Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le Très-Haut dit :

« Alors le Diable lui souffla (des suggestions) » (20 : 120).

Nous avons déjà évoqué ce point dans la sourate al-Aʿrâf.

« Il dit » – c’est-à-dire le Diable – : « Ô Âdam ! Veux-tu que je te guide vers l’arbre de l’éternité et une royauté qui ne périra jamais ? » (20 : 120).

Cela indique qu’il y eut entretien direct et que le Diable pénétra au Paradis en se glissant à l’intérieur du serpent, ainsi que cela a été exposé dans la sourate al-Baqarah. L’identification de cet arbre et l’avis des savants à son sujet y ont également été traités ; il est par conséquent inutile d’y revenir.

« Ils en mangèrent donc tous deux ; leurs nudités leur apparurent et ils se mirent à se couvrir avec des feuilles du Paradis » (20 : 121). Ce passage a été commenté en détail dans la sourate al-Aʿrâf.

Al-Farrâʾ dit : « طَفِقا » signifie, en arabe, « ils se mirent à ». D’autres ont expliqué : ils se mirent à appliquer sur eux des feuilles de figuier.

Le Très-Haut dit :

« Âdam désobéit alors à son Seigneur et s’égara » (20 : 121).

Ce verset comporte six questions.

Première question : la mention « il désobéit » a déjà été traitée dans la sourate al-Baqarah à propos des péchés des prophètes.

Parmi nos savants postérieurs, certains ont déclaré – et c’est là ce qu’il convient d’affirmer – qu’Allah, Exalté soit-Il, a rapporté la survenue de péchés chez certains de Ses prophètes, les leur a attribués et les en a réprimandés. Eux-mêmes en ont fait état, s’en sont disculpés, ont demandé pardon et se sont repentis. Tout cela revient dans de nombreux passages dont l’ensemble ne se prête pas à l’interprétation, même si certains versets peuvent, pris isolément, l’admettre. De telles fautes ne portent aucun préjudice à leur rang, car elles se sont produites à titre exceptionnel, par inadvertance, oubli ou en vertu d’une interprétation qui les y a conduits ; comparées aux actes d’autrui, elles seraient des bienfaits, tandis qu’eu égard à l’exaltation de leurs positions, elles constituent des fautes. De la même manière, le vizir peut être repris pour ce qui vaudrait récompense à un simple gardien. C’est pourquoi ils redoutent ces actes lors du Jugement, tout en sachant qu’ils jouissent de la sûreté, de la protection et du salut.

Tel est, dit-il, la vérité.

Al-Junayd a excellemment exprimé la chose en disant : « Les bonnes actions des hommes vertueux sont des fautes pour les rapprochés (d’Allah). » Ainsi donc, même si les textes attestent que des péchés sont survenus de leur part, cela n’amoindrit pas leurs dignités ni ne porte atteinte à leurs rangs ; au contraire, Allah les a pris en charge, les a élus, les a guidés, les a loués, les a purifiés, les a choisis et les a distingués. Que la bénédiction et la paix d’Allah soient sur eux.

Deuxième question : le qâdî Abû Bakr ibn al-ʿArabî a dit : « Il n’est pas permis aujourd’hui à l’un d’entre nous de rapporter cela au sujet d’Âdam, si ce n’est en le mentionnant à l’occasion de la parole d’Allah à son sujet ou de la parole de Son Prophète ; quant à l’aborder de son propre chef…»

قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَوَسْوَسَ إِلَيْهِ الشَّيْطانُ) ٢٠: ١٢٠ تَقَدَّمَ فِي (الْأَعْرَافِ) «١» . (قالَ) ٣٠ يَعْنِي الشَّيْطَانَ: (يَا آدَمُ هَلْ أَدُلُّكَ عَلى شَجَرَةِ الْخُلْدِ وَمُلْكٍ لَا يَبْلى) ٢٠: ١٢٠ وَهَذَا يَدُلُّ عَلَى الْمُشَافَهَةِ، وَأَنَّهُ دَخَلَ الْجَنَّةَ فِي جَوْفِ الْحَيَّةِ عَلَى مَا تَقَدَّمَ فِي (الْبَقَرَةِ) «٢» بَيَانُهُ، وَتَقَدَّمَ هُنَاكَ تَعْيِينُ الشَّجَرَةِ، وَمَا لِلْعُلَمَاءِ فِيهَا فَلَا مَعْنَى لِلْإِعَادَةِ. (فَأَكَلا مِنْها فَبَدَتْ لَهُما سَوْآتُهُما وَطَفِقا يَخْصِفانِ عَلَيْهِما مِنْ وَرَقِ الْجَنَّةِ) ٢٠: ١٢١ تقدم في (الأعراف) «٣» مستوفى. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: " وَطَفِقا" فِي الْعَرَبِيَّةِ أَقْبَلَا، قَالَ وَقِيلَ: جَعَلَ يُلْصِقَانِ عَلَيْهِمَا وَرَقَ التِّينِ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَعَصى آدَمُ رَبَّهُ فَغَوى) ٢٠: ١٢١ فِيهِ سِتُّ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَعَصى) ٢٠: ١٢١ تَقَدَّمَ فِي (البقرة) «٤» القول في ذنوب الأنبياء. وقال بَعْضُ الْمُتَأَخِّرِينَ مِنْ عُلَمَائِنَا وَالَّذِي يَنْبَغِي أَنْ يُقَالَ: إِنَّ اللَّهَ تَعَالَى قَدْ أَخْبَرَ بِوُقُوعِ ذُنُوبٍ مِنْ بَعْضِهِمْ، وَنَسَبَهَا إِلَيْهِمْ، وَعَاتَبَهُمْ عَلَيْهَا، وَأَخْبَرُوا بِذَلِكَ عَنْ نُفُوسِهِمْ وَتَنَصَّلُوا مِنْهَا، وَاسْتَغْفَرُوا مِنْهَا وَتَابُوا، وَكُلُّ ذَلِكَ وَرَدَ فِي مَوَاضِعَ كَثِيرَةٍ لَا يَقْبَلُ التَّأْوِيلَ جُمْلَتُهَا، وَإِنْ قَبِلَ ذَلِكَ آحَادُهَا، وَكُلُّ ذَلِكَ مِمَّا لَا يُزْرِي بِمَنَاصِبِهِمْ، وَإِنَّمَا تِلْكَ الْأُمُورُ الَّتِي وَقَعَتْ مِنْهُمْ عَلَى جِهَةِ النُّدُورِ، وَعَلَى جِهَةِ الْخَطَأِ وَالنِّسْيَانِ، أَوْ تَأْوِيلٍ دَعَا إِلَى ذَلِكَ، فَهِيَ بِالنِّسْبَةِ إِلَى غَيْرِهِمْ حَسَنَاتٌ، وَفِي حَقِّهِمْ سَيِّئَاتٌ بِالنِّسْبَةِ إِلَى مَنَاصِبِهِمْ، وَعُلُوِّ أَقْدَارِهِمْ، إِذْ قَدْ يُؤَاخَذُ الْوَزِيرُ بِمَا يُثَابُ عَلَيْهِ السَّائِسُ، فَأَشْفَقُوا مِنْ ذَلِكَ فِي مَوْقِفِ الْقِيَامَةِ، مَعَ عِلْمِهِمْ بِالْأَمْنِ وَالْأَمَانِ وَالسَّلَامَةِ. قَالَ: وَهَذَا هُوَ الْحَقُّ. وَلَقَدْ أَحْسَنَ الْجُنَيْدُ حَيْثُ قَالَ: حَسَنَاتُ الْأَبْرَارِ سَيِّئَاتُ الْمُقَرَّبِينَ، فَهُمْ صَلَوَاتُ اللَّهِ وَسَلَامُهُ عَلَيْهِمْ- وَإِنْ كَانُوا قَدْ شَهِدَتِ النُّصُوصُ بِوُقُوعِ ذُنُوبٍ مِنْهُمْ، فَلَمْ يُخِلَّ ذَلِكَ بِمَنَاصِبِهِمْ، وَلَا قَدَحَ فِي رُتْبَتِهِمْ «٥» ، بَلْ قَدْ تَلَافَاهُمْ، وَاجْتَبَاهُمْ وَهَدَاهُمْ، وَمَدَحَهُمْ وَزَكَّاهُمْ واختارهم واصطفاهم، صلوات الله عليه وَسَلَامُهُ. الثَّانِيَةُ- قَالَ الْقَاضِي أَبُو بَكْرِ بْنُ الْعَرَبِيِّ: لَا يَجُوزُ لِأَحَدٍ مِنَّا الْيَوْمَ أَنْ يُخْبِرَ بِذَلِكَ عَنْ آدَمَ إِلَّا إِذَا ذَكَرْنَاهُ فِي أَثْنَاءِ قَوْلِهِ تَعَالَى عَنْهُ، أَوْ قَوْلِ نَبِيِّهِ، فَأَمَّا أَنْ يَبْتَدِئَ ذَلِكَ مِنْ قِبَلِ
(١). راجع ج ٧ ص ١٧٧. (٢). راجع ج ١ ص ٣٠٨ فما بعد. (٣). راجع ج ٧ ص ١٨٠. (٤). راجع ج ١ ص ٣٠٥. (٥). في ب وج وز وط: رتبهم.

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