Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quiconque en a été détourné et empêché est, de ce fait, tombé sous le coup de l’interdit.

Quant à l’opinion d’Abû ‘Ubaydah selon laquelle la particule « lâ » serait ici redondante, plusieurs savants l’ont réfutée ; en effet, cette particule ne s’emploie pas de façon superflue dans un tel contexte, ni là où subsiste une ambiguïté. Même si l’on admettait qu’elle fût surnuméraire, le sens obtenu demeurerait forcé : s’il s’agissait de « Il est interdit à une cité que Nous avons détruite de revenir à la vie d’ici-bas », l’énoncé n’apporterait aucune utilité ; et s’il visait le repentir, celui-ci n’est jamais rendu illicite.

On a également dit qu’il existe dans l’énoncé une ellipse : « Il est interdit à une cité dont Nous avons décrété l’anéantissement, ou scellé les cœurs, que soit agréée d’eux quelconque œuvre, car ils ne reviendront pas, c’est-à-dire qu’ils ne se repentiront pas ». C’est l’avis d’az-Zajjâj et d’Abû ‘Alî, pour qui le « lâ » n’est nullement redondant ; tel est aussi, qu’Allâh l’agrée, le sens rapporté d’Ibn ‘Abbâs.

Parole du Très-Haut :

« Jusqu’au moment où seront ouverts [les barrages de] Gog et Magog ».

Nous nous sommes déjà exprimés à leur sujet. L’énoncé comporte une suppression : « Jusqu’au moment où sera ouvert le rempart de Gog et Magog », à l’image de l’expression : « Et interroge la cité » (Yûsuf, 82).

« Et ils déferleront de chaque hauteur ».

Ibn ‘Abbâs a dit : « De toute éminence ils afflueront », c’est-à-dire que, du fait de leur nombre, ils descendront de toutes parts. Le terme ḥadab désigne ce qui s’élève de la terre ; son pluriel ḥidâb provient de la bosse du dos.

Antarah a dit :
« Ni mes mains n’ont tremblé, ni je n’ai été atteint
Par la succession de leurs assauts depuis les hauteurs. »

On a également expliqué « yansilûn » par « ils sortent », comme dans ce vers d’Imru’ al-Qays :
« Délie donc mes vêtements des tiens ; qu’ils se séparent ! »

D’autres l’ont compris comme « ils se hâtent », suivant le vers du Nâbighah :
« Telle la course du loup devenu tout proche …
La nuit s’est rafraîchie sur lui, alors il s’est élancé. »

On dit : ‘asalَa d-dhi’b (« le loup a ‘asalَa ») lorsqu’il avance rapidement.

Dans le hadith : « Tu mens : ‘alayka l-‘asalَ », c’est-à-dire : « Hâte-toi dans ta marche ».

Az-Zajjâj a précisé : an-nasalân est la démarche du loup lorsqu’il accélère l’allure. On dit : nasala Untel dans la course, yansilu — avec kasra ou ḍamma — naslan, nusûlan ou nasalânan ; c’est-à-dire : il s’est hâté.

Concernant ceux qui « déferlent de chaque hauteur », il a été dit qu’il s’agit de Gog et Magog ; c’est l’avis le plus apparent, rapporté d’Ibn Mas‘ûd et d’Ibn ‘Abbâs. D’autres ont affirmé qu’il s’agit de l’ensemble des créatures, lesquelles seront rassemblées vers la Terre du Rassemblement en se précipitant de toutes parts.

مِنْهُ وَمُنِعَ فَقَدْ دَخَلَ فِي بَابِ الْمَحْظُورِ بِهَذَا، فَأَمَّا قَوْلُ أَبِي عُبَيْدَةَ: إِنَّ " لَا" زَائِدَةٌ فَقَدْ رَدَّهُ عَلَيْهِ جَمَاعَةٌ، لِأَنَّهَا لَا تُزَادُ فِي مِثْلِ هَذَا الْمَوْضِعِ، وَلَا فِيمَا يَقَعُ فِيهِ إِشْكَالٌ، وَلَوْ كَانَتْ زَائِدَةً لَكَانَ التَّأْوِيلُ بَعِيدًا أَيْضًا، لِأَنَّهُ إِنْ أَرَادَ وَحَرَامٌ عَلَى قَرْيَةٍ أَهْلَكْنَاهَا أَنْ يَرْجِعُوا إِلَى الدُّنْيَا فَهَذَا مَا لَا فَائِدَةَ فِيهِ، وَإِنْ أَرَادَ التَّوْبَةَ فَالتَّوْبَةُ لَا تَحْرُمُ. وَقِيلَ: فِي الْكَلَامِ إِضْمَارٌ أَيْ وَحَرَامٌ عَلَى قَرْيَةٍ حَكَمْنَا بِاسْتِئْصَالِهَا، أَوْ بِالْخَتْمِ عَلَى قُلُوبِهَا أَنْ يُتَقَبَّلَ مِنْهُمْ عَمَلٌ لِأَنَّهُمْ لَا يَرْجِعُونَ أَيْ لَا يَتُوبُونَ، قَالَهُ الزَّجَّاجُ وَأَبُو عَلِيٍّ، وَ " لَا" غَيْرُ زَائِدَةٍ. وَهَذَا هُوَ مَعْنَى قَوْلِ ابْنِ عَبَّاسٍ رضى الله عنه. قَوْلُهُ تَعَالَى: (حَتَّى إِذا فُتِحَتْ يَأْجُوجُ وَمَأْجُوجُ) تَقَدَّمَ الْقَوْلُ فِيهِمْ. وَفِي الْكَلَامِ حَذْفٌ، أَيْ حَتَّى إِذَا فُتِحَ سَدُّ يَأْجُوجَ وَمَأْجُوجَ، مِثْلَ " وَسْئَلِ الْقَرْيَةَ" «١» [يوسف: ٨٢] . (وَهُمْ مِنْ كُلِّ حَدَبٍ يَنْسِلُونَ) قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: مِنْ كُلِّ شَرَفٍ يُقْبِلُونَ، أَيْ لِكَثْرَتِهِمْ يَنْسِلُونَ مِنْ كُلِّ نَاحِيَةٍ. وَالْحَدَبُ مَا ارْتَفَعَ مِنَ الْأَرْضِ، وَالْجَمْعُ الْحِدَابُ مَأْخُوذٌ مِنْ حَدَبَةِ الظَّهْرِ، قَالَ عَنْتَرَةُ: فَمَا رَعِشَتْ يَدَايَ وَلَا ازْدَهَانِي ... تَوَاتُرُهُمْ إِلَيَّ مِنَ الْحِدَابِ وَقِيلَ: " يَنْسِلُونَ" يَخْرُجُونَ، وَمِنْهُ قَوْلُ امْرِئِ الْقَيْسِ: فَسُلِّي ثِيَابِي مِنْ ثِيَابِكِ تَنْسُلِ «٢» وَقِيلَ: يُسْرِعُونَ، وَمِنْهُ قَوْلُ النَّابِغَةِ: «٣» عَسَلَانَ الذِّئْبِ أَمْسَى قَارِبًا «٤» ... بَرَدَ اللَّيْلُ عَلَيْهِ فَنَسَلْ يُقَالُ: عَسَلَ الذِّئْبُ يَعْسِلُ عَسَلًا وَعَسَلَانًا إِذَا أَعْنَقَ وَأَسْرَعَ. وَفِي الْحَدِيثِ: (كَذَبَ عَلَيْكَ الْعَسَلَ) أَيْ عَلَيْكَ بِسُرْعَةِ الْمَشْيِ. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: وَالنَّسَلَانُ مِشْيَةُ الذِّئْبِ إِذَا أَسْرَعَ، يُقَالُ: نَسَلَ فُلَانٌ فِي الْعَدْوِ يَنْسِلُ بِالْكَسْرِ وَالضَّمِّ نَسْلًا وَنُسُولًا وَنَسَلَانًا، أَيْ أَسْرَعَ. ثُمَّ قِيلَ فِي الَّذِينَ يَنْسِلُونَ مِنْ كُلِّ حَدَبٍ: إِنَّهُمْ يَأْجُوجُ وَمَأْجُوجُ، وَهُوَ الْأَظْهَرُ، وَهُوَ قَوْلُ ابْنِ مَسْعُودٍ وَابْنِ عَبَّاسٍ. وَقِيلَ: جَمِيعُ الْخَلْقِ، فَإِنَّهُمْ يُحْشَرُونَ إِلَى أَرْضِ الْمَوْقِفِ، وَهُمْ يُسْرِعُونَ مِنْ كل
(١). راجع ج ٩ ص ٢٤٥ فما بعد. (٢). البيت من معلقته وصدره: وإن تك قد ساءتك منى خليقة (٣). وقيل: هو للبيد كما في (اللسان) مادة (عسل). (٤). القارب: السائر ليلا.

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