Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Une considération. Le plus pertinent est d’analyser le mot au cas accusatif comme complément circonstanciel et de supprimer la tanwîn, celle-ci étant muette tout comme la lâm du mot « al-ḥayāh ». On procède ainsi, de la même manière que dans la lecture : « wa-lā al-laylu sābiqu n-nahāra » – en mettant « an-nahāra » à l’accusatif après « sābiqu », sous l’estimation de l’omission de la tanwîn pour cause de deux consonnes au repos – tandis que « al-ḥayātu » se trouve au génitif, en badal (apposition) de « mā » dans l’expression : « ilā mā mattaʿnā bih ». Le sens implicite devient alors : « Ne porte pas tes yeux vers la vie d’ici-bas dans son éclat », c’est-à-dire lorsqu’elle se trouve à l’état de sa parure.

Il n’est pas judicieux que « zahrah » soit l’apposition de « mā » (suivant son emplacement syntaxique) dans « ilā mā mattaʿnā », car « linaftinahum » (afin de les éprouver) se rattache au verbe « mattaʿnā », tandis que l’expression « zahrah al-ḥayāti d-dunyā » renvoie à l’ornement végétal de la vie mondaine. « Az-zahratu », avec ouverture du zâʼ et du hâʼ, désigne la fleur des plantes ; « az-zuhrah », avec ḍamma sur le zâʼ et fatḥa sur le hâʼ, désigne l’étoile Vénus ; et « Banū Zuhrah », avec sukûn sur le hâʼ, selon Ibn ʿUzayz. ʿIsâ b. ʿUmar a encore lu « zaharah », en ouvrant le hâʼ, à la manière de « nahr / nahar ».

On dit : « sirâjun zāhirun » – une lampe éclatante ; et « zahr al-ashjâr » – l’ensemble des couleurs chatoyantes des arbres. Dans le ḥadith, il est rapporté que le Prophète – paix et bénédiction d’Allâh sur lui – était « azhar al-lawn », c’est-à-dire d’un teint lumineux. Par extension, on qualifie de « zāhir » toute chose resplendissante ; c’est la plus belle des teintes.

« Linaftinahum fīhi » (20 : 131) signifie : pour les mettre à l’épreuve ; certains disent : pour en faire une tentation et un égarement pour eux.

Le sens global du verset est donc : « Ô Muhammad, n’accorde aucun poids à la parure de ce monde, car elle n’a point de permanence. »

L’expression « wa-lā tamuddanna » est plus emphatique que « lā tanẓuranna », parce que celui qui « prolonge son regard » n’est mû à cela que par un désir ardent, tandis que celui qui « regarde » n’est pas nécessairement animé d’un tel empressement.

Question de cause de révélation : certains rapportent, d’après Abû Râfiʿ – l’affranchi du Messager d’Allâh –, qu’un hôte se présenta un jour au Prophète ; celui-ci m’envoya auprès d’un Juif et me dit : « Dis-lui que Muhammad te demande : “Un invité est arrivé chez nous et nous ne trouvons pas de quoi le servir. Vends-moi telle quantité de farine, ou avance-la-moi à crédit jusqu’au croissant de Rajab.” » Il répondit : « Non, sauf contre un gage. » Je revins en informer le Prophète qui déclara : « Par Allâh, je suis digne de confiance au ciel comme je le suis sur la terre ; s’il m’avait prêté ou vendu, je l’aurais remboursé. Va donc avec ma cuirasse et donne-la-lui en gage. » Le verset fut alors révélé pour le consoler au sujet de cette vie d’ici-bas.

Ibn ʿAṭiyyah commente : il est contestable de considérer ce récit comme cause de révélation, car la sourate est mecquoise tandis que l’histoire évoquée est médinoise, survenue à la fin de la vie du Prophète – paix sur lui –, puisqu’il mourut alors que sa cuirasse était toujours en gage chez un Juif pour cet emprunt. En réalité, il apparaît plutôt que le verset s’enchaîne harmonieusement avec ce qui précède, car Allâh – Très-Haut –

نَظَرٌ. وَالْأَحْسَنُ أَنْ يَنْتَصِبَ عَلَى الْحَالِ وَيُحْذَفَ التَّنْوِينُ لِسُكُونِهِ وَسُكُونِ اللَّامِ مِنَ الْحَيَاةِ، كَمَا قُرِئَ: " وَلَا اللَّيْلُ سَابِقٌ النَّهَارَ" «١» بِنَصْبِ النَّهَارِ بِسَابِقٍ عَلَى تَقْدِيرِ حَذْفِ التَّنْوِينِ لِسُكُونِهِ وَسُكُونِ اللَّامِ، وَتَكُونُ " الْحَيَاةُ" مَخْفُوضَةً عَلَى الْبَدَلِ مِنْ " مَا" فِي قَوْلِهِ: " إِلى مَا مَتَّعْنا بِهِ" فَيَكُونُ التَّقْدِيرُ: وَلَا تَمُدَّنَّ عَيْنَيْكَ إِلَى الْحَيَاةِ الدُّنْيَا زَهْرَةً أَيْ فِي حَالِ زَهْرَتِهَا. وَلَا يَحْسُنُ أَنْ يَكُونَ " زَهْرَةٌ" بَدَلًا مِنْ " مَا" عَلَى الْمَوْضِعِ فِي قَوْلِهِ: " إِلى مَا مَتَّعْنا" لِأَنَّ " لِنَفْتِنَهُمْ ٢٠: ١٣١" مُتَعَلِّقٌ بِ "- مَتَّعْنا" وَ " زَهْرَةَ الْحَياةِ الدُّنْيا ٢٠: ١٣١" يَعْنِي زِينَتَهَا بِالنَّبَاتِ. وَالزَّهْرَةُ، بِالْفَتْحِ فِي الزَّايِ وَالْهَاءِ نَوْرُ النَّبَاتِ. وَالزُّهَرَةُ بِضَمِّ الزَّايِ وَفَتْحِ الْهَاءِ النَّجْمُ. وَبَنُو زُهْرَةَ بِسُكُونِ الْهَاءِ، قَالَهُ ابْنُ عُزَيْزٍ. وَقَرَأَ عِيسَى بْنُ عُمَرَ " زَهَرَةَ" بِفَتْحِ الْهَاءِ مِثْلَ نَهْرٍ وَنَهَرٍ. وَيُقَالُ: سِرَاجٌ زَاهِرٌ أَيْ لَهُ بَرِيقٌ. وَزَهْرُ الْأَشْجَارِ مَا يَرُوقُ مِنْ أَلْوَانِهَا. وَفِي الْحَدِيثِ: كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَزْهَرَ اللون أي نير اللون، يقال لكل شي مُسْتَنِيرٍ: زَاهِرٌ، وَهُوَ أَحْسَنُ الْأَلْوَانِ. (لِنَفْتِنَهُمْ فِيهِ) ٢٠: ١٣١ أَيْ لِنَبْتَلِيَهُمْ. وَقِيلَ: لِنَجْعَلَ ذَلِكَ فِتْنَةً لَهُمْ وَضَلَالًا، وَمَعْنَى الْآيَةِ: لَا تَجْعَلْ يَا مُحَمَّدُ لِزَهْرَةِ الدُّنْيَا وَزْنًا، فَإِنَّهُ لَا بَقَاءَ لَهَا. " وَلا تَمُدَّنَّ ٢٠: ١٣١" أَبْلَغُ مِنْ لَا تَنْظُرَنَّ، لِأَنَّ الَّذِي يَمُدُّ بَصَرَهُ، إِنَّمَا يَحْمِلُهُ عَلَى ذَلِكَ حِرْصٌ مُقْتَرِنٌ، وَالَّذِي يَنْظُرُ قَدْ لَا يَكُونُ ذَلِكَ مَعَهُ: مَسْأَلَةٌ: قَالَ بَعْضُ النَّاسِ سَبَبُ نُزُولِ هَذِهِ الْآيَةِ مَا رَوَاهُ أَبُو رَافِعٍ مَوْلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، قَالَ: نَزَلَ ضَيْفٌ بِرَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَأَرْسَلَنِي عَلَيْهِ السَّلَامُ إِلَى رَجُلٍ مِنَ الْيَهُودِ، وَقَالَ قُلْ لَهُ يَقُولُ لَكَ مُحَمَّدٌ: نَزَلَ بِنَا ضَيْفٌ وَلَمْ يُلْفَ عِنْدَنَا بَعْضُ الَّذِي يُصْلِحُهُ، فَبِعْنِي كَذَا وَكَذَا مِنَ الدَّقِيقِ، أَوْ أَسْلِفْنِي إِلَى هِلَالِ رَجَبٍ فَقَالَ: لَا، إِلَّا بِرَهْنٍ: قَالَ: فَرَجَعْتُ إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَخْبَرْتُهُ فَقَالَ: " وَاللَّهِ إِنِّي لَأَمِينٌ فِي السَّمَاءِ أَمِينٌ فِي الْأَرْضِ وَلَوْ أَسْلَفَنِي أَوْ بَاعَنِي لَأَدَّيْتُ إِلَيْهِ اذْهَبْ بِدِرْعِي إِلَيْهِ" وَنَزَلَتِ الْآيَةُ تَعْزِيَةً لَهُ عَنِ الدُّنْيَا. قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَهَذَا مُعْتَرَضٌ أَنْ يَكُونَ سَبَبًا، لِأَنَّ السُّورَةَ مَكِّيَّةٌ وَالْقِصَّةَ الْمَذْكُورَةَ مَدَنِيَّةٌ فِي آخِرِ عُمُرِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، لِأَنَّهُ مَاتَ وَدِرْعُهُ مَرْهُونَةٌ عِنْدَ يَهُودِيٍّ بِهَذِهِ الْقِصَّةِ الَّتِي ذُكِرَتْ، وَإِنَّمَا الظَّاهِرُ أَنَّ الْآيَةَ مُتَنَاسِقَةٌ مَعَ مَا قَبْلَهَا، وذلك أن الله تعالى
(١). راجع ج ١٥ ص ٣٢ فما بعد.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies