Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Les avis divergent au sujet de l’élévation des mains lors de l’invocation, et nous avons déjà cité ce ḥadith, ainsi que d’autres, à cet endroit-là. Selon ceux qui jugent recommandé de lever les mains, les savants se sont ensuite partagés quant à la manière de le faire et jusqu’à quelle hauteur. Ainsi, certains préféraient étendre les deux paumes, les élevant à la hauteur de la poitrine, leurs faces internes tournées vers le visage ; cela est rapporté d’Ibn ʿUmar et d’Ibn ʿAbbās.

ʿAlī – qu’Allāh l’agrée – invoquait en présentant l’intérieur de ses paumes, et il en est de même d’Anas ; c’est également ce qui ressort du ḥadith authentifié par at-Tirmidhī.

Le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque vous sollicitez Allāh, implorez-Le avec les faces internes de vos paumes, et ne L’implorez pas avec leurs revers ; puis essuyez-en vos visages. »

Il est rapporté d’Ibn ʿUmar et d’Ibn az-Zubayr qu’ils les élevaient jusqu’au niveau du visage, s’appuyant pour cela sur le ḥadith d’Abū Saʿīd al-Khudrī : « Le Messager d’Allāh ﷺ se tint à ʿArafāt, se mit à invoquer, plaçant le revers de ses deux paumes du côté de son visage ; il les éleva au-dessus de sa poitrine, légèrement au-dessous de ses épaules. »

D’autres ont dit : « Il les leva jusqu’à ce qu’elles soient à la hauteur de son visage, leurs revers orientés vers celui-ci. »

Abū Jaʿfar aṭ-Ṭabarī déclare : « La position correcte est de considérer que tous ces récits rapportés du Prophète ﷺ s’accordent et ne se contredisent pas. Il se peut que le Prophète ﷺ ait varié dans sa manière de lever les mains selon les différentes situations de l’invocation. » Ibn ʿAbbās a dit en ce sens : « Lorsque l’un de vous désigne d’un seul doigt, cela traduit la sincérité du tawḥīd ; lorsqu’il lève ses deux mains à hauteur de poitrine, c’est l’invocation (duʿāʾ) ; et s’il les élève au-delà de sa tête, leurs revers dirigés vers son visage, c’est l’imploration pressante (ibtihāl). »

Aṭ-Ṭabarī rapporte encore, par l’intermédiaire de Qatādah, qu’Anas a dit : « J’ai vu le Prophète ﷺ invoquer tantôt avec le revers de ses paumes, tantôt avec leurs faces internes. »

Les termes « raghaban » et « rahaban » sont à l’accusatif comme compléments absolus ; on comprend : « Ils convoitent (la miséricorde) avec convoitise et appréhendent (le châtiment) avec appréhension. » Ils peuvent également être analysés comme compléments circonstanciels exprimant la cause (« par désir et par crainte »), ou comme hal (état).

Ṭalḥah ibn Muṣarrif a lu : « wayadʿūnā » avec une seule nūn.

Al-Aʿmash a lu en prononçant le rāʾ avec ḍamma et en immobilisant le ghayn et le hāʾ, à l’instar de la prononciation des mots saqm, bukhl, ʿadam ou ḍarb ; il existe deux formes dialectales. Ibn Waththāb et al-Aʿmash ont également récité « raghaban wa rahaban » en ouvrant le rāʾ et en allégeant le ghayn et le hāʾ ; ces deux lectures sont semblables à nahr/nahar ou ṣakhr/ṣakhar. Cette façon de lire est rapportée d’Abū ʿAmr.

Quant à l’expression : « Et ils étaient humblement soumis envers Nous », elle signifie : ils faisaient preuve d’une profonde humilité et d’une totale soumission.

الِاخْتِلَافُ فِي رَفْعِ الْأَيْدِي، وَذَكَرْنَا هَذَا الْحَدِيثَ وَغَيْرَهُ هُنَاكَ. وَعَلَى الْقَوْلِ بِالرَّفْعِ فَقَدِ اخْتَلَفَ النَّاسُ فِي صِفَتِهِ وَإِلَى أَيْنَ؟ فَكَانَ بَعْضُهُمْ يَخْتَارُ أَنْ يَبْسُطَ كَفَّيْهِ رَافِعَهُمَا حَذْوَ صَدْرِهِ وَبُطُونُهُمَا إِلَى وَجْهِهِ، رُوِيَ عَنِ ابْنِ عُمَرَ وَابْنِ عَبَّاسٍ. وَكَانَ عَلِيٌّ يَدْعُو بِبَاطِنِ كَفَّيْهِ، وَعَنْ أَنَسٍ مِثْلَهُ، وَهُوَ ظَاهِرُ حَدِيثِ التِّرْمِذِيِّ. وَقَوْلُهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (إِذَا سَأَلْتُمُ اللَّهَ فَاسْأَلُوهُ بِبُطُونِ أَكُفِّكُمْ وَلَا تَسْأَلُوهُ بِظُهُورِهَا وَامْسَحُوا بِهَا وُجُوهَكُمْ) . وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عُمَرَ وَابْنِ الزُّبَيْرِ بِرَفْعِهِمَا إِلَى وَجْهِهِ، وَاحْتَجُّوا بِحَدِيثِ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ، قَالَ: وَقَفَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِعَرَفَةَ فَجَعَلَ يَدْعُو وَجَعَلَ ظَهْرَ كَفَّيْهِ مِمَّا يَلِي وَجْهَهُ، وَرَفَعَهُمَا فَوْقَ ثَدْيَيْهِ وَأَسْفَلَ مِنْ مَنْكِبَيْهِ. وَقِيلَ: حَتَّى يُحَاذِيَ بِهِمَا وَجْهَهُ وَظُهُورُهُمَا مِمَّا يَلِي وَجْهَهُ. قَالَ أَبُو جَعْفَرٍ الطَّبَرِيُّ وَالصَّوَابُ أَنْ يُقَالَ: إِنَّ كُلَّ هَذِهِ الْآثَارِ الْمَرْوِيَّةِ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مُتَّفِقَةٌ غَيْرُ مُخْتَلِفَةِ الْمَعَانِي، وَجَائِزٌ أَنْ يَكُونَ ذَلِكَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لِاخْتِلَافِ أَحْوَالِ الدُّعَاءِ كَمَا قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: إِذَا أَشَارَ أَحَدُكُمْ بِإِصْبَعٍ وَاحِدٍ فَهُوَ الْإِخْلَاصُ وَإِذَا رَفَعَ يَدَيْهِ حَذْوَ صَدْرِهِ فَهُوَ «١» الدُّعَاءُ، وَإِذَا رَفَعَهُمَا حَتَّى يُجَاوِزَ بِهِمَا رَأْسَهُ وَظَاهِرُهُمَا مِمَّا يَلِي وَجْهَهُ فَهُوَ الِابْتِهَالُ. قَالَ الطَّبَرِيُّ: وَقَدْ رَوَى قَتَادَةُ عَنْ أَنَسٍ قَالَ: رَأَيْتُ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَدْعُو بِظَهْرِ كَفَّيْهِ وَبَاطِنِهِمَا. وَ " رَغَباً وَرَهَباً" مَنْصُوبَانِ عَلَى الْمَصْدَرِ، أَيْ يَرْغَبُونَ رَغَبًا وَيَرْهَبُونَ رَهَبًا. أَوْ عَلَى الْمَفْعُولِ مِنْ أَجْلِهِ، أَيْ لِلرَّغَبِ وَالرَّهَبِ. أَوْ عَلَى الْحَالِ. وَقَرَأَ طَلْحَةُ بْنُ مُصَرِّفٍ: " وَيَدْعُونَا" بِنُونٍ وَاحِدَةٍ. وَقَرَأَ الْأَعْمَشُ: بِضَمِّ الرَّاءِ وَإِسْكَانِ الْغَيْنِ وَالْهَاءِ مثل السقم والبخل، والعدم والضرب لُغَتَانِ وَابْنُ وَثَّابٍ وَالْأَعْمَشُ أَيْضًا " رَغَبًا وَرَهَبًا" بِالْفَتْحِ فِي الرَّاءِ وَالتَّخْفِيفِ فِي الْغَيْنِ وَالْهَاءِ، وَهُمَا لُغَتَانِ مِثْلَ: نَهْرٍ وَنَهَرٍ وَصَخْرٍ وَصَخَرٍ. وَرُوِيَتْ هَذِهِ الْقِرَاءَةُ عَنْ أَبِي عَمْرٍو. (وَكانُوا لَنا خاشِعِينَ) أي متواضعين خاضعين.
(١). في ك: ألة الدعاء. لعله الأصل.

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