Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Je ne saurais jamais être rassasié des largesses d’Allah ! »

Alors Allah lui révéla : « Je t’ai loué pour ta patience avant que l’épreuve ne t’atteigne puis après qu’elle t’eut atteint. Si Je n’avais placé, sous chacun de tes poils, une provision de patience, tu n’aurais pu endurer. »

« Par miséricorde venant de Notre part » : c’est-à-dire que Nous avons agi envers lui ainsi par pure miséricorde émanant de Nous.

On a aussi dit : « Nous l’avons éprouvé afin que sa récompense soit plus grande demain. »

« Et rappel pour les adorateurs » : un avertissement adressé aux serviteurs, car lorsqu’ils se remémorent l’épreuve d’Ayyûb, sa patience et la dureté de la situation qu’il endura – lui qui était le meilleur des hommes de son époque –, ils disposent alors leurs âmes à patienter face aux rudesses de ce bas-monde, comme le fit Ayyûb. Cela les incite à persévérer dans l’adoration et à supporter les préjudices.

Les avis divergent quant à la durée durant laquelle il demeura dans l’épreuve :
– Ibn ‘Abbâs dit : « Sept années, sept mois, sept jours et sept nuits. »
– Wahb : « Trente ans. »
– Al-Hasan : « Sept années et six mois. »

Je dis – et c’est l’avis le plus authentique, Allah est plus savant – : dix-huit ans. Ibn Shihâb l’a rapporté du Prophète (que les prières et le salut d’Allah soient sur lui) ; Ibn al-Mubârak l’a mentionné, comme il a été vu précédemment.

[Sourate al-Anbiyâ’ (21), versets 85-86]
« Et Ismâ‘îl, Idrîs et Dhû-l-Kifl : tous comptèrent parmi les endurants (85) ; Nous les fîmes entrer dans Notre miséricorde, car ils étaient vraiment du nombre des hommes vertueux (86). »

Parole du Très-Haut :
« Et Ismâ‘îl et Idrîs » – Idrîs est Hénoch, comme cela a été exposé.
« Et Dhû-l-Kifl » : c’est-à-dire rappelle-les.

Al-Tirmidhî al-Hakîm a rapporté dans ses « Nawâdir al-Uṣûl », ainsi que d’autres, d’après Ibn ‘Umar – qu’Allah les agrée – que le Prophète (que les prières et le salut d’Allah soient sur lui) a dit :
« Il y avait parmi les Fils d’Israël un homme nommé Dhû-l-Kifl qui ne se retenait d’aucun péché qu’il commettait. Il suivit alors une femme et lui donna soixante dinars afin de la posséder. Lorsqu’il s’assit auprès d’elle comme l’homme s’assied auprès de son épouse, elle se mit à trembler et à pleurer. Il lui dit : “Qu’est-ce qui te fait pleurer ?” – “C’est cet acte, par Allah je ne l’ai jamais commis”, répondit-elle. Il demanda : “T’y ai-je contrainte ?” – “Non, mais la nécessité m’y a poussée.” Il dit alors : “Va-t-en, il est pour toi, et par Allah je ne désobéirai plus jamais à Allah.” Puis il mourut dans la nuit. Au matin, on trouva inscrit sur la porte de sa demeure : ‘Allah a certes pardonné à Dhû-l-Kifl’. »

Abû ‘Îsâ al-Tirmidhî l’a également rapporté.

Dans une autre version, toujours d’après Ibn ‘Umar – qu’Allah les agrée –, il dit : « J’ai entendu le Prophète (que les prières et le salut d’Allah soient sur lui) raconter un récit ; si je ne l’avais entendu qu’une ou deux fois – jusqu’à sept fois – je ne l’aurais pas transmis. Mais je l’ai entendu davantage ; j’ai donc entendu le Messager d’Allah (que les prières et le salut d’Allah soient sur lui) dire : “Il y avait…” »

يَشْبَعُ مِنْ فَضْلِ اللَّهِ!. فَأَوْحَى اللَّهُ إِلَيْهِ: قَدْ أَثْنَيْتُ عَلَيْكَ بِالصَّبْرِ قَبْلَ وُقُوعِكَ فِي الْبَلَاءِ وَبَعْدَهُ، وَلَوْلَا أَنِّي وَضَعْتُ تَحْتَ كُلِّ شَعْرَةٍ مِنْكَ صَبْرًا مَا صَبَرْتَ. (رَحْمَةً مِنْ عِنْدِنا) أَيْ فَعَلْنَا ذَلِكَ بِهِ رَحْمَةً مِنْ عِنْدِنَا. وَقِيلَ: ابْتَلَيْنَاهُ لِيَعْظُمَ ثَوَابُهُ غَدًا. (وَذِكْرى لِلْعابِدِينَ) أَيْ وَتَذْكِيرًا لِلْعِبَادِ، لِأَنَّهُمْ إِذَا ذَكَرُوا بَلَاءَ أَيُّوبَ وَصَبْرَهُ عَلَيْهِ وَمِحْنَتَهُ لَهُ وَهُوَ أَفْضَلُ أَهْلِ زَمَانِهِ وَطَّنُوا أَنْفُسَهُمْ عَلَى الصَّبْرِ عَلَى شَدَائِدِ الدُّنْيَا نَحْوَ مَا فَعَلَ أَيُّوبَ، فَيَكُونُ هَذَا تَنْبِيهًا لَهُمْ عَلَى إِدَامَةِ الْعِبَادَةِ، وَاحْتِمَالِ الضَّرَرِ. وَاخْتُلِفَ فِي مُدَّةِ إِقَامَتِهِ فِي الْبَلَاءِ، فَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: كَانَتْ مُدَّةُ الْبَلَاءِ سَبْعَ سِنِينَ وَسَبْعَةَ أَشْهُرٍ وَسَبْعَةَ أَيَّامٍ وَسَبْعَ لَيَالٍ. وَهْبٌ: ثَلَاثِينَ سَنَةً. الْحَسَنُ: سَبْعَ سِنِينَ وَسِتَّةَ أَشْهُرٍ. قُلْتُ: وَأَصَحُّ مِنْ هَذَا وَاللَّهُ أَعْلَمُ ثَمَانِيَ عَشْرَةَ سَنَةً، رَوَاهُ ابْنُ شِهَابٍ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، ذَكَرَهُ ابن المبارك وقد تقدم. [سورة الأنبياء (٢١) : الآيات ٨٥ الى ٨٦] وَإِسْماعِيلَ وَإِدْرِيسَ وَذَا الْكِفْلِ كُلٌّ مِنَ الصَّابِرِينَ (٨٥) وَأَدْخَلْناهُمْ فِي رَحْمَتِنا إِنَّهُمْ مِنَ الصَّالِحِينَ (٨٦) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِسْماعِيلَ وَإِدْرِيسَ) وَهُوَ أَخْنُوخُ وَقَدْ تَقَدَّمَ (وَذَا الْكِفْلِ) أَيْ وَاذْكُرْهُمْ. وَخَرَّجَ التِّرْمِذِيُّ الْحَكِيمُ فِي " نَوَادِرِ الْأُصُولِ" وَغَيْرِهِ مِنْ حَدِيثِ ابْنِ عُمَرَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (كَانَ فِي بَنِي إِسْرَائِيلَ رَجُلٌ يُقَالُ لَهُ ذُو الْكِفْلِ لَا يَتَوَرَّعُ «١» مِنْ ذَنْبٍ عَمِلَهُ فَاتَّبَعَ امْرَأَةً فَأَعْطَاهَا سِتِّينَ دِينَارًا [عَلَى أَنْ يَطَأَهَا «٢» ] فَلَمَّا قَعَدَ مِنْهَا مَقْعَدَ الرَّجُلِ مِنَ امْرَأَتِهِ ارْتَعَدَتْ وَبَكَتْ فَقَالَ مَا يُبْكِيكِ قَالَتْ مِنْ هَذَا الْعَمَلِ وَاللَّهِ مَا عَمِلْتُهُ قَطُّ قَالَ أَأَكْرَهْتُكِ قَالَتْ لَا وَلَكِنْ حَمَلَنِي عَلَيْهِ الْحَاجَةُ قَالَ اذْهَبِي فَهُوَ لَكِ وَاللَّهِ لَا أَعْصِي اللَّهَ بَعْدَهَا أَبَدًا ثُمَّ مَاتَ مِنْ لَيْلَتِهِ فَوَجَدُوا مَكْتُوبًا عَلَى بَابِ دَارِهِ إِنَّ اللَّهَ قَدْ غَفَرَ لِذِي الْكِفْلِ) وَخَرَّجَهُ أبو عيسى الترمذي أيضا. ولفظه عَنِ ابْنِ عُمَرَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمَا قَالَ: سَمِعْتُ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُحَدِّثُ حَدِيثًا لَوْ لَمْ أَسْمَعْهُ إِلَّا مَرَّةً أَوْ مَرَّتَيْنِ- حتى عد سبع مرات-[لم أحدث به «٣» ] وَلَكِنِّي سَمِعْتُهُ أَكْثَرَ مِنْ ذَلِكَ، سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: (كَانَ)
(١). في ج وز وك وى. (٢). من ب. (٣). الزيادة من صحيح الترمذي.

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