Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et Sa parole :
« elle anéantit toute chose » [Al-Aḥqāf : 25].
L’opinion la plus juste est qu’il faut entendre cette formule dans toute sa généralité, en raison de la parole du Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui : « Toute chose a été créée à partir de l’eau ». Allah est plus savant.

« Ne croiront-ils donc pas ? » (v. 30) : c’est-à-dire, ne confirmeront-ils pas ce qu’ils voient de leurs propres yeux, à savoir que tout cela n’est pas advenu de lui-même, mais qu’il existe bien un Créateur qui l’a formé, un Ordonnateur qui l’a fait exister, et qu’il est impossible que ce Créateur soit, Lui-même, créé.

Sa parole, exalté soit-Il :
« Et Nous avons placé sur la terre des assises » : c’est-à-dire des montagnes fermement établies ;
« afin qu’elle ne vacille pas avec eux » : autrement dit, pour qu’elle ne penche ni ne se mette en mouvement, de sorte que la stabilité y soit assurée ; tel est l’avis des grammairiens de Kūfa. Ceux de Baṣra disent : le sens est « par crainte qu’elle ne vacille ». Le terme mayd désigne le mouvement et la rotation ; on dit : « māda ra’suhu », sa tête a tourné. Ce point a été traité de façon détaillée dans la sourate « An-Naḥl ».

« Et Nous y avons ménagé des passes » : c’est-à-dire à l’intérieur même des montagnes, selon Ibn ʿAbbās. Les fijāj sont des voies de passage ; al-fajj est la large route qui s’ouvre entre deux montagnes.
D’autres ont dit : « Nous avons ménagé dans la terre des passes » — autrement dit des sentiers —, et c’est l’opinion choisie par At-Ṭabarī, sur la base de Sa parole :
« afin qu’ils soient guidés », c’est-à-dire guidés dans leurs déplacements à travers la terre.

« Des routes » vient expliciter le terme fijāj, car un fajj peut être un chemin ouvert et praticable ou ne pas l’être.
Il a aussi été dit : pour qu’ils soient guidés, par la méditation de ces signes, vers leur religion.

Sa parole, exalté soit-Il :
« Et Nous avons fait du ciel un toit préservé » : c’est-à-dire préservé de tomber et de s’effondrer sur la terre, comme l’atteste Sa parole : « Il retient le ciel pour qu’il ne tombe pas sur la terre, sauf par Sa permission » [Al-Ḥajj : 65].

Il a été dit encore : préservé, grâce aux étoiles, contre les démons, selon Al-Farrā’. Preuve en est Sa parole : « Nous l’avons protégé contre tout démon réprouvé » [Al-Ḥijr : 17].

D’autres ont dit : préservé de toute destruction, de toute ruine, et hors d’atteinte de quiconque tenterait de l’atteindre par quelque stratagème.

Il a été dit aussi : préservé, de sorte qu’il n’a nul besoin de piliers.

Mujāhid a dit : élevé.

D’autres ont dit : préservé de l’association et des désobéissances.

« Et eux », c’est-à-dire les mécréants,
« se détournent de ses signes » : Mujāhid explique qu’il s’agit du soleil et de la lune. Les signes sont attribués au ciel parce qu’ils y sont placés ; ailleurs, ces signes sont attribués à Allah Lui-même, car c’est Lui qui les a produits. Il montre ainsi que les polythéistes se sont détournés de la contemplation des cieux et de leurs signes : la nuit et le jour, le soleil et la lune, les sphères, les vents, les nuages et tout ce qu’ils recèlent de la puissance d’Allah Très-Haut. S’ils avaient observé et médité, ils auraient su qu’ils relèvent d’un Unique Créateur, Omnipotent, et il serait alors impensable qu’Il ait un associé.

وقوله: " تُدَمِّرُ كُلَّ شَيْءٍ" «١» [الأحقاف: ٢٥] والصحيح العموم، لقوله عليه السلام: (كل شي خُلِقَ مِنَ الْمَاءِ) وَاللَّهُ أَعْلَمُ. (أَفَلا يُؤْمِنُونَ) ٣٠ أَيْ أَفَلَا يُصَدِّقُونَ بِمَا يُشَاهِدُونَ، وَأَنَّ ذَلِكَ لَمْ يَكُنْ بِنَفْسِهِ، بَلْ لِمُكَوِّنٍ كَوَّنَهُ، وَمُدَبِّرٍ أَوْجَدَهُ، وَلَا يَجُوزُ أَنْ يَكُونَ ذَلِكَ الْمُكَوِّنُ مُحْدَثًا. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَجَعَلْنا فِي الْأَرْضِ رَواسِيَ) أَيْ جِبَالًا ثَوَابِتَ. (أَنْ تَمِيدَ بِهِمْ) أَيْ لِئَلَّا تَمِيدَ بِهِمْ، وَلَا تَتَحَرَّكَ لِيَتِمَّ الْقَرَارُ عَلَيْهَا، قَالَهُ الْكُوفِيُّونَ. وَقَالَ الْبَصْرِيُّونَ: الْمَعْنَى كَرَاهِيَةَ أَنْ تَمِيدَ. وَالْمَيْدُ التَّحَرُّكُ وَالدَّوَرَانُ. يُقَالُ: مَادَ رَأْسُهُ، أَيْ دَارَ. وَمَضَى فِي " النَّحْلِ" «٢» مُسْتَوْفًى. (وَجَعَلْنا فِيها فِجاجاً) يَعْنِي فِي الرَّوَاسِي، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ. وَالْفِجَاجُ الْمَسَالِكُ. وَالْفَجُّ الطَّرِيقُ الْوَاسِعُ بَيْنَ الْجَبَلَيْنِ. وَقِيلَ: وَجَعَلْنَا فِي الْأَرْضِ فِجَاجًا أي مسالك، وهو اختيار الطبري، لقوله: (لَعَلَّهُمْ يَهْتَدُونَ) أي يهتدون إلى السير في الأرض. (سُبُلًا) تَفْسِيرُ الْفِجَاجِ، لِأَنَّ الْفَجَّ قَدْ يَكُونُ طَرِيقًا نَافِذًا مَسْلُوكًا وَقَدْ لَا يَكُونُ. وَقِيلَ: لِيَهْتَدُوا بِالِاعْتِبَارِ بِهَا إِلَى دِينِهِمْ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَجَعَلْنَا السَّماءَ سَقْفاً مَحْفُوظاً) أَيْ مَحْفُوظًا مِنْ أَنْ يَقَعَ وَيَسْقُطَ عَلَى الْأَرْضِ، دَلِيلُهُ قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَيُمْسِكُ السَّماءَ أَنْ تَقَعَ عَلَى الْأَرْضِ إِلَّا بِإِذْنِهِ" «٣» [الحج: ٦٥] . وَقِيلَ: مَحْفُوظًا بِالنُّجُومِ مِنَ الشَّيَاطِينِ، قَالَهُ الْفَرَّاءُ. دَلِيلُهُ قَوْلُهُ تَعَالَى: " وَحَفِظْناها مِنْ كُلِّ شَيْطانٍ رَجِيمٍ" «٤» [الحجر: ١٧] . وَقِيلَ: مَحْفُوظًا مِنَ الْهَدْمِ وَالنَّقْضِ، وَعَنْ أَنْ يَبْلُغَهُ أَحَدٌ بِحِيلَةٍ. وَقِيلَ: مَحْفُوظًا فَلَا يَحْتَاجُ إِلَى عِمَادٍ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: مَرْفُوعًا. وَقِيلَ: مَحْفُوظًا مِنَ الشِّرْكِ وَالْمَعَاصِي. (وَهُمْ) يَعْنِي الْكُفَّارَ (عَنْ آياتِها مُعْرِضُونَ) قَالَ مُجَاهِدٌ: يَعْنِي الشَّمْسَ وَالْقَمَرَ. وَأَضَافَ الْآيَاتِ إِلَى السَّمَاءِ لِأَنَّهَا مَجْعُولَةٌ فِيهَا، وَقَدْ أَضَافَ الْآيَاتِ إِلَى نَفْسِهِ فِي مَوَاضِعَ، لِأَنَّهُ الْفَاعِلُ لَهَا. بَيَّنَ أَنَّ الْمُشْرِكِينَ غَفَلُوا عن النظر في السموات وَآيَاتِهَا، مِنْ لَيْلِهَا وَنَهَارِهَا، وَشَمْسِهَا وَقَمَرِهَا، وَأَفْلَاكِهَا وَرِيَاحِهَا وَسَحَابِهَا، وَمَا فِيهَا مِنْ قُدْرَةِ اللَّهِ تَعَالَى، إِذْ لَوْ نَظَرُوا وَاعْتَبَرُوا لَعَلِمُوا أَنَّ لها صانعا قادرا واحدا فيستحيل أن يكون له شريك.
(١). راجع ج ١٦ ص ٢٠٥ فما بعد. (٢). راجع ج ١٠ ص ٩٠ وص ١٠. (٣). راجع ج ١٢ ص ٩٢ فما بعد. (٤). راجع ج ١٠ ص ٩٠ وص ١٠.

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