Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Et par Allah, je ruserai assurément contre vos idoles ».

Il nous informe ainsi qu’Ibrâhîm ne se contenta pas de la polémique verbale ; il alla jusqu’à briser leurs idoles, acte d’un homme confiant en Allah, résolu à endurer toute aversion pour défendre la religion. La lettre ت (ta) dans l’expression تَاللَّهِ est réservée au serment formulé uniquement avec le Nom d’Allah ; la lettre و (wâw) se joint à tout nom explicite, tandis que la lettre ب (bâ) s’emploie aussi bien avec les pronoms qu’avec les noms apparents.

Le poète a dit :
« Par Allah ! Demeure au fil du temps celui qui possède des sommets escarpés,
sur un mont altière où croissent le jasmin sauvage et le myrte. »

Ibn ‘Abbâs a dit : c’est-à-dire « par la sainteté d’Allah, je tramerai un stratagème contre vos idoles », autrement dit : « je comploterai contre elles ». Le terme kayd désigne la ruse ; l’on dit : « Il l’a trompé » ; de même, مَكِيدَة et مُكَايَدَة. La guerre elle-même est parfois appelée kayd ; on dit : « Un tel a lancé un raid sans rencontrer de kayd ». Toute chose que tu travailles à surmonter, tu la « ruses ».

« …après que vous aurez tourné le dos en vous éloignant » : c’est-à-dire partis loin. Ils avaient chaque année une fête où ils se rassemblaient. Ils dirent à Ibrâhîm : « Si seulement tu sortais avec nous à notre fête, ta religion te plairait. » – Ceci est rapporté d’Ibn Mas‘ûd, comme il sera expliqué dans Sûrat aṣ-Ṣâffât. – Ibrâhîm se dit alors intérieurement : « Par Allah, je tramerai un piège contre vos idoles. »

Mujâhid et Qatâdah disent : Ibrâhîm prononça ces mots en secret parmi son peuple ; un seul homme les entendit et les divulgua. Il arrive qu’on rapporte au sujet d’un individu une information au pluriel lorsque ce qu’il rapporte reçoit l’approbation d’autrui ; ainsi dans la parole divine : « Ils disent : “Si nous retournons à Médine, le plus puissant en fera assurément sortir le plus vil.” » (al-Munâfiqûn, 8).

On a dit encore : il prononça la phrase après le départ du peuple ; seuls les faibles restés sur place l’entendirent.

Ibrâhîm avait en effet trouvé un stratagème pour se soustraire à leur sortie en disant : « Je suis malade » (aṣ-Ṣâffât, 89), c’est-à-dire trop faible pour me déplacer.

Parole du Très-Haut :

« Il les réduisit en miettes » : c’est-à-dire en poussière. Le verbe جَذَّ signifie casser, couper ; جَذَذْتُ la chose : je l’ai brisée et morcelée. الجِذاذ et الجُذاذ désignent ce qui en est brisé ; la voyelle ḍamma (u) est plus éloquente que la kasra (i), dit al-Jawharî. Al-Kisâ’î ajoute : on appelle جُذاذ les pépites d’or parce qu’on les concasse.

Al-Kisâ’î, al-A‘mach et Ibn Muḥayṣin ont lu جِذاذًا, avec kasra initiale, c’est-à-dire « en morceaux, en fragments », pluriel de جَذِيذ qui signifie débris, à l’image de خَفِيف / خِفَاف et ظَرِيف / ظِرَاف.

Le poète a dit :
« Il pulvérisa les idoles dans leur sanctuaire ;
c’était pour Allah, le Très-Haut, le Tout-Puissant. »

قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَتَاللَّهِ لَأَكِيدَنَّ أَصْنامَكُمْ) أَخْبَرَ أَنَّهُ لَمْ يَكْتَفِ بِالْمُحَاجَّةِ بِاللِّسَانِ بَلْ كَسَّرَ أَصْنَامَهُمْ فِعْلَ وَاثِقٍ بِاللَّهِ تَعَالَى، مُوَطِّنٍ نَفْسَهُ عَلَى مُقَاسَاةِ الْمَكْرُوهِ فِي الذَّبِّ عَنِ الدِّينِ. وَالتَّاءُ فِي " تَاللَّهِ" تَخْتَصُّ فِي الْقَسَمِ بِاسْمِ اللَّهِ وَحْدَهُ، وَالْوَاوُ تَخْتَصُّ بِكُلِّ مُظْهَرٍ، وَالْبَاءُ بِكُلِّ مضمر ومظهر. قال الشاعر: «١» تَاللَّهِ يَبْقَى عَلَى الْأَيَّامِ ذُو حِيَدٍ ... بِمُشْمَخِرٍّ بِهِ الظَّيَّانُ وَالْآسُ وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: أَيْ وَحُرْمَةُ اللَّهِ لَأَكِيدَنَّ أَصْنَامَكُمْ، أَيْ لَأَمْكُرَنَّ بِهَا. وَالْكَيْدُ الْمَكْرُ. كَادَهُ يَكِيدُهُ كَيْدًا وَمَكِيدَةً، وَكَذَلِكَ الْمُكَايَدَةُ، وَرُبَّمَا سُمِّيَ الْحَرْبُ كَيْدًا، يُقَالُ: غَزَا فلان فلم يلق كيدا، وكل شي تُعَالِجُهُ فَأَنْتَ تَكِيدُهُ. (بَعْدَ أَنْ تُوَلُّوا مُدْبِرِينَ) أَيْ مُنْطَلِقِينَ ذَاهِبِينَ. وَكَانَ لَهُمْ فِي كُلِّ سَنَةٍ عِيدٌ يَجْتَمِعُونَ فِيهِ، فَقَالُوا لِإِبْرَاهِيمَ: لَوْ خَرَجْتَ مَعَنَا إِلَى عِيدِنَا أَعْجَبَكَ دِينُنَا- رُوِيَ ذَلِكَ عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ عَلَى مَا يَأْتِي بَيَانُهُ فِي " وَالصَّافَّاتِ" «٢» - فَقَالَ إِبْرَاهِيمُ فِي نَفْسِهِ: " وَتَاللَّهِ لَأَكِيدَنَّ أَصْنامَكُمْ" . قَالَ مُجَاهِدٌ وَقَتَادَةُ: إِنَّمَا قَالَ ذَلِكَ إِبْرَاهِيمُ فِي سِرٍّ مِنْ قَوْمِهِ، وَلَمْ يَسْمَعْهُ إِلَّا رَجُلٌ وَاحِدٌ وَهُوَ الَّذِي أَفْشَاهُ عَلَيْهِ. وَالْوَاحِدُ يُخْبَرُ عَنْهُ بِخَبَرِ الْجَمْعِ إِذَا كَانَ مَا أَخْبَرَ بِهِ مِمَّا يَرْضَى بِهِ غَيْرُهُ. وَمِثْلُهُ " يَقُولُونَ لَئِنْ رَجَعْنا إِلَى الْمَدِينَةِ لَيُخْرِجَنَّ الْأَعَزُّ مِنْهَا الْأَذَلَّ" «٣» [المنافقون: ٨] . وَقِيلَ: إِنَّمَا قَالَهُ بَعْدَ خُرُوجِ الْقَوْمِ، وَلَمْ يَبْقَ مِنْهُمْ إِلَّا الضُّعَفَاءُ فَهُمُ الَّذِينَ سَمِعُوهُ. وَكَانَ إِبْرَاهِيمُ احْتَالَ فِي التَّخَلُّفِ عَنْهُمْ بِقَوْلِهِ: " إِنِّي سَقِيمٌ" [الصافات: ٨٩] أَيْ ضَعِيفٌ عَنِ الْحَرَكَةِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَجَعَلَهُمْ جُذاذاً) أَيْ فُتَاتًا. وَالْجَذُّ الْكَسْرُ وَالْقَطْعُ، جَذَذْتُ الشَّيْءَ كَسَرْتُهُ وَقَطَّعْتُهُ. وَالْجِذَاذُ وَالْجُذَاذُ مَا كُسِرَ مِنْهُ، وَالضَّمُّ أَفْصَحُ مِنْ كَسْرِهِ. قَالَهُ الْجَوْهَرِيُّ. الْكِسَائِيُّ: وَيُقَالُ لِحِجَارَةِ الذَّهَبِ جُذَاذٌ، لِأَنَّهَا تُكْسَرُ. وَقَرَأَ الْكِسَائِيُّ وَالْأَعْمَشُ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ: " جِذَاذًا" بِكَسْرِ الْجِيمِ، أَيْ كِسَرًا وَقِطَعًا جَمْعُ جَذِيذٍ وَهُوَ الْهَشِيمُ، مِثْلَ خَفِيفٍ وَخِفَافٍ وَظَرِيفٍ وَظِرَافٍ. قَالَ الشاعر: جَذَّذَ الْأَصْنَامَ فِي مِحْرَابِهَا ... ذَاكَ فِي اللَّهِ العلي المقتدر
(١). هو مالك بن خالد الخناعي الهذلي. وحيد هنا (كعنب): كل نتوء في الجبل. والمشمخر: الجبل العالي. والظبان: ياسمين البر. والمعنى: لا يبقى. (٢). راجع ج ١٥ ص ٩٤. (٣). راجع ج ١٨ ص ١٢٩.

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