Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ni Feu, ni mort, ni résurrection, ni reddition des comptes.

Et l’on a dit : « Si Nous avions voulu adopter un enfant, c’est par voie d’adoption que Nous l’aurions pris auprès de Nous, parmi les anges. » Certains exégètes ont penché vers cette explication, car la volonté peut se rapporter à l’adoption, alors que le fait d’engendrer réellement un enfant est impossible ; or la volonté ne se rapporte pas à l’impossible. C’est ce qu’a rapporté al-Qushayrî.

Parole du Très-Haut :

« Au contraire, Nous projetons la Vérité contre le faux » :
le terme qadhf signifie « lancer », c’est-à-dire que Nous lançons la Vérité contre le faux.

« et elle l’anéantit »,
c’est-à-dire qu’elle le domine et le fait périr. Le verbe « damagha » désigne originellement le fait d’ouvrir le crâne jusqu’au cerveau ; d’où le nom « ad-dāmiğah ».

Ici, la Vérité est le Coran, tandis que le faux est Satan, selon l’exégèse de Mujāhid qui a dit : « Tout ce que le Coran qualifie de “faux” renvoie à Satan. »

D’autres ont dit : le faux désigne leurs mensonges et le fait qu’ils attribuent à Allah – qu’Il soit exalté – des qualificatifs indignes de Lui, tels que la prétention qu’Il aurait un enfant.

D’autres encore ont dit : la Vérité est la preuve irréfutable et le faux leurs ambiguïtés.

Ou encore : la Vérité correspond aux exhortations, et le faux aux actes de désobéissance ; ces significations sont proches, car le Coran renferme à la fois preuve et exhortation.

« et voilà qu’il disparaît »,
c’est-à-dire qu’il est détruit et anéanti, selon Qatâdah.

« Malheur à vous »,
c’est-à-dire le châtiment dans l’au-delà, pour avoir attribué au Seigneur ce qu’il ne convient pas de Lui attribuer.

Ibn ‘Abbâs a dit : le « malheur » est une vallée en Enfer – il en a déjà été question.

« pour ce que vous déclarez »,
c’est-à-dire pour les mensonges que vous proférez, d’après Qatâdah et Mujâhid, à l’instar de la parole divine : « Il les rétribuera pour leurs propos » (al-An‘âm : 139), c’est-à-dire pour leur mensonge.

Il a aussi été dit : « pour ce que vous déclarez » : pour avoir attribué à Allah ce qui est impossible, à savoir qu’Il se serait adjoint un enfant.

(Sourate al-Anbiyâ’ [21] : versets 19 à 21)

« À Lui appartient tout être qui est dans les cieux et sur la terre ; ceux qui sont auprès de Lui ne s’enorgueillissent pas de L’adorer et ne s’épuisent pas,
ils Le glorifient nuit et jour sans jamais faiblir.
Ont-ils pris des divinités issues de la terre, qui feraient ressusciter les morts ? »

Parole du Très-Haut :

« À Lui appartient tout être qui est dans les cieux et sur la terre » :
cela signifie possession et création ; comment serait-il donc permis d’associer à Lui ce qui n’est que Sa créature et Son serviteur ?

« et ceux qui sont auprès de Lui »,
c’est-à-dire les anges que vous prétendez être les filles d’Allah.

« ne s’enorgueillissent pas »,
c’est-à-dire ne se refusent pas

« à L’adorer »
et à s’humilier devant Lui ;

« et ne s’épuisent pas »,
c’est-à-dire ne se lassent pas, dit Qatâdah. Le terme provient de ḥasîr, le chameau épuisé, exténué par la fatigue. On dit : ḥasara al-ba‘îr, yaḥsiru ḥusûran, lorsque le chameau s’épuise et fléchit ; istahsara et taḥassara ont le même sens ; ḥasartuhu moi-même signifie « je l’ai épuisé », transitif ou intransitif.

وَلَا نَارًا وَلَا مَوْتًا وَلَا بَعْثًا وَلَا حِسَابًا. وَقِيلَ: لَوْ أَرَدْنَا أَنْ نَتَّخِذَ وَلَدًا عَلَى طَرِيقِ التَّبَنِّي لَاتَّخَذْنَاهُ مِنْ عِنْدِنَا مِنَ الْمَلَائِكَةِ. وَمَالَ إِلَى هَذَا قَوْمٌ، لِأَنَّ الْإِرَادَةَ قَدْ تَتَعَلَّقُ بِالتَّبَنِّي فَأَمَّا اتِّخَاذُ الْوَلَدِ فَهُوَ مُحَالٌ، وَالْإِرَادَةُ لَا تَتَعَلَّقُ بِالْمُسْتَحِيلِ، ذَكَرَهُ الْقُشَيْرِيُّ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (بَلْ نَقْذِفُ بِالْحَقِّ عَلَى الْباطِلِ) الْقَذْفُ الرَّمْيُ، أَيْ نَرْمِي بِالْحَقِّ عَلَى الْبَاطِلِ. (فَيَدْمَغُهُ) أَيْ يَقْهَرُهُ وَيُهْلِكُهُ. وَأَصْلُ الدَّمْغِ شَجُّ الرَّأْسِ حَتَّى يَبْلُغَ الدِّمَاغَ، وَمِنْهُ الدَّامِغَةُ «١» . وَالْحَقُّ هُنَا الْقُرْآنُ، وَالْبَاطِلُ الشَّيْطَانُ فِي قَوْلِ مُجَاهِدٍ، قَالَ: وَكُلُّ مَا فِي الْقُرْآنِ مِنَ الْبَاطِلِ فَهُوَ الشَّيْطَانُ. وَقِيلَ: الْبَاطِلُ كَذِبُهُمْ وَوَصْفُهُمُ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ بِغَيْرِ صِفَاتِهِ مِنَ الْوَلَدِ وَغَيْرِهِ. وَقِيلَ: أَرَادَ بِالْحَقِّ الْحُجَّةَ، وَبِالْبَاطِلِ شُبَهَهُمْ. وَقِيلَ: الْحَقُّ الْمَوَاعِظُ، وَالْبَاطِلُ الْمَعَاصِي، وَالْمَعْنَى مُتَقَارِبٌ. وَالْقُرْآنُ يَتَضَمَّنُ الْحُجَّةَ وَالْمَوْعِظَةَ. (فَإِذا هُوَ زاهِقٌ) أَيْ هَالِكٌ وَتَالِفٌ، قَالَهُ قَتَادَةُ. (وَلَكُمُ الْوَيْلُ) أَيِ العذاب في الآخرة بسبب وصفكم الرب بِمَا لَا يَجُوزُ وَصْفُهُ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: الْوَيْلُ وَادٍ فِي جَهَنَّمَ، وَقَدْ تَقَدَّمَ «٢» . " مِمَّا تَصِفُونَ" أَيْ مِمَّا تَكْذِبُونَ، عَنْ قَتَادَةَ وَمُجَاهِدٍ، نظيره: " سَيَجْزِيهِمْ وَصْفَهُمْ" «٣» [الانعام: ١٣٩] أَيْ بِكَذِبِهِمْ. وَقِيلَ: مِمَّا تَصِفُونَ اللَّهَ بِهِ من المحال وهو اتخاذه سبحانه الولد. [سورة الأنبياء (٢١) : الآيات ١٩ الى ٢١] وَلَهُ مَنْ فِي السَّماواتِ وَالْأَرْضِ وَمَنْ عِنْدَهُ لَا يَسْتَكْبِرُونَ عَنْ عِبادَتِهِ وَلا يَسْتَحْسِرُونَ (١٩) يُسَبِّحُونَ اللَّيْلَ وَالنَّهارَ لَا يَفْتُرُونَ (٢٠) أَمِ اتَّخَذُوا آلِهَةً مِنَ الْأَرْضِ هُمْ يُنْشِرُونَ (٢١) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلَهُ مَنْ فِي السَّماواتِ وَالْأَرْضِ) أَيْ مُلْكًا وَخَلْقًا فَكَيْفَ يَجُوزُ أَنْ يُشْرَكَ بِهِ مَا هُوَ عَبْدُهُ وَخَلْقُهُ. (وَمَنْ عِنْدَهُ) يَعْنِي الْمَلَائِكَةَ الَّذِينَ ذَكَرْتُمْ أَنَّهُمْ بَنَاتُ اللَّهِ. (لَا يَسْتَكْبِرُونَ) أَيْ لَا يَأْنَفُونَ (عَنْ عِبادَتِهِ) وَالتَّذَلُّلِ لَهُ. (وَلا يَسْتَحْسِرُونَ) أَيْ يَعْيَوْنَ، قَالَهُ قَتَادَةُ. مَأْخُوذٌ مِنَ الحسير وهو البعير المنقطع بالإعياء والتعب، [يقال] : حَسَرَ الْبَعِيرُ يَحْسِرُ حُسُورًا أَعْيَا وَكَلَّ، وَاسْتَحْسَرَ وَتَحَسَّرَ مِثْلُهُ، وَحَسَرْتُهُ أَنَا حَسْرًا يَتَعَدَّى وَلَا يتعدى،
(١). راجع ج ٢ ص ٧ فما بعد. (٢). راجع ج ٢ ص ٧ فما بعد. (٣). راجع ج ٧ ص ٩٥ فما بعد. [ ..... ]

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