Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

N’ayant plus rien par quoi subvenir à ses besoins, elle coupa ses longues tresses et les vendit à un artisan qui les utilisait pour confectionner des rallonges ; avec l’argent ainsi obtenu, elle acheta de quoi se nourrir et l’apporta à son mari. Or, Ayyoûb – sur lui la paix – s’aidait de ces tresses pour se mouvoir et se déplacer. Lorsqu’il s’en trouva privé et voulut changer de position, il n’en fut plus capable et s’écria : « Le malheur m’a certes atteint ».

On rapporte aussi que, lorsqu’elle eut acheté de la nourriture au prix de ses tresses, Iblîs (qu’Allâh le maudisse) vint à Ayyoûb sous l’apparence d’un homme et lui dit : « Ta famille s’est adonnée à la débauche ; elle a été arrêtée et on lui a rasé la tête ». Ayyoûb jura alors de la frapper. Ainsi, l’épreuve fut-elle plus pénible pour le cœur de l’épouse que pour celui d’Ayyoûb.

Je dis – et c’est un seizième avis – : Ibn al-Mubârak a rapporté le hadith suivant : Yûnus ibn Yazîd, d’après ‘Uqayl, d’après Ibn Shihâb, que le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – évoqua un jour le prophète Ayyoûb et les calamités qui l’avaient frappé. On y lit qu’un de ses frères, parmi ceux qui l’avaient enduré et accompagné, lui dit : « Ô Prophète d’Allâh, ton cas m’émerveille ; j’en ai parlé à ton frère et à ton compagnon : voilà dix-huit ans qu’Il t’a éprouvé par la perte de ta famille, de tes biens et l’atteinte de ton corps, jusqu’à l’état dans lequel tu te trouves ; ne te fera-t-Il donc pas miséricorde en levant de toi cette affliction ? Tu as certes commis un péché qu’à mon avis nul n’a égalé ! » Ayyoûb – sur lui la paix – répondit : « Je ne sais ce qu’ils prétendent, mais mon Seigneur – Puissant et Majestueux – sait que, passant devant deux hommes (ou un groupe) qui se disputaient et juraient chacun par Allâh, je rentrais chez moi et expiais leurs serments, désirant qu’aucun d’eux ne commît de péché et que nul ne mentionnât le Nom d’Allâh si ce n’est en vérité. »

Il invoqua alors son Seigneur en disant : « Le malheur m’a certes atteint, et Tu es le Plus Miséricordieux des miséricordieux. » Son invocation se résumait à exposer son état à Allâh – Exalté soit-Il –, Lui faisant part de ce qu’il avait enduré, tout en demeurant patient à ce qu’Allâh – Tabâraka wa Ta‘âlâ – déciderait pour lui. Le hadith se poursuit.

Et voici un dix-septième propos : j’en ai entendu parler sans pouvoir en retrouver la chaîne : un ver tomba de son corps ; il le rechercha pour le remettre à sa place, mais ne le trouva pas, si bien qu’il dit : « Le malheur m’a certes atteint », peiné de perdre la récompense liée à la douleur que causait ce ver. Il souhaitait en effet que cette rétribution demeurât intacte jusqu’au moment où la guérison viendrait. C’est un récit recevable, mais qui demanderait une chaîne d’autorité.

Les savants ont dit : la parole « Le malheur m’a certes atteint » n’exprime nullement un emportement, car Allâh – Très-Haut – a dit : « Nous l’avons trouvé patient » (Sâd, 44). Il s’agissait plutôt d’une prière de sa part ; l’emportement consiste à se plaindre aux créatures, non à Allâh – Très-Haut –, et la supplication ne contredit pas la satisfaction du décret divin.

Al-Tha‘labî rapporte : j’ai entendu notre maître Abû al-Qâsim Ibn Ḥabîb dire : « J’assistais à une assemblée bien remplie de juristes et de lettrés, dans la résidence du sultan. Ayant obtenu d’eux l’unanimité que la parole d’Ayyoûb relevait de la plainte, je les interrogeai sur ce verset alors qu’Allâh – Très-Haut – dit : “Nous l’avons trouvé patient” (Sâd, 44). »

مَا تَعُودُ بِهِ عَلَيْهِ، فَقَطَعَتْ ذَوَائِبَهَا وَاشْتَرَتْ بِهَا مِمَّنْ يَصِلُهَا قُوتًا وَجَاءَتْ بِهِ إِلَيْهِ، وَكَانَ يَسْتَعِينُ بِذَوَائِبِهَا فِي تَصَرُّفِهِ وَتَنَقُّلِهِ، فَلَمَّا عَدِمَهَا وَأَرَادَ الْحَرَكَةَ فِي تَنَقُّلِهِ لَمْ يَقْدِرْ قَالَ: " مَسَّنِيَ الضُّرُّ" . وَقِيلَ: إِنَّهَا لَمَّا اشْتَرَتِ القوت بذوائبها جاءه إبليس «١» [لعنه الله «٢» ] فِي صِفَةِ رَجُلٍ وَقَالَ لَهُ: إِنَّ أَهْلَكَ بَغَتْ فَأُخِذَتْ وَحُلِقَ شَعْرُهَا. فَحَلَفَ أَيُّوبُ أَنْ يَجْلِدَهَا، فَكَانَتِ الْمِحْنَةُ عَلَى قَلْبِ الْمَرْأَةِ أَشَدَّ مِنَ الْمِحْنَةِ عَلَى قَلْبِ أَيُّوبَ. قُلْتُ: وَقَوْلٌ سَادِسَ عَشَرَ- ذَكَرَهُ ابْنُ الْمُبَارَكِ: أَخْبَرَنَا يُونُسُ بْنُ يَزِيدَ عَنْ عُقَيْلٍ عَنِ ابْنِ شِهَابٍ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ذَكَرَ يَوْمًا أَيُّوبَ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَمَا أَصَابَهُ مِنَ الْبَلَاءِ، الْحَدِيثَ. وَفِيهِ أَنَّ بَعْضَ إِخْوَانِهِ مِمَّنْ صَابَرَهُ وَلَازَمَهُ قَالَ: يَا نَبِيَّ اللَّهِ لَقَدْ أَعْجَبَنِي أَمْرُكَ وَذَكَرْتُهُ إِلَى أَخِيكَ وَصَاحِبِكَ، أَنَّهُ قَدِ ابْتَلَاكَ بِذَهَابِ الأهل والمال وفي جسدك منذ ثمانية عَشْرَةَ سَنَةً حَتَّى بَلَغْتَ مَا تَرَى أَلَا يَرْحَمُكَ فَيَكْشِفُ عَنْكَ! لَقَدْ أَذْنَبْتَ ذَنْبًا مَا أَظُنُّ أَحَدًا بَلَغَهُ! فَقَالَ أَيُّوبُ عَلَيْهِ السَّلَامُ: " مَا أَدْرِي مَا يَقُولَانِ غَيْرَ أَنَّ رَبِّي عَزَّ وَجَلَّ يَعْلَمُ أَنِّي كُنْتُ أَمُرُّ عَلَى الرَّجُلَيْنِ يَتَزَاعَمَانِ وَكُلٌّ يَحْلِفُ بِاللَّهِ- أَوْ عَلَى النَّفَرِ يَتَزَاعَمُونَ- فَأَنْقَلِبُ إِلَى أَهْلِي فَأُكَفِّرُ عَنْ أَيْمَانِهِمْ إِرَادَةً أَلَّا يَأْثَمَ أَحَدٌ ذَكَرَهُ وَلَا يَذْكُرُهُ أَحَدٌ إِلَّا بِالْحَقِّ" فَنَادَى رَبَّهُ " أَنِّي مَسَّنِيَ الضُّرُّ وَأَنْتَ أَرْحَمُ الرَّاحِمِينَ" إِنَّمَا كَانَ دُعَاؤُهُ عَرْضًا عَرَضَهُ عَلَى اللَّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى يُخْبِرُهُ بِالَّذِي بَلَغَهُ، صَابِرًا لِمَا يَكُونُ مِنَ اللَّهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى فِيهِ. وَذَكَرَ الْحَدِيثَ. وَقَوْلٌ سَابِعَ عَشَرَ- سَمِعْتُهُ وَلَمْ أَقِفْ عَلَيْهِ أَنَّ دُودَةً سَقَطَتْ مِنْ جَسَدِهِ فَطَلَبَهَا لِيَرُدَّهَا إِلَى مَوْضِعِهَا فَلَمْ يَجِدْهَا فَقَالَ: " مَسَّنِيَ الضُّرُّ" لِمَا فَقَدَ مِنْ أَجْرِ أَلَمِ تِلْكَ الدُّودَةِ، وَكَانَ أَرَادَ أَنْ يَبْقَى لَهُ الْأَجْرُ مُوَفَّرًا إِلَى وَقْتِ الْعَافِيَةِ، وَهَذَا حَسَنٌ إِلَّا أَنَّهُ يَحْتَاجُ إِلَى سَنَدٍ. قَالَ الْعُلَمَاءُ: وَلَمْ يَكُنْ قَوْلُهُ " مَسَّنِيَ الضُّرُّ" جَزَعًا، لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى قَالَ: " إِنَّا وَجَدْناهُ صابِراً" «٣» [ص: ٤٤] بَلْ كَانَ ذَلِكَ دُعَاءً مِنْهُ، وَالْجَزَعُ فِي الشَّكْوَى إِلَى الْخَلْقِ لَا إِلَى اللَّهِ تَعَالَى، وَالدُّعَاءُ لَا يُنَافِي الرِّضَا. قَالَ الثَّعْلَبِيُّ: سَمِعْتُ أستاذنا أبا القاسم ابن حَبِيبٍ يَقُولُ حَضَرْتُ مَجْلِسًا غَاصًّا بِالْفُقَهَاءِ وَالْأُدَبَاءِ فِي دَارِ السُّلْطَانِ، فَسَأَلْتُ عَنْ هَذِهِ الْآيَةِ بَعْدَ إِجْمَاعِهِمْ عَلَى أَنَّ قَوْلَ أَيُّوبَ كَانَ شِكَايَةً قَدْ قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " إِنَّا وَجَدْناهُ صابِراً" [ص: ٤٤]
(١). في ج: الشيطان. (٢). من ك. (٣). راجع ج ١٥ ص ٢١٢ فما بعد.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies