Parole du Très-Haut :
« Il invoqua au sein des ténèbres : “Il n’y a de divinité que Toi ; Gloire à Toi ! J’ai certes été du nombre des injustes.” »
Ce verset soulève deux questions.
Première question – Sa parole, exalté soit-Il : « Il invoqua au sein des ténèbres. »
Les savants ont divergé quant au pluriel « les ténèbres » et sur ce qu’il désigne.
• Un premier avis – rapporté d’Ibn ʿAbbâs et de Qatâdah – y voit la ténèbre de la nuit, la ténèbre de la mer et la ténèbre du poisson.
Ibn Abî ad-Dunyâ rapporte : « Yûsuf b. Mûsâ nous a relaté ; ‘Ubayd Allâh b. Mûsâ, d’après Isrâ’îl, d’après Abû Is h âq, d’après ʿAmr b. Maymûn, qui dit : ʿAbd Allâh b. Masʿûd nous raconta, au Trésor public : Lorsque le poisson avala Jonas – sur lui la paix –, il plongea avec lui jusqu’au fond de la terre. Jonas entendit alors la glorification des cailloux et il invoqua dans trois ténèbres : la ténèbre de l’intérieur du poisson, la ténèbre de la nuit et la ténèbre de la mer : “Il n’y a de divinité que Toi ; Pureté à Toi ! J’ai été assurément du nombre des injustes.” Puis Allah dit : “Nous le rejetâmes sur une terre nue alors qu’il était malade” (as-Sâffât, 145), tel un oisillon tout plumé, sans la moindre plume. »
• Un deuxième avis – de Sâlim b. Abî al-Jaʿd – parle de la ténèbre de la mer et de la ténèbre d’un second poisson qui avait englouti le premier. Il reste toutefois correct de désigner par « les ténèbres » la seule obscurité de l’intérieur du premier poisson, à l’instar de la Parole : « dans les profondeurs du puits » (Yûsuf, 10), car l’obscurité l’entourait de toutes parts, ce qui justifie le pluriel.
Al-Mâwardî mentionne encore qu’il est possible d’entendre par « les ténèbres » : la ténèbre de la faute, la ténèbre de l’épreuve et la ténèbre de la solitude.
Il est rapporté qu’Allah, exalté soit-Il, inspira au poisson : « Ne lui inflige pas le moindre mal, car J’ai fait de ton ventre son lieu de détention et non pas ta nourriture. »
Il est également rapporté que Jonas – sur lui la paix – se prosterna dans le ventre du poisson lorsqu’il entendit la glorification des poissons au fond de la mer. Ibn Abî ad-Dunyâ rapporte encore : « al-ʿAbbâs b. Yazîd al-ʿAbdî nous a relaté ; Is h âq b. Idrîs, d’après Jaʿfar b. Sulaymân, d’après ʿAwf, d’après Saʿîd b. Abî al- H asan, lequel dit : Lorsque le poisson avala Jonas – sur lui la paix –, il crut être mort. Il étendit alors ses jambes, constata qu’il ne l’était pas, se leva et reprit sa prière comme à l’ordinaire, puis dit dans son invocation : “Je T’ai édifié une mosquée en un lieu où nul ne T’en a jamais édifié.” »
Abû al-Maʿâlî dit : La parole du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – : « Ne me préférez pas à Jonas, fils de Mattâ », signifie : « Lorsque je me trouvais au Lote suprême (Sidrat al-Muntahâ), je n’étais pas plus proche d’Allah que lui ne l’était quand il se trouvait, au fond de la mer, dans le ventre du poisson. » Cela montre que le Créateur, qu’Il soit glorifié et exalté