[Sourate al-Anbiyâ’ (21) : versets 4 à 6]
4 – Il dit : « Mon Seigneur connaît les paroles prononcées dans le ciel et sur la terre ; Il est l’Audient, l’Omniscient. »
5 – Mais ils dirent : « Ce ne sont que des rêves embrouillés ; non, il l’a inventé ; non, c’est plutôt un poète. Qu’il nous apporte donc un signe, comme furent envoyés les premiers. »
6 – Aucune cité que Nous avons anéantie avant eux n’a cru ; croiront-ils donc, eux ?
Paroles du Très-Haut :
« (Il dit :) “Mon Seigneur sait la parole [prononcée] dans le ciel et sur la terre.” »
C’est-à-dire : rien de ce qui se dit dans le ciel et sur la terre ne Lui échappe. Dans les exemplaires (maṣâḥif) des gens de Koufa, on lit : « قالَ رَبِّي », c’est-à-dire : « Muhammad a dit : “Mon Seigneur sait la parole…” », autrement dit : Il est informé de ce dont vous vous êtes entretenus en secret.
On a dit encore : la première lecture est prioritaire, car ils avaient dissimulé ces propos et Allah – Puissant et Majestueux – les révéla à Son Prophète (paix et salut sur lui) et lui ordonna de leur répondre ainsi.
An-Naḥḥâs a dit : les deux lectures sont authentiques et équivalent à deux versets distincts ; on en tire le bénéfice suivant : le Prophète (ﷺ) reçut l’ordre, puis il transmit exactement ce qui lui fut ordonné.
Parole du Très-Haut :
« Mais ils dirent : “Des rêves confus.” »
Az-Zajjâj explique : ils dirent que ce qu’il apporte n’est qu’un amas de rêves. D’autres ont dit : ils prétendirent qu’il s’agit de mélanges semblables aux rêves désordonnés, c’est-à-dire des visions effrayantes qu’il aurait vues en songe ; tel en est le sens selon Mujâhid et Qatâdah. Le poète dit :
« Tel un fagot de rêve dont le rêveur fut trompé. »
Al-Qutaybî a dit : il s’agit de visions mensongères, et le poète a dit :
« Récits de Ṭasm ou mirage sur un vaste plateau
qui miroitent pour le voyageur ; chimères de dormeur… »
Al-Yazîdî explique : « aḍghâthu » (fagots) désigne ce qui n’a pas d’interprétation. Tout cela a déjà été mentionné dans la sourate « Yûsuf ».
Lorsqu’ils virent que l’affaire n’était pas telle qu’ils l’avaient prétendue, ils passèrent à une autre accusation et dirent :
« Non, il l’a inventé », puis de là à : « Non, c’est un poète. »
Ils étaient donc perplexes, incapables de se fixer sur une seule opinion : tantôt ils parlaient de magie, tantôt de rêves confus, tantôt d’invention pure, tantôt de poésie.
On a dit aussi : un groupe affirmait qu’il était magicien ; un autre, que c’étaient des rêves confus ; un autre encore, qu’il l’avait forgé ; et un dernier, qu’il était poète. Le terme « if tirâ’ » signifie « fabrication, pure invention » ; l’explication en a déjà été donnée plus haut.