[Sourate Al-Anbiyâ’ (21) : versets 48 à 50]
48 – Certes, Nous avons donné à Moûsâ et Hârûn le Furqân, ainsi qu’une lumière et un Rappel, pour les pieux ;
49 – ceux qui craignent leur Seigneur en l’Invisible et qui redoutent l’Heure ;
50 – et ceci est un Rappel béni que Nous avons fait descendre. Allez-vous donc le renier ?
Parole du Très-Haut :
« Nous avons certes donné à Moûsâ et Hârûn le Furqân et une lumière. »
Il a été rapporté d’Ibn ‘Abbâs et de ‘Ikrima qu’ils lisent : « le Furqân – lumière », sans conjonction, à valeur de proposition circonstancielle. Al-Farrâ’ a prétendu que l’omission ou la présence de la conjonction équivaut, tout comme dans la Parole d’Allah – exalté soit-Il : « Nous avons certes orné le ciel le plus proche d’un ornement : les étoiles … et d’une protection » (As-Sâffât, 6-7), c’est-à-dire « d’une protection ». Az-Zajjâj a réfuté cette opinion en disant : « La conjonction vient pour un sens précis, elle n’est donc pas superflue. »
Il a expliqué que le terme « Furqân » désigne la Thora, parce qu’elle contient la distinction entre le licite et l’illicite. Quant à « lumière », cela s’apparente à Sa Parole : « où se trouvent une guidée et une lumière ». Ibn Zayd, pour sa part, a dit : ici, le « Furqân » signifie la victoire sur les ennemis ; la preuve en est la Parole du Très-Haut : « … ce que Nous avons fait descendre sur Notre serviteur, le jour du Furqân » (Al-Anfâl, 41), c’est-à-dire le jour de Badr. Ath-Tha‘labî déclare : « Cette dernière explication est plus conforme au sens apparent du verset, du fait de la présence de la conjonction dans “lumière” ; le sens serait donc : “Nous avons accordé à Moûsâ et Hârûn la victoire, ainsi que la Thora, laquelle est la lumière et le rappel”. »
« pour les pieux, ceux qui craignent leur Seigneur en l’Invisible » : c’est-à-dire en Son absence, car ils ne L’ont pas vu ; toutefois, au moyen de la réflexion et de la déduction, ils ont su qu’ils avaient un Seigneur Tout-Puissant qui rétribue les actes ; ils Le redoutent donc dans leurs for-intérieurs et dans leurs moments d’isolement où ils sont à l’écart des gens.
« et ils sont, pour l’Heure, craintifs » : c’est-à-dire anxieux et effrayés qu’elle survienne avant qu’ils ne se repentent.
« Et ceci est un Rappel béni que Nous avons fait descendre. Allez-vous donc le renier, ô assemblée des Arabes, alors qu’il est inimitable et que vous êtes incapables d’en produire l’équivalent ? » Al-Farrâ’ a jugé recevable la lecture : « Et ceci est un Rappel béni que Nous avons révélé », c’est-à-dire : Nous l’avons fait descendre empreint de bénédiction.
[Sourate Al-Anbiyâ’ (21) : versets 51 à 56]
51 – Nous avons certes accordé auparavant à Ibrâhîm sa rectitude, et Nous le connaissions parfaitement ;
52 – lorsqu’il dit à son père et à son peuple : « Quelles sont ces effigies auprès desquelles vous demeurez attachés ? » ;
53 – ils répondirent : « Nous avons trouvé nos ancêtres les adorant. » ;
54 – il dit : « Vous étiez, vous et vos ancêtres, dans un égarement manifeste. » ;
55 – ils dirent : « Viens-tu à nous avec la vérité, ou es-tu de ceux qui plaisantent ? » ;
56 – il répondit : « Bien au contraire ! Votre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre, Celui qui les a créés, et j’en suis, parmi vous, un témoin. »