Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Car elle le frappe violemment par la force de ses bourrasques.

ʿAbd ar-Raḥmān al-Aʿraj, as-Sulamī et Abū Bakr ont lu : « wa-li-Sulaymāna r-rīḥu » – en relevant le ḥâʾ – par coupure avec ce qui précède ; le sens est alors : « À Sulaymân appartient la mise au service du vent », forme d’énoncé nominal (mubtadaʾ et khabar).

« — Elle court, par Son ordre, jusqu’à la terre que Nous avons bénie » : il s’agit du Šâm. On rapporte que ce vent transportait Sulaymân et ses compagnons vers tout endroit qu’il voulait, puis les ramenait en Syrie.

Wahb a dit : « Lorsque Sulaymân b. Dâwūd se rendait à son assemblée, les oiseaux se rassemblaient au-dessus de lui, les djinns et les humains se levaient jusqu’à ce qu’il prît place sur son trône. C’était un homme constamment engagé dans les expéditions militaires ; il ne renonçait jamais au combat. Quand il voulait partir en campagne, il ordonnait que l’on disposât des madriers ; on y plaçait les gens, les montures et le matériel de guerre. Il commandait alors au vent impétueux (al-ʿâṣif) de soulever l’ensemble, puis au vent doux (ar-rukhāʾ) de les faire avancer ; il parcourait ainsi un mois à l’aller et un mois au retour ». C’est le sens de la parole du Très-Haut : « Elle court, par Son ordre, d’un souffle doux, partout où il atteint » (Ṣâd, 36). Le terme « ar-rukhāʾ » désigne ce qui est souple et léger.

« Et Nous étions, de toute chose, parfaitement savants » : c’est-à-dire que Nous savons tout ce que Nous faisons et en dirigeons parfaitement l’ordonnancement.

Parole du Très-Haut : « Et parmi les démons, il en est qui plongent pour lui » : c’est-à-dire que Nous lui assujettîmes ceux qui plongent, c’est-à-dire sous l’eau, afin d’en extraire pour lui les joyaux de la mer. Le « ġawṣ » est la descente sous l’eau ; on dit « ġaṣa fî l-māʾ ». Celui qui se jette sur quelque chose est encore qualifié de « ġāʾiṣ ». Quant au « ġawwāṣ », c’est le plongeur qui cherche les perles ; son activité se nomme « ġiyāsa ».

« — et ils accomplissent encore d’autres travaux que cela » : c’est-à-dire autres que la plongée, selon al-Farrâʾ. D’autres ont dit : il s’agit des oratoires, des statues et de tout ce qu’il les faisait exécuter.

« Et Nous étions pour eux des gardiens » : c’est-à-dire que Nous surveillions leurs œuvres. Al-Farrâʾ dit : Nous les gardions pour qu’ils ne corrompent pas leurs travaux ni n’attentent à quiconque parmi les fils d’Âdam à l’époque de Sulaymân. On a également dit : « Nous les gardions » pour qu’ils ne s’enfuient ni ne se soustraient à son autorité, ou encore : Nous les préservions de sortir de son ordre.

Il a été dit que les bains, le natron, les meules, les verreries et le savon sont parmi ce que les démons ont fait découvrir.

[Les Prophètes, 21 : 83-84]

« Et [rappelle] Ayyoûb lorsqu’il invoqua son Seigneur : “Le mal m’a touché, et Toi, Tu es le Plus Miséricordieux des miséricordieux.” » (83)

« Nous lui répondîmes, Nous écartâmes de lui le mal qui l’accablait, Nous lui rendîmes sa famille et leur doublons, par miséricorde venant de Nous et rappel pour les adorateurs » (84).

لِأَنَّهَا تَعْصِفهُ بِشِدَّةِ تَطَيُّرِهَا. وَقَرَأَ عَبْدُ الرَّحْمَنِ الْأَعْرَجُ وَالسُّلَمِيُّ وَأَبُو بَكْرٍ " وَلِسُلَيْمانَ الرِّيحَ" بِرَفْعِ الْحَاءِ عَلَى الْقَطْعِ مِمَّا قَبْلَهُ، وَالْمَعْنَى وَلِسُلَيْمَانَ تَسْخِيرُ الرِّيحِ، ابْتِدَاءٌ وَخَبَرٌ. (تَجْرِي بِأَمْرِهِ إِلى الْأَرْضِ الَّتِي بارَكْنا فِيها) يَعْنِي الشَّامَ. يُرْوَى أَنَّهَا كَانَتْ تَجْرِي بِهِ وَبِأَصْحَابِهِ إِلَى حَيْثُ أَرَادَ، ثُمَّ تَرُدُّهُ إِلَى الشَّامِ. وَقَالَ وَهْبٌ: كَانَ سُلَيْمَانُ بْنُ دَاوُدَ إِذَا خَرَجَ إِلَى مَجْلِسِهِ عَكَفَتْ عَلَيْهِ الطَّيْرُ، وَقَامَ لَهُ الْجِنُّ وَالْإِنْسُ حَتَّى يَجْلِسَ عَلَى سَرِيرِهِ. وَكَانَ امْرَأً غَزَّاءً لَا يَقْعُدُ عَنِ الْغَزْوِ، فَإِذَا أَرَادَ أَنْ يَغْزُوَ أَمَرَ بِخَشَبٍ فَمُدَّتْ وَرُفِعَ عَلَيْهَا الناس والدواب وآلة الحرب، ثم أمر الْعَاصِفَ فَأَقَلَّتْ ذَلِكَ، ثُمَّ أَمَرَ الرُّخَاءَ فَمَرَّتْ «١» بِهِ شَهْرًا فِي رَوَاحِهِ وَشَهْرًا فِي غُدُوِّهِ، وَهُوَ مَعْنَى قَوْلِهِ تَعَالَى: " تَجْرِي بِأَمْرِهِ رُخاءً حَيْثُ أَصابَ" «٢» [ص: ٣٦] . وَالرُّخَاءُ اللَّيِّنَةُ. (وَكُنَّا بِكُلِّ شَيْءٍ عالِمِينَ) أَيْ بكل شي عَمِلْنَا عَالِمِينَ بِتَدْبِيرِهِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَمِنَ الشَّياطِينِ مَنْ يَغُوصُونَ لَهُ) أَيْ وَسَخَّرْنَا لَهُ مَنْ يَغُوصُونَ، يُرِيدُ تَحْتَ الْمَاءِ. أَيْ يَسْتَخْرِجُونَ لَهُ الْجَوَاهِرَ مِنَ الْبَحْرِ. وَالْغَوْصُ النُّزُولُ تَحْتَ الْمَاءِ، وَقَدْ غَاصَ فِي الْمَاءِ، وَالْهَاجِمُ عَلَى الشَّيْءِ غَائِصٌ. وَالْغَوَّاصُ الَّذِي يَغُوصُ فِي الْبَحْرِ عَلَى اللُّؤْلُؤِ، وَفِعْلُهُ الْغِيَاصَةُ. (وَيَعْمَلُونَ عَمَلًا دُونَ ذلِكَ) أَيْ سِوَى ذَلِكَ مِنَ الْغَوْصِ، قَالَهُ الْفَرَّاءُ. وَقِيلَ: يُرَادُ بِذَلِكَ الْمَحَارِيبُ وَالتَّمَاثِيلُ وَغَيْرُ ذَلِكَ مما يُسَخِّرُهُمْ فِيهِ. (وَكُنَّا لَهُمْ حافِظِينَ) أَيْ لِأَعْمَالِهِمْ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: حَافِظِينَ لَهُمْ مِنْ أَنْ يُفْسِدُوا أَعْمَالَهُمْ، أَوْ يُهَيِّجُوا أَحَدًا مِنْ بَنِي آدَمَ فِي زَمَانِ سُلَيْمَانَ. وَقِيلَ: " حَافِظِينَ" مِنْ أَنْ يَهْرُبُوا أَوْ يَمْتَنِعُوا. أَوْ حَفِظْنَاهُمْ مِنْ أَنْ يَخْرُجُوا عَنْ أَمْرِهِ. وَقَدْ قِيلَ: إِنَّ الْحَمَامَ وَالنَّوْرَةَ وَالطَّوَاحِينَ وَالْقَوَارِيرَ وَالصَّابُونَ مِنَ اسْتِخْرَاجِ الشَّيَاطِينِ. [سورة الأنبياء (٢١) : الآيات ٨٣ الى ٨٤] وَأَيُّوبَ إِذْ نَادَى رَبَّهُ أَنِّي مَسَّنِيَ الضُّرُّ وَأَنْتَ أَرْحَمُ الرَّاحِمِينَ (٨٣) فَاسْتَجَبْنا لَهُ فَكَشَفْنا مَا بِهِ مِنْ ضُرٍّ وَآتَيْناهُ أَهْلَهُ وَمِثْلَهُمْ مَعَهُمْ رَحْمَةً مِنْ عِنْدِنا وَذِكْرى لِلْعابِدِينَ (٨٤)
(١). في ك: فمدت. (٢). راجع ج ١٥ ص ١٩٨ فما بعد.

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