Parole du Très-Haut :
« Et Zacharie, quand il invoqua son Seigneur » :
c’est-à-dire : « rappelle l’évocation de Zacharie ». Son histoire a déjà été mentionnée dans la sourate Âl ‘Imrân.
« Seigneur, ne me laisse pas seul » : autrement dit, isolé, sans enfant – point qui a déjà été exposé.
« Alors que Tu es le Meilleur des héritiers » : c’est-à-dire le Meilleur de ceux qui demeurent après la mort de toute créature. S’il a ajouté : « Tu es le Meilleur des héritiers », c’est en raison de Sa parole : « Il héritera de moi » (Maryam, v. 6) ; autrement dit : je sais que Tu ne laisseras pas Ta religion se perdre, mais ne coupe pas ce privilège – à savoir la prise en charge des affaires religieuses – chez ma descendance, comme cela a été expliqué dans la sourate Maryam.
Le Très-Haut dit encore :
« Nous exauçâmes sa prière » : c’est-à-dire que Nous répondîmes à son invocation ;
« et Nous lui accordâmes Yahyâ ». Ce don a déjà été relaté en détail.
« Et Nous améliorâmes pour lui son épouse ». Qatâdah, Sa‘îd ibn Jubayr et la plupart des exégètes disent qu’elle était stérile et qu’Allah la rendit féconde. Ibn ‘Abbâs et ‘Atâ’ soutiennent qu’elle avait un mauvais caractère, une langue acerbe ; Allah – Très-Haut – la réforma et fit d’elle une femme au comportement vertueux.
Je (l’auteur) dis : il est possible qu’elle ait réuni les deux aspects : Allah lui accorda à la fois un noble caractère et la fécondité.
« Ils » – c’est-à-dire les prophètes nommés dans cette sourate – « se hâtaient vers les bonnes œuvres ». D’autres pensent que le pronom renvoie à Zacharie, son épouse et Yahyâ.
Parole du Très-Haut :
« et ils Nous invoquaient par désir et par crainte ». Ce verset comporte deux points :
- Sa parole « ils Nous invoquaient par désir et par crainte » signifie qu’ils se réfugiaient auprès de Nous, Nous invoquant aussi bien dans l’aisance que dans l’adversité. On a dit également : ils Nous invoquaient, durant leurs moments d’adoration, remplis à la fois d’espérance et de crainte, car désir et crainte sont indissociables.
On a encore avancé que le « désir » consiste à lever les paumes des mains vers le ciel, tandis que la « crainte » consiste à en lever le dos ; c’est l’avis de Khuṣayf. Ibn ‘Atiyyah résume : l’usage de tout implorant est de solliciter l’aide de ses mains ; le désir, en tant que demande, appelle à présenter la paume – lieu de réception et d’acquisition – vers Celui auprès de qui l’on sollicite, alors que la crainte, visant à repousser un mal, convient au rejet de celui-ci, qu’on signifie par le mouvement de la main et gestes analogues.
- At-Tirmidhî rapporte d’après ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb – qu’Allah l’agrée – qu’il dit : « Lorsque le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – levait les mains dans l’invocation, il ne les abaissait pas avant d’en avoir essuyé son visage ». Ce hadith a déjà été cité dans la sourate al-A‘râf.