Sous cet angle, dans quel Livre cette vérité a-t-elle été révélée ? Dans le Coran ou dans les Écritures descendues aux autres prophètes ?
« Ceci est le rappel de ceux qui sont avec moi » : l’affirmation exclusive de l’Unicité (at-Tawḥîd) contenue dans le Coran ; « et le rappel de ceux qui m’ont précédé » : celui consigné dans la Torah, l’Évangile et l’ensemble des Livres qu’Allâh a révélés. Examinez donc : trouvez-vous, dans l’un quelconque de ces Livres, qu’Allâh ait jamais ordonné de prendre d’autres divinités que Lui ? Les législations n’ont jamais divergé quant à la doctrine de l’Unicité ; leurs différences ne portent que sur les prescriptions et les interdictions.
Qatâda a dit : l’allusion renvoie au Coran. Le sens est : « Ceci est le rappel de ceux qui sont avec moi » – à savoir ce qui leur incombe en matière de licite (ḥalâl) et d’illicite (ḥarâm) ; « et le rappel de ceux qui m’ont précédé » – c’est-à-dire des communautés antérieures, celles qui ont été sauvées par la foi et celles qui ont péri par le shirk.
D’autres ont dit : « le rappel de ceux qui sont avec moi » concerne la récompense qui les attend pour leur foi et le châtiment réservé à leur mécréance ; « et le rappel de ceux qui m’ont précédé » se rapporte aux peuples révolus, à ce qui leur a été infligé ici-bas et à ce qui leur sera infligé dans l’Au-delà.
Il a encore été dit que ces paroles expriment une menace et un avertissement : « Faites donc ce que vous voulez ; bientôt le voile se lèvera ».
Abû Ḥâtim rapporte que Yaḥyâ ibn Ya‘mar et Ṭalḥa ibn Muṣarrif ont récité : « hâdhâ dhikru man ma‘iya wa-dhikru man qablî » en prononçant la tanwîn et en cassant la mîm, et il estime que cette lecture est infondée.
Abû Isḥâq az-Zajjâj commente cette variante : « Le sens en serait : ceci est un rappel tiré de ce qui m’a été révélé, de ce qui est avec moi, et un rappel venant d’avant moi. »
D’autres expliquent : « un rappel qui existait avant moi », c’est-à-dire : « Je suis venu avec ce qu’avaient apporté les prophètes avant moi. »
« Mais la plupart d’entre eux ne connaissent pas la vérité ». Ibn Muḥayṣin et al-Ḥasan ont récité « al-ḥaqqu » au nominatif : « Il est la Vérité ; ceci est la Vérité ». Dans cette lecture, on s’arrête sur « lā ya‘lamûn » ; on ne s’y arrête pas si l’on lit le mot à l’accusatif.
« Ils s’en détournent » : ils se détournent de la Vérité, à savoir le Coran, et ne méditent pas la preuve du Tawḥîd.
[Coran, S. al-Anbiyâ’ (21), v. 25]
« Nous n’avons envoyé avant toi aucun Messager sans lui révéler : “Il n’y a de divinité que Moi ; adorez-Moi.” » (v. 25)
I – Parole du Très-Haut :
« Nous n’avons envoyé avant toi aucun messager sans [lui] révéler ».
Dans la lecture de Ḥafṣ, Ḥamza et al-Kisâ’î, on lit « nûḥî ilayhi » avec le nûn, conformément à « arsalnâ » (« Nous avons envoyé »).
« Qu’en vérité il n’y a de dieu que Moi ; adorez-Moi. » Autrement dit, Nous avons dit à tous : « Lâ ilâha illâ Allâh ». La raison atteste qu’Il n’a pas d’associé, la transmission authentique provenant de l’ensemble des prophètes en témoigne ; or la preuve est soit rationnelle, soit scripturaire.
Qatâda a déclaré : « Jamais un prophète n’a été envoyé si ce n’est avec la proclamation de l’Unicité, tandis que les législations divergent dans la Torah, l’Évangile et le Coran ; toutes, cependant, reposent sur la sincérité et l’Unicité. »