Il – exalté soit-Il – n’est contenu dans aucune direction, notion que nous avons déjà expliquée dans les sourates « Al-Baqarah »(1) et « Al-Aʿrâf »(2).
« Il n’est de dieu que Toi. Gloire à Toi ! J’ai certes été du nombre des injustes »
Par ces paroles, il fait allusion à la faute qu’il avait commise en cessant de demeurer constamment parmi les siens et de patienter à leur égard.
On a aussi dit : il visait le fait d’être sorti sans autorisation divine. Or cela ne constitua pas un châtiment de la part d’Allah – car il n’est pas permis de croire que les prophètes soient punis –, mais plutôt une purification. Il arrive, dit Al-Mâwardî, qu’on corrige celui qui ne mérite pas le châtiment, comme on corrige les enfants.
D’autres ont affirmé qu’il reconnaissait ici son tort pour avoir invoqué contre son peuple le châtiment – alors que Nûḥ l’avait fait sans être blâmé.
Al-Wâsiṭî a commenté : il a déclaré son Seigneur exempt de toute injustice et a attribué l’injustice à lui-même, par aveu et par reconnaissance de son tort.
Parole comparable à celle d’Âdam et Ḥawwâʾ : « Notre Seigneur, nous nous sommes lésés nous-mêmes »(3), car ils furent la cause du déplacement d’eux-mêmes hors de la place qui leur avait été assignée.
Deuxième point – Abû Dâwûd rapporte, d’après Saʿd b. Abî Waqqâṣ, que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit :
« L’invocation de Dhû-n-Nûn lorsqu’il était dans le ventre du poisson :
“Il n’est de dieu que Toi. Gloire à Toi ! J’ai certes été du nombre des injustes”,
un musulman qui la prononce pour quoi que ce soit ne voit jamais sa prière rester sans exaucement. »
Il a même été dit que ces paroles constituent le Nom suprême d’Allah. Ce ḥadith est rapporté par Saʿd lui-même.
Le propos prophétique indique qu’en cette Âyah, Allah a posé pour quiconque L’invoque la condition de l’exaucer comme Il l’exauça et de le sauver comme Il le sauva, conformément à Sa parole :
« Ainsi sauvons-Nous les croyants. »
Ici, il n’y a pas d’invocation explicite ; c’est le sens contenu dans « J’ai certes été du nombre des injustes » : il reconnut son tort, ce qui tient lieu d’imploration implicite.
« Ainsi sauvons-Nous les croyants » : c’est-à-dire que Nous les délivrons de leurs soucis grâce aux œuvres qu’ils ont accomplies auparavant, comme Il dit :
« Si déjà il n’avait été parmi ceux qui célèbrent la gloire (d’Allah), il serait resté dans son ventre jusqu’au Jour où ils seront ressuscités. »(4)
C’est là une protection qu’Allah – Puissant et Majestueux – accorda à Son serviteur Yûnus : Il considéra son droit d’adorateur et préserva le dépôt des actes d’obéissance passés.
L’Ustâdh Abû Isḥâq a dit : « Dhu-n-Nûn demeura quelques jours seulement avec le poisson, et jusqu’au Jour de la Résurrection on continue de l’appeler Dhu-n-Nûn. Que penser alors d’un serviteur qui L’a adoré soixante-dix ans ? Serait-il privé de Sa bienveillance ? On ne saurait l’en croire. »
« …du souci » : c’est-à-dire du ventre du poisson.
La lecture courante de « Ainsi sauvons-Nous les croyants » comporte deux nûn, dérivant du verbe anjâ/ yunji (Nous sauvons). Ibn ʿÂmir lit « nujjiya » avec une seule nûn, une jîm géminée et la yâ’ muette, au passé, avec l’omission du maṣdar sous-entendu : « Ainsi fut accordé le salut aux croyants », comme on dirait : « ḍuriba Zaydan » au sens de « ḍaraba ad-ḍarbu Zaydan », et le poète a récité