Parole du Très-Haut :
« Et (rappelle) Ayyûb lorsqu’il invoqua son Seigneur »
c’est-à-dire : rappelle-toi Ayyûb quand il appela son Seigneur.
« Certes, le mal m’a touché »
c’est-à-dire : un malheur m’a atteint dans mon corps, dans mes biens et dans ma famille.
Ibn ‘Abbâs a dit : il fut nommé Ayyûb parce qu’il « revient » (âba) sans cesse à Allah, Exalté soit-Il, en toute circonstance. Il est rapporté qu’Ayyûb — paix sur lui — était un homme d’origine romaine, possédant de grandes richesses. Il était pieux, dévoué, compatissant envers les pauvres ; il prenait en charge les orphelins et les veuves, honorait l’hôte, subvient aux besoins du voyageur de passage et rendait grâce aux bienfaits d’Allah Très-Haut. Il advint qu’il entra, accompagné des siens, chez un despote puissant pour lui soumettre une affaire ; Ayyûb usa à son égard de paroles conciliantes par égard pour une récolte qu’il possédait. Allah l’éprouva alors par la perte de ses biens et de sa famille, puis par un mal qui frappa son corps jusqu’à ce que sa chair se détache et que des vers s’y logent, à tel point que les habitants de son village le bannirent hors de celui-ci. Son épouse cependant continua de le servir.
Al-Ḥasan rapporte qu’il demeura ainsi neuf ans et six mois.
Lorsque le Très-Haut voulut lui accorder la délivrance, Il lui dit : « Frappe (le sol) de ton pied ; voici une eau fraîche pour te laver et boire » (Sâd, 42), dans laquelle se trouve ta guérison. Je t’ai également restitué ta famille, tes biens, tes enfants et leur équivalent encore. — Dans la sourate Sâd viendra, si Allah le veut, l’exposé des divergences des exégètes au sujet de la domination accordée à Satan sur lui et la réfutation de cela.
Les paroles d’Ayyûb : « Le mal m’a touché » ont fait l’objet de quinze explications :
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Il voulut se lever pour prier mais n’en eut pas la force ; il dit alors : « Le mal m’a touché », simple constat de son état, sans se plaindre de l’épreuve ; cela est rapporté par Anas avec élévation (marfû‘).
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Il s’agit d’un aveu d’impuissance, ce qui n’est pas contraire à la patience.
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Allah — qu’Il soit exalté — fit prononcer ces mots sur sa langue afin qu’ils constituent, pour ceux qui seront éprouvés après lui, une preuve qu’il est permis d’exposer son affliction.
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Il les formula par devoir, en raison de la nature humaine qui révèle sa faiblesse face à l’épreuve.
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La révélation s’interrompit quarante jours ; craignant d’être abandonné par son Seigneur, il dit : « Le mal m’a touché ». C’est l’avis de Ja‘far b. Muḥammad.
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Ses disciples, qui consignaient ses enseignements, effacèrent leurs écrits lorsque son état se dégrada, disant : « Cet homme n’a plus de considération auprès d’Allah. » Il se plaignit alors du mal que constituait la disparition de la révélation et de la religion des mains des gens. — La chaîne de ce récit n’est pas authentique, Allah est plus savant, commente Ibn al-‘Arabî.
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Un ver tomba de sa chair ; il le prit et le remit en place ; l’animal le blessa, il s’écria : « Le mal m’a touché ». On lui dit : « Jusqu’à quand devrons-nous patienter ? » Ibn al-‘Arabî ajoute : « Ceci est extrêmement improbable. »