« Qu’il nous apporte donc un signe, comme ceux dont furent nantis les premiers prophètes ». Autrement dit : qu’il vienne avec un prodige tel que le bâton de Moïse et les autres miracles dont il fut gratifié, ou semblable à la chamelle de Ṣāliḥ.
Ils savaient pourtant pertinemment que le Coran n’était ni magie ni rêve ; cependant ils dirent : « Il devrait produire un signe que nous aurons nous-mêmes proposé. » Or, ils n’avaient plus aucun droit à la proposition après avoir déjà vu un signe évident. De plus, s’ils n’ont pas cru à un miracle appartenant au domaine dans lequel ils étaient les plus compétents, ne laissant place à aucune suspicion, comment croiraient-ils à un autre genre de signe ?
Même si le Prophète avait guéri l’aveugle-né et le lépreux, ils auraient rétorqué : « Cela relève de la médecine ; ce n’est pas notre spécialité. » Leur demande n’était donc qu’une exigence obstinée, car Allah leur avait déjà accordé des signes suffisants.
Par ailleurs, le Très-Haut a montré que, s’Il avait su en eux la moindre disposition à la foi, Il leur aurait accordé ce qu’ils réclamaient, conformément à Sa parole : « Si Allah avait vu en eux quelque bien, Il leur aurait fait entendre ; et même s’Il leur avait fait entendre, ils se seraient détournés en s’esquivant » (al-Anfāl, 23).
Le Très-Haut dit encore : « Aucune cité que Nous ayons détruite avant eux n’a cru » ; Ibn ʿAbbās explique qu’il s’agit du peuple de Ṣāliḥ et de celui de Pharaon. « …que Nous avons anéantie » : c’est-à-dire que sa perdition était arrêtée dans Notre science. « Vont-ils donc croire, eux ? » c’est-à-dire se montrer véridiques ? Les cités précédentes ne crurent pas aux signes et furent exterminées ; ainsi, quand bien même ceux-ci verraient le miracle qu’ils réclament, ils n’y croiraient pas, car il est déjà décrété qu’ils ne croiront pas non plus. Leur châtiment n’est différé que parce que Nous savons que descendent de leurs reins des gens qui croiront.
La particule « min » est ici surérogatoire dans l’expression « min qaryatin », tout comme dans « fa-mā minkum min ʾaḥadin ʿanhu ḥājizīn » (al-Ḥāqqah, 47).
[Coran, sourate al-Anbiyāʾ (21), versets 7 à 10] : « Nous n’avons envoyé avant toi que des hommes à qui Nous faisions des révélations. Demandez donc aux gens du Rappel si vous ne savez pas (7). Nous ne les avons pas faits de corps qui ne mangent pas de nourriture, et ils n’étaient pas éternels (8). Puis Nous avons tenu Notre promesse : Nous les avons sauvés, eux et ceux que Nous voulions, et Nous avons fait périr les outranciers (9). Nous avons certes fait descendre vers vous un Livre où se trouve votre rappel ; n’allez-vous donc pas raisonner ? (10). »
Le Très-Haut dit : « Nous n’avons envoyé avant toi que des hommes à qui Nous faisions révélation. » Ce verset est une réfutation à leur parole : « Ce n’est là qu’un homme comme vous » (al-Anbiyāʾ, 3), et un réconfort pour Son Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui –, signifiant qu’Allah n’a envoyé avant lui que des hommes, et non des anges.