Il les réprimanda d’avoir négligé de tirer leçon des nations antérieures, puis il les menaça d’un châtiment différé ; ensuite, il ordonna à Son Prophète de les tenir pour insignifiants, de patienter face à leurs propos, et de détourner son regard de leurs biens et de ce qu’ils possèdent de ce bas-monde, lequel disparaîtra d’eux pour se muer en ignominie.
J’ai dit : De même a été rapporté que le Prophète – paix et bénédictions d’Allāh sur lui – passa devant les chameaux des Banū al-Muṣṭaliq dont l’urine et les excréments s’étaient desséchés sur leurs cuisses tant ils étaient gras ; il se voila alors du pan de son manteau et poursuivit sa route, en application de la parole du Très-Haut : « Ne tends pas tes yeux vers ce dont Nous avons gratifié certains couples d’entre eux » (Ṭā-Hā, 20 : 131).
Puis Allāh le consola en disant : « La subsistance que ton Seigneur t’accorde est meilleure et plus durable » (ibid.). Autrement dit, la récompense d’Allāh pour la patience et le détachement du monde est plus digne d’être recherchée, car elle demeure tandis que la vie d’ici-bas s’évanouit. D’aucuns ont dit que cette subsistance désigne les conquêtes et les butins que Dieu ouvrira aux croyants.
Par Sa parole : « Et ordonne à ta famille la prière » (20 : 132), Il lui enjoint de prescrire la prière à sa famille et de l’accomplir avec eux, de s’y montrer constant et assidu. Cette injonction s’adresse au Prophète – sur lui la prière et la paix – mais englobe, dans sa portée générale, l’ensemble de sa communauté, et sa famille en particulier. Après la révélation de ce verset, il se rendait chaque matin à la demeure de Fāṭimah et ʿAlī – qu’Allāh les agrée – et s’écriait : « La prière ! ». On rapporte qu’ʿUrwah ibn az-Zubayr – qu’Allāh l’agrée – lorsqu’il apprenait quelque récit concernant les rois et leurs fastes, se hâtait de rentrer chez lui en récitant : « Ne tends pas tes yeux… » jusqu’à « …et [qui est] plus durable » (20 : 131), puis il lançait l’appel : « À la prière, qu’Allāh vous fasse miséricorde ! » et priait. Quant à ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb – qu’Allāh l’agrée – il réveillait les siens pour la prière de nuit tout en récitant ce verset.
Sa parole : « Nous ne te demandons point de pourvoir à la subsistance » (20 : 132) signifie : Nous ne te chargeons pas de te nourrir toi-même ni les tiens, ni de te détourner de la prière sous prétexte de gagner ta vie ; c’est Nous qui assurons ta subsistance et la leur. Ainsi, lorsqu’un resserrement atteignait sa famille, le Prophète leur prescrivait la prière. Allāh – Très-Haut – a dit : « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. Je ne veux d’eux ni provision, ni qu’ils Me nourrissent ; en vérité, Allāh est le Grand Pourvoyeur » (adh-Dhāriyāt, 51 : 56-58).
Sa parole : « Et la bonne issue appartient à la piété » (20 : 132) signifie : le Paradis est réservé aux gens de la piété ; l’issue louable leur revient. Il peut exister, pour d’autres que les gens pieux, une issue, mais blâmable ; elle est dès lors comme inexistante.