Adam – paix sur lui – contempla les fruits du Paradis ; lorsque (l’âme) parvint à son ventre, il éprouva le désir de manger. Avant même que le souffle vital n’atteigne ses jambes, il se précipita, dans son empressement, vers les fruits du Paradis. C’est à cela que fait allusion la Parole du Très-Haut : « L’homme a été créé d’impatience. »
On a également dit : Adam fut créé un vendredi, à la fin du jour ; lorsque Allah anima sa tête, il s’impatienta et voulut que l’insufflation de l’âme s’achève avant le coucher du soleil. C’est l’opinion rapportée d’Al-Kalbî, de Mujâhid et d’autres encore.
Abû ʿUbayda, ainsi que de nombreux spécialistes de la langue, soutiennent que le mot « ʿajal » signifie « argile » dans le dialecte des Himyarites. Ils récitent ce vers : « Les palmiers poussent entre l’eau et l’argile (al-ʿajal). »
D’autres disent que le terme « l’homme » vise l’ensemble des gens. D’autres encore – d’après l’exégèse d’Ibn ʿAbbâs – estiment qu’il désigne An-Naḍr b. Al-Ḥârith b. ʿAlqama b. Kalada b. ʿAbd ad-Dâr ; celui qui a été façonné d’une argile vile ne saurait tourner en dérision les signes d’Allah et Ses messagers.
Il a également été avancé qu’il s’agit d’une inversion : « l’impatience a été créée à partir de l’homme », thèse qu’Abû ʿUbayda défend. Al-Naḥḥâs rétorque toutefois qu’il n’est pas convenable d’introduire un tel procédé dans le Livre d’Allah ; l’inversion n’apparaît en poésie que par nécessité, comme dans le vers : « L’adultère était (punissable de) la lapidation » ; similaire est le verset : « L’homme est, par nature, hâtif » (Al-Isrâ’, 11), déjà évoqué dans la sourate « Subḥâna ».
« Je vous montrerai Mes signes ; ne M’en pressez donc point » confirme la première opinion : la hâte est bien inhérente à l’homme ; il a été créé d’une nature qui peine à se maîtriser, comme l’a dit – paix sur lui – le Prophète, selon ce qui précède dans « Subḥâna ». Les « signes » désignent ici les miracles attestant la véracité de Muḥammad – paix et bénédictions sur lui – ainsi que la fin louable qu’Allah lui a réservée.
D’autres affirment que ces « signes » renvoient au châtiment qu’ils réclamaient, lorsqu’ils disaient : « Quand viendra donc cette promesse ? » (Yûnus, 48), sans savoir que toute chose a un terme fixé. Le verset fut révélé au sujet d’An-Naḍr b. Al-Ḥârith, tout comme Sa parole : « Si cela est la vérité… » (Al-Anfâl, 32).
Selon Al-Akhfash Saʿîd, le sens de « L’homme a été créé d’impatience » est : il lui fut dit « Sois ! », et il fut. Le commandement « Ne M’en pressez donc point » signifie alors : Celui qui dit à une chose « Sois ! » et elle est, n’est nullement impuissant à manifester les signes qu’ils veulent hâter.
« Ils disent : “Quand donc adviendra cette promesse ?” » désigne l’événement annoncé ; de même que l’on dit : « Allah est notre espoir », c’est-à-dire Celui en qui nous plaçons notre attente. Certains expliquent que le « promis » vise ici la menace – le châtiment promis ; d’autres y voient la Résurrection elle-même. « Si vous êtes véridiques, ô communauté des croyants ! »