À l’exception de Sufyân ibn Ḥusayn – dont la version n’a pas été suivie –, tous les maîtres de la ḥifẓ qui transmettent de az-Zuhrî, parmi lesquels Mâlik, Ibn ‘Uyaynah, Yûnus, Ma‘mar, Ibn Jurayj, az-Zubaydî, ‘Uqayl, Layth ibn Sa‘d, et d’autres encore, l’ont rapporté d’az-Zuhrî en ces termes :
« al-‘Aǧmâ’ ǧubâr, al-bi’ru ǧubâr, al-ma‘dinu ǧubâr »,
et ils n’y ont pas mentionné « ar-riǧlu ǧubâr », ce qui constitue pourtant la formulation correcte.
De même, Abû Ṣâliḥ as-Sammân, ‘Abd ar-Raḥmân al-A‘rağ, Muḥammad ibn Sîrîn, Muḥammad ibn Ziyâd et d’autres l’ont transmis d’Abû Hurayra sans y faire figurer la phrase : « ar-riǧlu ǧubâr », et c’est bien cette version qui est authentiquement conservée d’Abû Hurayra.
Vingt-sixième question –
Sa parole : « al-bi’ru ǧubâr » a été rapportée, dans une autre version, sous la forme : « an-nâru ǧubâr ».
Ad-Dâraquṭnî a dit : Hamza ibn al-Qâsim al-Hâshimî nous a relaté, Hanbal ibn Isḥâq nous a relaté : j’ai entendu Abû ‘Abd Allâh Aḥmad ibn Ḥanbal dire, à propos du ḥadîth d’Abd ar-Razzâq : le ḥadîth d’Abû Hurayra : « an-nâru ǧubâr » n’est rien ; il ne figure pas dans le Livre, il est vain, non authentique.
Muḥammad ibn Muḫlad nous a rapporté, Abû Isḥâq Ibrâhîm ibn Hânî nous a rapporté : j’ai entendu Aḥmad ibn Ḥanbal dire : « Les gens du Yémen écrivent “an-nâr an-nîr” et écrivent “al-bi’r”, c’est-à-dire de manière semblable. C’est seulement qu’on a soufflé à Abd ar-Razzâq la formule : “an-nâru ǧubâr”. »
Ar-Ramâdî rapporte encore : Abd ar-Razzâq a dit, d’après Ma‘mar : « Je ne la vois que comme une inadvertance. »
Abû ‘Umar commente : on tient du Prophète – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui – le ḥadîth transmis par Ma‘mar, d’après Hammâm ibn Munabbih, d’après Abû Hurayra, selon lequel il aurait dit : « an-nâru ǧubâr » ; et Yaḥyâ ibn Ma‘în a affirmé : « L’origine en est “al-bi’ru”, mais Ma‘mar l’a déformé. » Abû ‘Umar rétorque : Ibn Ma‘în n’a fourni aucune preuve pour son assertion, et ce n’est pas ainsi que l’on rejette les ḥadîth de transmetteurs dignes de confiance.
Wakî‘ a rapporté d’après ‘Abd al-‘Azîz ibn Ḥuṣayn, d’après Yaḥyâ ibn Yaḥyâ al-Gassânî :
Un homme mit le feu à un chaume bien sec ; une étincelle s’en échappa jusqu’à brûler quelque chose appartenant à son voisin. Il écrivit alors à ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz. Ibn Ḥuṣayn me transmit la réponse de ce dernier : « Le Messager d’Allâh – paix et bénédictions sur lui – a dit : “al-‘Aǧmâ’ ǧubâr”, et j’estime que le feu est également ǧubâr. »
On a aussi rapporté : « as-Sâ’ima ǧubâr » au lieu de « al-‘Aǧmâ’ ». Tels sont les différents vocables qui se rencontrent dans ce ḥadîth ; à chaque sens correspond un terme authentique, exposé dans l’explication du ḥadîth et dans les ouvrages de fiqh.
Parole du Très-Haut :
« Et Nous avons assujetti, avec Dâwûd, les montagnes qui célébraient (Notre) gloire »
Wahb a dit : « Dâwûd passait en glorifiant Allâh ; les montagnes lui répondaient par la glorification, de même que les oiseaux. »
D’aucuns ont dit : « Lorsque Dâwûd ressentait une lassitude, il ordonnait aux montagnes de célébrer (Allâh), et elles le faisaient. »