« Zayd est sur le gabarit faʿl, ou bien Zayd est un mot de trois lettres ; ainsi, tu n’as pas désigné la personne même, mais par ta prononciation tu as simplement indiqué le terme lui-même. Suivant la même démarche, tu dis : « J’ai prononcé le mot Ibrahim », et ce mot devient alors un véritable complément d’objet, que tu mets au rang d’une expression ou d’une parole ; dès lors, rien n’empêche que le verbe le concernant soit bâti à la forme passive. Telle est l’option retenue par Ibn ʿAṭiyya pour justifier son élévation au nominatif.
L’éminent maître Abû l-Ḥajjâj al-Achbîlî affirme pour sa part qu’il est porté au nominatif par simple négligence syntaxique. Ibn ʿAṭiyya commente : voyant que les diverses explications de cette élévation n’éclaircissaient pas vraiment le sens recherché, il a choisi de le considérer comme élevé sans agent, de la même manière que l’on érige parfois le mot en sujet par pur dépouillement, sans dépendance grammaticale préalable ; de même que l’on dit : « le jeune homme » (al-fatâ) ou « la jeune fille » (al-fatâh).
Ibn ʿAbbâs a déclaré : « Jamais Allah n’a envoyé de Prophète qui ne fût jeune », puis il récita : « Nous avons entendu un jeune homme qui les mentionne… »
Paroles du Très-Haut :
« Ils dirent : Faites-le venir sous les yeux de la foule… »
Ce verset contient un seul point de jurisprudence : Lorsque la nouvelle parvint à Nimrûd et aux notables de son peuple, ils répugnèrent à le saisir sans preuve manifeste et dirent : « Amenez-le au grand jour, à la vue de tout le monde, afin qu’ils le voient ; peut-être témoigneront-ils contre lui de ce qu’il a dit, afin que cela constitue une preuve à charge. »
D’autres ont dit : « …peut-être témoigneront-ils » de son châtiment, afin que personne n’ose plus entreprendre ce qu’il a osé ; ou bien : peut-être des gens témoigneront-ils l’avoir vu briser les idoles ; ou encore : peut-être témoigneront-ils des injures qu’il a proférées contre leurs divinités, afin que l’on sache qu’il mérite la punition.
Je (l’auteur) dis : ce passage prouve qu’à l’époque nul n’était incriminé sur la seule allégation d’autrui, comme l’indique la parole divine : « Faites-le venir sous les yeux des gens, peut-être témoigneront-ils. » Il en est de même dans notre Loi, sans aucune divergence entre les savants.
Versets (21 : 62-63) :
« (62) Ils dirent : Est-ce toi qui as fait cela à nos divinités, ô Ibrahim ? (63) Il répondit : C’est leur plus grand qui l’a fait ; interrogez-les donc, si toutefois ils parlent. »
Paroles du Très-Haut :
« Ils dirent : Est-ce toi qui as fait cela à nos divinités, ô Ibrahim ? »
Quatre questions se posent ici : Premièrement, comme l’audition n’avait pas été générale et qu’aucun témoignage n’était établi, ils l’interrogèrent pour savoir s’il l’avait fait ou non. Le texte comporte une ellipse : lorsque Ibrahim fut amené devant eux, ils lui dirent : « Est-ce toi qui as fait cela aux divinités ? » Ibrahim leur répondit, à titre de preuve contre eux : « Au contraire, c’est leur plus grand qui l’a fait ; il a été jaloux et courroucé de voir que l’on adorât quelqu’un d’autre que lui. »