ الْكُفْرِ وَالتَّكْذِيبِ. وَقَرَأَ الْمُفَضَّلُ وَالسُّلَمِيُّ " عَلَى مَا يَصِفُونَ" بِالْيَاءِ عَلَى الْخَبَرِ. الْبَاقُونَ بِالتَّاءِ عَلَى الْخِطَابِ. والله أعلم. تم الجزء الحادي عَشَرَ مِنْ تَفْسِيرِ الْقُرْطُبِيِّ يَتْلُوهُ إِنْ شَاءَ اللَّهُ تعالى الجزء الثاني عشر وأوله: (سورة الحج) تحقيق أبي إسحاق إبراهيم أطفيش
(١). (قل) على صيغة الامر قراءة نافع. (٢). راجع ج ٧ ص ٢٥٠ فما بعد.

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