Il mènera une existence aisée et confortable, comme Allah – Très-Haut – a dit : « Nous lui ferons assurément vivre une vie bonne » (an-Naḥl, 97).
Quant à celui qui se détourne de la religion, l’avidité s’empare de lui, ne cessant de le pousser à accroître ses biens d’ici-bas ; l’avarice s’impose à lui et retient sa main lorsqu’il s’agit de dépenser. Sa vie devient alors étroite et son état obscur, comme l’a dit l’un des pieux prédécesseurs : « Quiconque se détourne du rappel de son Seigneur voit son temps s’assombrir, sa subsistance se troubler, et il demeure dans une vie oppressante. »
ʽIkrimah a dit que « (maʿīshatan ḍanka) – une vie oppressante » (20 : 124) signifie : un gain illicite. Al-Ḥasan a expliqué qu’il s’agit de la nourriture du ḍarīʿ et du zaqqūm (plantes de l’Enfer). Une quatrième opinion – la correcte – est qu’il s’agit du châtiment de la tombe ; cela a été rapporté par Abû Saʽîd al-Khudrî et ʽAbdullâh b. Masʽûd, et Abû Hurayrah l’a transmis, attribué au Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue –, comme nous l’avons mentionné dans le livre « at-Tadhkira ». Abû Hurayrah a dit : « La tombe du mécréant se resserre au point que ses côtes s’entrecroisent ; telle est la vie oppressante. »
« Et Nous le rassemblerons, au Jour de la Résurrection, aveugle » (20 : 124). Il a été dit : aveugle à un moment et voyant à un autre, ainsi qu’il a été évoqué à la fin de la sourate « Subḥân » (al-Isrâ’). Mujâhid a dit : aveugle à l’égard de la preuve. D’autres ont expliqué : aveugle quant aux voies du bien, incapable d’en discerner aucune ; ou encore : dépourvu de stratagème pour repousser le châtiment, à l’instar de l’aveugle qui ne peut rien contre ce qu’il ne voit pas.
« Il dira : “Seigneur, pourquoi m’as-Tu ressuscité aveugle” » (20 : 125), c’est-à-dire : en raison de quel péché m’as-Tu puni par la cécité ? « alors qu’auparavant je voyais » (20 : 125), c’est-à-dire dans la vie d’ici-bas ; il s’imagine n’avoir commis aucun péché. Ibn ʽAbbâs et Mujâhid ont expliqué : « Pourquoi m’as-Tu ressuscité aveugle, privé de mon argument, alors qu’auparavant j’étais clairvoyant quant à celui-ci ? » Al-Qushayrî juge cette interprétation éloignée, car le mécréant ne possédait pas d’argument valable en ce monde.
« [Allah] dira : “Ainsi Nos signes te sont parvenus” » (20 : 126), c’est-à-dire : Nos preuves attestant Notre Unicité et Notre Puissance t’ont atteint ; « mais tu les as oubliés » (20 : 126), c’est-à-dire : tu les as délaissés, sans y porter attention, et tu t’en es détourné. « Ainsi, aujourd’hui, seras-tu oublié » (20 : 126), c’est-à-dire : laissé dans le châtiment, c’est-à-dire en Enfer.
« De même Nous rétribuons celui qui se montre excessif » (20 : 127), c’est-à-dire : tout comme Nous avons châtié celui qui s’est détourné du Coran, de la contemplation des créatures et de leur méditation, et qui a outrepassé les limites dans la désobéissance, « et qui n’a pas cru aux signes de son Seigneur » (20 : 127), c’est-à-dire : il ne leur a pas donné foi. « Le châtiment de l’Au-delà est certes plus dur » (20 : 127), plus redoutable que la vie oppressante et que le supplice de la tombe, « et plus durable » : il est perpétuel et inébranlable, car il ne s’interrompt ni ne prend fin.