Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Sa parole — Exalté soit-Il :

« Dis : Qui vous veille et vous protège ? »

Il s’agit de celui qui vous garde et vous préserve. Le terme kalâ’ah désigne la garde et la protection ; l’on dit : kalāhu-Llâhu kilā’an (avec kasra), c’est-à-dire : Il l’a protégé et veillé sur lui.

On dit encore : « Va sous la protection (kilā’ah) d’Allâh » ; et : « iktala’tu minhum », c’est-à-dire : je me suis mis en sûreté loin d’eux. Le poète Ibn Hurmah a dit :
« Par Allâh, Sulaymâ qu’Il la garde…
Elle s’est montrée avare d’une chose
Qui pourtant ne l’eût point lésée. »

Un autre a dit :
« J’ai fait agenouiller mon chameau
Et me suis mis entièrement en sécurité. »

Al-Kisâ’î et al-Far­râ’ rapportent la lecture : « qul man yakla’ukum » avec la lâm voyellée fatḥa et la wâw muette, et rapportent également « man yaklâkum », la hamza y étant allégée dans les deux formes. La lecture reconnue cependant maintient la hamza selon la récitation de la majorité. Quant à « yaklâkum », c’est fautif pour deux raisons, comme l’a relevé an-Naḥḥâs : premièrement, le remplacement de la hamza ne se fait normalement qu’en poésie ; deuxièmement, ils conjuguent en outre le passé « kul­yituh ».

On a dit ensuite : l’énoncé prend la forme interrogative alors que l’intention est la négation. Autrement dit : « Dis : Il n’est pour vous aucun gardien, ni la nuit — lorsque vous dormez —, ni le jour — lorsque vous vaquez à vos affaires —, qui puisse vous préserver
« contre le Tout-Miséricordieux », c’est-à-dire contre Son châtiment et Son courroux, comme dans Sa parole : « Qui alors me secourra contre Allâh ? » [Hûd : 63], c’est-à-dire contre le châtiment d’Allâh.

Cette interpellation s’adresse à ceux d’entre eux qui reconnaissent l’existence du Créateur : puisque vous admettez qu’Il est le Créateur, Il est donc parfaitement capable de faire descendre sur vous le supplice que vous réclamez avec empressement.

« Mais eux, ils se détournent du Rappel de leur Seigneur », c’est-à-dire du Coran. D’autres ont dit : de Ses exhortations ; d’autres encore : de Sa connaissance.

« … se détournent », absorbés, insouciants.

Sa parole — Exalté soit-Il :

« Ont-ils donc des divinités ? » Le sens est : leur appartient-il des divinités — le mîm n’étant qu’un appendice.

« … qui puissent les protéger en dehors de Nous », c’est-à-dire contre Notre châtiment.

« Elles ne sauraient même pas se secourir elles-mêmes », à savoir ces êtres que ces négateurs prétendent leurs alliés ; comment, dès lors, secourraient-elles leurs adorateurs ?

« … et ils ne sont point escortés par Nous » — Ibn ‘Abbâs a dit : c’est-à-dire : protégés ; d’après lui encore : mis à l’abri, ce qu’a retenu aṭ-Ṭabarî. Les Arabes disent : « Je suis pour toi un jār (protecteur) et ṣâḥib (compagnon) contre untel », c’est-à-dire un garant qui te mettra en sûreté.

Le poète a dit :
« Il crie de toute sa voix, cherchant protection,
Pour qu’on le prenne sous escorte, alors que les lances le frôlent. »

قوله تعالى: (قُلْ مَنْ يَكْلَؤُكُمْ) يَحْرُسُكُمْ وَيَحْفَظُكُمْ. وَالْكَلَاءَةُ الْحِرَاسَةُ وَالْحِفْظُ، كَلَأَهُ اللَّهُ كِلَاءً (بِالْكَسْرِ) أَيْ حَفِظَهُ وَحَرَسَهُ. يُقَالُ: اذْهَبْ فِي كِلَاءَةِ اللَّهِ، وَاكْتَلَأْتُ مِنْهُمْ أَيِ احْتَرَسْتُ، قَالَ الشَّاعِرُ هُوَ ابْنُ هَرْمَةَ: إِنَّ سُلَيْمَى وَاللَّهُ يَكْلَؤُهَا ... ضَنَّتْ بِشَيْءٍ مَا كَانَ يَرْزَؤُهَا وقال آخر: «١» أَنَخْتُ بَعِيرِي وَاكْتَلَأْتُ بِعَيْنِهِ وَحَكَى الْكِسَائِيُّ وَالْفَرَّاءُ " قُلْ مَنْ يَكْلَؤُكُمْ" بِفَتْحِ اللَّامِ وَإِسْكَانِ الْوَاوِ. وَحَكَيَا " مَنْ يَكْلَاكُمْ" عَلَى تَخْفِيفِ الْهَمْزَةِ فِي الْوَجْهَيْنِ، وَالْمَعْرُوفُ تَحْقِيقُ الْهَمْزَةِ وَهِيَ قِرَاءَةُ الْعَامَّةِ. فَأَمَّا " يَكْلَاكُمْ" فَخَطَأٌ مِنْ وَجْهَيْنِ فِيمَا ذَكَرَهُ النحاس: أحدهما: أن بدل الهمزة إنما يَكُونُ فِي الشِّعْرِ. وَالثَّانِي: أَنَّهُمَا يَقُولَانِ فِي الماضي كُلْيَتِهِ. ثُمَّ قِيلَ: مَخْرَجُ اللَّفْظِ مَخْرَجُ الِاسْتِفْهَامِ وَالْمُرَادُ بِهِ النَّفْيُ. وَتَقْدِيرُهُ: قُلْ لَا حَافِظَ لكم (بِاللَّيْلِ) إذا نمتم (وَ) ب (النَّهارِ) إِذَا قُمْتُمْ وَتَصَرَّفْتُمْ فِي أُمُورِكُمْ. (مِنَ الرَّحْمنِ) أَيْ مِنْ عَذَابِهِ وَبَأْسِهِ، كَقَوْلِهِ تَعَالَى: " فَمَنْ ينصرني من الله" «٢» [هود: ٦٣] أَيْ مِنْ عَذَابِ اللَّهِ. وَالْخِطَابُ لِمَنِ اعْتَرَفَ مِنْهُمْ بِالصَّانِعِ، أَيْ إِذَا أَقْرَرْتُمْ بِأَنَّهُ الْخَالِقُ، فَهُوَ الْقَادِرُ عَلَى إِحْلَالِ الْعَذَابِ الَّذِي تَسْتَعْجِلُونَهُ. (بَلْ هُمْ عَنْ ذِكْرِ رَبِّهِمْ) أَيْ عَنِ الْقُرْآنِ. وَقِيلَ: عَنْ مَوَاعِظِ رَبِّهِمْ وَقِيلَ: عَنْ مَعْرِفَتِهِ. (مُعْرِضُونَ) لَاهُونَ غَافِلُونَ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَمْ لَهُمْ آلِهَةٌ) الْمَعْنَى: أَلَهُمْ وَالْمِيمُ صِلَةٌ. (تَمْنَعُهُمْ مِنْ دُونِنا) أَيْ مِنْ عَذَابِنَا. (لَا يَسْتَطِيعُونَ) يَعْنِي الَّذِينَ زَعَمَ هَؤُلَاءِ الْكُفَّارُ أَنَّهُمْ يَنْصُرُونَهُمْ لَا يَسْتَطِيعُونَ (نَصْرَ أَنْفُسِهِمْ) فَكَيْفَ يَنْصُرُونَ عَابِدِيهِمْ. (وَلا هُمْ مِنَّا يُصْحَبُونَ) قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: يُمْنَعُونَ. وَعَنْهُ: يُجَارُونَ، وَهُوَ اخْتِيَارُ الطَّبَرِيِّ. تَقُولُ الْعَرَبُ: أَنَا لَكَ جَارٌ وَصَاحِبٌ مِنْ فُلَانٍ، أَيْ مُجِيرٌ مِنْهُ، قَالَ الشَّاعِرُ: يُنَادِي بِأَعْلَى صوته متعوذا ... ليصحب منها والرماح دواني
(١). هو كعب بن زهير وعجزه. وآمرت نفسي أي أمري أفعل (٢). راجع ج ٩ ص ٥٨ فما بعد.

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