Al-Kalbî a dit : « Le jasad désigne le corps constitué, animé par l’âme, qui mange et boit ; d’après cette définition, ce qui ne mange ni ne boit est appelé jism (corps inanimé). »
Mujâhid, quant à lui, a déclaré : « Le jasad est ce qui ne mange ni ne boit. » Il s’ensuit, selon cette opinion rapportée par al-Mâwardî, que ce qui mange et boit est une nafs (être animé).
Parole du Très-Haut :
« Puis Nous avons tenu pour eux Notre promesse »
— il s’agit des prophètes —, c’est-à-dire en les sauvant, en leur accordant la victoire et en anéantissant ceux qui les traitaient de menteurs ;
« et [Nous avons sauvé] ceux que Nous voulions » : c’est-à-dire ceux qui avaient cru aux prophètes ;
« et Nous avons fait périr les outranciers » : c’est-à-dire les polythéistes.
Parole du Très-Haut :
« Nous avons certes fait descendre vers vous un Livre » — à savoir le Coran —
« où se trouve votre mention » : l’expression est au nominatif par autonomie, et la proposition sert d’épithète au terme « Livre ». Le « dhikr » (mention) signifie ici l’honneur : « Il constitue pour vous un honneur », à l’instar de la parole divine : « Il est, certes, un rappel (dhikr) pour toi et pour ton peuple » (az-Zukhruf, 44).
Ensuite, Il les interpelle par une interrogation à visée d’exhortation : « Ne raisonnez-vous donc pas ? »
Il a également été dit : « où se trouve votre mention » signifie : le rappel des prescriptions de votre religion, des lois de votre Sharîʿa, ainsi que ce à quoi vous aboutirez en matière de récompense ou de châtiment ; ne réfléchissez-vous donc point à ces réalités ?
Mujâhid a dit : « où se trouve votre mention » c’est-à-dire votre histoire.
D’autres ont dit : vos nobles caractères et vos belles œuvres.
Sahl b. ʿAbd Allâh a dit : « Mettre en pratique ce qu’il contient est votre vie même. »
Je dis : toutes ces explications convergent, et la première les englobe : il s’agit, en effet, d’un honneur sous toutes ses formes. Le Livre est un honneur pour notre Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui — car il constitue son miracle, et il est un honneur pour nous à condition que nous agissions conformément à son contenu, comme l’indique la parole du Prophète ﷺ : « Le Coran est argument en ta faveur ou contre toi. »
[Coran, Sûrat al-Anbiyâ’ (21), versets 11 à 15]
« Combien de cités, pourtant injustes, avons-Nous brisées ! Puis, après elles, Nous avons fait surgir d’autres peuples.
Et lorsque ces derniers ressentirent Notre rigueur, les voilà qui, soudain, se mettent à courir pour s’enfuir.
Ne courez donc pas ; retournez aux jouissances dans lesquelles vous vous vautriez et à vos demeures ; peut-être serez-vous interrogés !
Ils dirent : « Malheur à nous ! Nous étions assurément injustes. »
Et cette plainte ne cessa d’être la leur jusqu’à ce que Nous les eûmes moissonnés, et qu’ils devinrent semblables à une récolte fanée, totalement éteints. »