Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le terme « as-ṣirāṭu as-sawā… » – avec redoublement de la wāw, suivi d’une ʾalif marquant le féminin, sur le schème fuʿlā, sans hamza – le fait de féminiser le mot ṣirāṭ constitue une forme rare. Le Très-Haut a dit : « Guide-nous vers le droit chemin » (al-Fātiḥa : 6), où le mot apparaît au masculin, ici comme ailleurs.

Abū Ḥātim a critiqué cette lecture : « Si le terme provenait de as-sūʾ (le mal), il faudrait dire as-suʾā ; et s’il venait de as-sawāʾ (l’égalité, la rectitude), il conviendrait de dire as-siyyā, avec un sīn cassé ; l’origine serait alors as-suyā. »

Az-Zamakhsharī ajoute : on a aussi lu « as-sawāʾ » au sens de « juste milieu, équité » ou de « ce qui est droit, nivelé ». An-Naḥḥās signale que la lecture de Yaḥyā b. Yaʿmar et d’al-Jaḥdarī peut revenir à la forme originelle « as-suʾā » ; la consonne atone ne constituant pas une barrière solide, on a comme retourné la hamza en ḍamma et on l’a remplacée par une wāw, tout comme on la remplace par une ʾalif lorsque la voyelle précédente est fātiḥa. – Fin de la remarque, et louange à Allah Seul.

[Sourate al-Anbiyāʾ]

La sourate « Les Prophètes » est mecquoise selon l’unanimité des exégètes ; elle comporte cent douze versets.

Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.

  1. « Le compte des gens s’est rapproché, tandis qu’ils demeurent dans l’insouciance, détournés. »
  2. « Il ne leur vient aucun rappel, tout récent, émanant de leur Seigneur, sans qu’ils ne l’écoutent en jouant. »
  3. « Leurs cœurs distraits, les injustes tiennent des apartés en secret : “N’est-ce là qu’un homme comme vous ? Allez-vous donc céder à la magie alors que vous la voyez clairement ?” »

À propos de la parole du Très-Haut : « Le compte des gens s’est rapproché… », ʿAbd-Allāh b. Masʿūd a dit : « Al-Kahf, Maryam, Ṭā-Hā et al-Anbiyāʾ font partie des plus anciennes sourates ; elles sont de mon tilād », c’est-à-dire de ce qui fut acquis et mémorisé anciennement du Coran, telle une richesse ancestrale.

On rapporte qu’un Compagnon du Messager d’Allah – qu’Allah le couvre d’éloges et le salue – bâtissait un mur. Un autre passa auprès de lui le jour où cette sourate fut révélée et lui demanda : « Qu’est-il descendu aujourd’hui du Coran ? » Il répondit : « Il est descendu : “Le compte des gens s’est rapproché alors qu’ils demeurent dans l’insouciance, détournés.” » Aussitôt, le constructeur essuya la poussière de ses mains et déclara : « Par Allah, jamais plus je ne bâtirai quoi que ce soit, car le compte est devenu imminent. »

L’expression « s’est rapproché » signifie : le moment est désormais tout proche.

الصراط السوا " بِتَشْدِيدِ الْوَاوِ بَعْدَهَا أَلِفُ التَّأْنِيثِ عَلَى فُعْلَى بِغَيْرِ هَمْزَةٍ، وَتَأْنِيثُ الصِّرَاطِ شَاذٌّ قَلِيلٌ، قَالَ الله وتعالى: " اهْدِنَا الصِّراطَ الْمُسْتَقِيمَ " «١» [الفاتحة: ٦] فَجَاءَ مُذَكَّرًا فِي هَذَا وَفِي غَيْرِهِ، وَقَدْ رَدَّ هَذَا أَبُو حَاتِمٍ قَالَ: إِنْ كَانَ من السوء وجب أن يقال السوأى وَإِنْ كَانَ مِنَ السَّوَاءِ وَجَبَ أَنْ يُقَالَ: السِّيَّا بِكَسْرِ السِّينِ وَالْأَصْلُ السِّوْيَا. قَالَ الزَّمَخْشَرِيُّ: وقرى" السَّوَاءُ " بِمَعْنَى الْوَسَطِ وَالْعَدْلِ، أَوِ الْمُسْتَوِي. النَّحَّاسُ وَجَوَازُ قِرَاءَةِ يَحْيَى بْنِ يَعْمَرَ وَالْجَحْدَرِيِّ أَنْ يكون الأصل" السوأى " وَالسَّاكِنُ لَيْسَ بِحَاجِزٍ حَصِينٍ، فَكَأَنَّهُ قَلَبَ الْهَمْزَةَ ضَمَّةً فَأَبْدَلَ مِنْهَا وَاوًا كَمَا يُبْدَلُ مِنْهَا أَلِفٌ إِذَا انْفَتَحَ مَا قَبْلَهَا. تَمَّتْ وَالْحَمْدُ لله وحده. [سورة الأنبياء] سُورَةُ الْأَنْبِيَاءِ مَكِّيَّةٌ فِي قَوْلِ الْجَمِيعِ وَهِيَ مائة واثنتا عشرة آية بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمنِ الرَّحِيمِ [سورة الأنبياء (٢١) : الآيات ١ الى ٣] بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمنِ الرَّحِيمِ اقْتَرَبَ لِلنَّاسِ حِسابُهُمْ وَهُمْ فِي غَفْلَةٍ مُعْرِضُونَ (١) مَا يَأْتِيهِمْ مِنْ ذِكْرٍ مِنْ رَبِّهِمْ مُحْدَثٍ إِلاَّ اسْتَمَعُوهُ وَهُمْ يَلْعَبُونَ (٢) لاهِيَةً قُلُوبُهُمْ وَأَسَرُّوا النَّجْوَى الَّذِينَ ظَلَمُوا هَلْ هَذَا إِلاَّ بَشَرٌ مِثْلُكُمْ أَفَتَأْتُونَ السِّحْرَ وَأَنْتُمْ تُبْصِرُونَ (٣) قَوْلُهُ تَعَالَى: (اقْتَرَبَ لِلنَّاسِ حِسابُهُمْ) قَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْعُودٍ: الْكَهْفُ وَمَرْيَمُ وَطه وَالْأَنْبِيَاءُ من العتاق الأول، وهن من تلادي يريد مِنْ قَدِيمِ مَا كُسِبَ وَحُفِظَ مِنَ الْقُرْآنِ كَالْمَالِ التِّلَادِ. وَرُوِيَ أَنَّ رَجُلًا مِنْ أَصْحَابِ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كان يَبْنِي جِدَارًا فَمَرَّ بِهِ آخَرُ فِي يَوْمِ نُزُولِ هَذِهِ السُّورَةِ، فَقَالَ الَّذِي كَانَ يَبْنِي الْجِدَارَ: مَاذَا نَزَلَ الْيَوْمَ مِنَ الْقُرْآنِ؟ فَقَالَ الْآخَرُ: نَزَلَ" اقْتَرَبَ لِلنَّاسِ حِسابُهُمْ وَهُمْ فِي غَفْلَةٍ مُعْرِضُونَ " فَنَفَضَ يَدَهُ مِنَ الْبُنْيَانِ، وَقَالَ: وَاللَّهِ لَا بَنَيْتُ أَبَدًا وَقَدِ اقْتَرَبَ الْحِسَابُ." اقْتَرَبَ" أي قرب الوقت
(١). راجع ج ١ ص ١٤٦ فما بعد.

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