Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Abû ʿUbayda dit : le terme « min » a ici le sens de « ʿalâ » (« sur », « contre »). D’autres ont dit : le sens est : « Alors Nous Nous sommes vengés pour lui » « des gens qui avaient traité de mensonge Nos signes ».
« Nous les noyâmes tous sans exception » : c’est-à-dire les petits comme les grands.

[Coran, Sûrat al-Anbiyâʾ (21), versets 78-79]
« Et [rappelle] David et Salomon, lorsque tous deux rendirent jugement au sujet du champ, dans lequel les brebis d’un peuple étaient allées paître de nuit, et Nous fûmes Témoins de leur jugement. Nous en fîmes saisir la solution à Salomon ; mais à chacun Nous accordâmes sagesse et science. Et Nous asservîmes, avec David, les montagnes pour qu’elles célèbrent Nos louanges ainsi que les oiseaux ; et c’est Nous qui agissons. »

Ce passage renferme vingt-six questions.

Première question
Sa parole : « David et Salomon, lorsqu’ils jugeaient » signifie : rappelle-les lorsqu’ils rendirent jugement. Par « lorsqu’ils jugeaient », il ne faut pas entendre qu’ils se réunirent pour prononcer un même verdict ; bien que le texte les rassemble, deux juges ne sauraient statuer ensemble sur une seule affaire. Chacun d’eux porta donc son propre jugement séparément, et c’est Salomon qui en comprit l’issue par l’inspiration qu’Allâh lui accorda.

« Au sujet du ḥarth » : on diverge quant à la nature de ce ḥarth ; certains ont dit qu’il s’agissait d’un champ de céréales (Qatâda), d’autres qu’il s’agissait d’une vigne dont les grappes étaient déjà formées (Ibn Masʿûd et Shurayḥ). Le mot ḥarth peut désigner l’un ou l’autre, mais il convient plus littéralement aux cultures céréalières qu’à la vigne, où il relève davantage de la métaphore.

Deuxième question
Sa parole : « lorsque les brebis du peuple y “nafashat” » : c’est-à-dire qu’elles y pâturèrent de nuit. Le terme nafsh désigne le pâturage nocturne. On dit : « nafashat » la nuit et « hamalat » le jour lorsque les bêtes paissent sans berger. Leur propriétaire les a « anfasha » ; et l’on parle de ibilun nuffâsh pour des chameaux qui errent ainsi. Il est rapporté dans le ḥadîth dʿAbd Allâh b. ʿAmr : « Le grain au Paradis est gros comme la panse d’un chameau ; il passe la nuit “nafishan”, c’est-à-dire en train de pâturer » (rapporté par al-Harawî). Ibn Sîdah ajoute : on ne dit pas « hamal » pour les ovins, le terme est réservé aux chameaux.

Troisième question
Sa parole : « Et Nous fûmes Témoins de leur jugement » prouve que le minimum constitutif d’un « groupe » est deux personnes. D’autres disent : il s’agit des deux juges et de la partie condamnée ; d’où l’emploi du pluriel « leur ».

Quatrième question
Sa parole : « Nous en fîmes comprendre la solution à Salomon » : c’est-à-dire Nous lui fîmes saisir la vérité de l’affaire et la sentence à rendre. Le pronom y renvoie implicitement, l’affaire ayant déjà été évoquée. Le jugement de Salomon se révéla supérieur à celui de son père en ce qu’il préservait le bien de chacun des deux propriétaires, leur laissant à tous deux leurs biens et leurs cœurs sereins ; car David, sur lui la paix, avait estimé qu’il convenait de remettre le troupeau au propriétaire du champ.

Un autre avis veut, au contraire, qu’il remit effectivement les brebis au propriétaire du champ, et le champ au propriétaire des brebis.

قَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: " مِنَ" بِمَعْنَى عَلَى. وَقِيلَ: الْمَعْنَى فَانْتَقَمْنَا لَهُ " مِنَ الْقَوْمِ الَّذِينَ كَذَّبُوا بِآياتِنا" . " فَأَغْرَقْناهُمْ أَجْمَعِينَ" أَيِ الصَّغِيرَ مِنْهُمْ وَالْكَبِيرَ. [سورة الأنبياء (٢١) : الآيات ٧٨ الى ٧٩] وَداوُدَ وَسُلَيْمانَ إِذْ يَحْكُمانِ فِي الْحَرْثِ إِذْ نَفَشَتْ فِيهِ غَنَمُ الْقَوْمِ وَكُنَّا لِحُكْمِهِمْ شاهِدِينَ (٧٨) فَفَهَّمْناها سُلَيْمانَ وَكُلاًّ آتَيْنا حُكْماً وَعِلْماً وَسَخَّرْنا مَعَ داوُدَ الْجِبالَ يُسَبِّحْنَ وَالطَّيْرَ وَكُنَّا فاعِلِينَ (٧٩) فِيهِ سِتٌّ وَعِشْرُونَ مَسْأَلَةً: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَداوُدَ وَسُلَيْمانَ إِذْ يَحْكُمانِ) أَيْ وَاذْكُرْهُمَا إِذْ يَحْكُمَانِ، وَلَمْ يُرِدْ بِقَوْلِهِ " إِذْ يَحْكُمانِ" الِاجْتِمَاعَ فِي الْحُكْمِ وَإِنْ جَمَعَهُمَا فِي الْقَوْلِ، فَإِنَّ حُكْمَيْنِ عَلَى حُكْمٍ وَاحِدٍ لَا يَجُوزُ. وَإِنَّمَا حكم كل واحد منهما على انْفِرَادُهُ، وَكَانَ سُلَيْمَانُ الْفَاهِمَ لَهَا بِتَفْهِيمِ اللَّهِ تَعَالَى إِيَّاهُ: " فِي الْحَرْثِ" اخْتُلِفَ فِيهِ عَلَى قَوْلَيْنِ: فَقِيلَ: كَانَ زَرْعًا، قَالَهُ قَتَادَةُ. وَقِيلَ: كرما نبتت عناقيده، قال ابْنُ مَسْعُودٍ وَشُرَيْحٌ «١» . وَ " الْحَرْثَ" يُقَالُ فِيهِمَا، وَهُوَ فِي الزَّرْعِ أَبْعَدُ مِنَ الِاسْتِعَارَةِ. الثَّانِيَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِذْ نَفَشَتْ فِيهِ غَنَمُ الْقَوْمِ) أَيْ رَعَتْ فِيهِ لَيْلًا، وَالنَّفْشُ الرَّعْيُ بِاللَّيْلِ. يُقَالُ: نَفَشَتْ بِاللَّيْلِ، وَهَمَلَتْ بِالنَّهَارِ، إِذَا رَعَتْ بِلَا رَاعٍ. وَأَنْفَشَهَا صَاحِبُهَا. وَإِبِلٌ نُفَّاشٌ. وَفِي حَدِيثِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو: الْحَبَّةُ فِي الْجَنَّةِ مِثْلَ كَرِشِ الْبَعِيرِ يَبِيتُ نَافِشًا، أَيْ رَاعِيًا، حَكَاهُ الْهَرَوِيُّ. وَقَالَ ابْنُ سِيدَهْ: لَا يُقَالُ الْهَمَلُ فِي الْغَنَمِ وَإِنَّمَا هُوَ فِي الْإِبِلِ: الثَّالِثَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَكُنَّا لِحُكْمِهِمْ شاهِدِينَ) دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ أَقَلَّ الْجَمْعِ اثْنَانِ وَقِيلَ: الْمُرَادُ الْحَاكِمَانِ وَالْمَحْكُومُ عَلَيْهِ، فَلِذَلِكَ قَالَ " لِحُكْمِهِمْ" . الرَّابِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَفَهَّمْناها سُلَيْمانَ) أَيْ فَهَّمْنَاهُ الْقَضِيَّةَ وَالْحُكُومَةَ، فَكَنَّى عَنْهَا إِذْ سَبَقَ مَا يَدُلُّ عَلَيْهَا. وَفَضَلَ حُكْمُ سُلَيْمَانَ حُكْمَ أَبِيهِ في أنه أحرز أن يبقي [ملك «٢» ] كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمَا عَلَى مَتَاعِهِ وَتَبْقَى نَفْسُهُ طَيِّبَةً بِذَلِكَ، وَذَلِكَ أَنَّ دَاوُدَ عَلَيْهِ السَّلَامُ رَأَى أَنْ يَدْفَعَ الْغَنَمَ إِلَى صَاحِبِ الْحَرْثِ. وَقَالَتْ فِرْقَةٌ: بَلْ دَفَعَ الْغَنَمَ إِلَى صَاحِبِ الحرث، والحرث إلى صاحب الغنم.
(١). في ك: سعيد. (٢). من ب وج وز وط وى.

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