Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Première question – Parole du Très-Haut :
« Il t’est assuré de ne pas y souffrir de la faim » (20 : 118), c’est-à-dire dans le Paradis, et : « ni d’y être nu » (20 : 118).
« Et qu’en elle tu n’aies point soif » (20 : 119), c’est-à-dire que tu n’y éprouveras aucune soif ; le mot ẓamaʾ désigne la soif.
« Et que tu n’y seras point exposé » (20 : 119), c’est-à-dire que tu ne te tiendras pas sous le soleil pour en ressentir l’ardeur, car il n’y a pas de soleil au Paradis ; on n’y trouve qu’une ombre étendue, comparable à la clarté qui règne entre l’apparition de l’aube et le lever du soleil.

Abû l-ʿÂliya a dit : « Tel est le jour du Paradis », et il désigna l’instant où ceux qui prient accomplissent la prière de l’aube.

Abû Zayd a expliqué : « Le verbe ḍaḥâ (ضَحَا) appliqué à la route signifie : apparaître à tes yeux et se manifester. Quant à ḍaḥītu/ḍaḥītu (avec kasra) ḍaḥan, cela veut dire : j’ai transpiré ; ḍaḥītu également, au sens de “je me suis exposé au soleil”, ḍaḥâʾ – forme allongée – « je suis sorti à découvert »; ḍaḥaytu (avec fatḥa) est son équivalent. Dans les deux dialectes, le futur est aḍḥâ. »

ʿUmar b. Abî Rabîʿa a dit :
« Elle aperçut un homme, et lorsque le soleil se fit devant lui…
il se tient à découvert, mais le soir il se retire. »

Dans le hadith, Ibn ʿUmar – qu’Allah l’agrée – vit un homme en état d’iḥrâm qui cherchait l’ombre et lui dit : « Expose-toi pour Celui pour qui tu as prononcé l’iḥrâm. » Les traditionnistes rapportent cette phrase avec la voyelle fatḥa sur le alif et kasra sur le ḥâ, provenant de « aḍḥaytu ».
Al-Aṣmaʿî dit plutôt : « Idḥa li-man aḥramta lah », avec kasra du alif et fatḥa du ḥâ, dérivé de « ḍaḥītu, aḍḥâ », parce qu’il lui ordonna de se mettre au soleil. C’est de là que vient la parole d’Allah : « Et qu’en elle tu n’aies point soif ni ne sois exposé » (20 : 119).

Il récita ces vers :
« Je me suis exposé à lui afin de m’abriter sous son ombre,
quand l’ombre, au Jour dernier, viendra à se retirer. »

Abû ʿAmr et les lecteurs koufiens, à l’exception de ʿĀṣim dans la transmission d’Abû Bakr, lisent « wa-annaka » (أنَّكَ) avec fatiḥa sur la hamza, par coordination à « allâ tajûʿa » (que tu ne souffres pas de la faim). Il est également permis de considérer cette forme comme un nom au cas-sujet, coordonné à la place syntaxique de la précédente ; le sens est alors : « Il t’appartient, à toi, de ne point avoir soif en elle. » Les autres lecteurs prononcent avec kasra (إِنَّكَ), soit en reprise indépendante, soit en conjonction à « inna laka ».

(Sourate Ṭâ-Hâ, 20 : 120-122)
« Alors le Diable le tenta et dit : « Ô Âdam, veux-tu que je te montre l’arbre de l’éternité et un royaume qui ne se flétrit jamais ? » (120)
Ils en mangèrent donc, et leurs parties intimes leur apparurent ; ils se mirent à se couvrir avec des feuilles du Paradis. Âdam désobéit alors à son Seigneur, et il s’égara (121).
Ensuite son Seigneur l’élut, accepta son repentir et le guida (122). »

الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِنَّ لَكَ أَلَّا تَجُوعَ فِيها) ٢٠: ١١٨ أَيْ فِي الْجَنَّةِ (وَلا تَعْرى) ٢٠: ١١٨. " وَأَنَّكَ لا تَظْمَؤُا فِيها ٢٠: ١١٩" أَيْ لَا تَعْطَشُ. وَالظَّمَأُ الْعَطَشُ. " وَلا تَضْحى ٢٠: ١١٩" أَيْ تَبْرُزُ لِلشَّمْسِ فَتَجِدُ حَرَّهَا. إِذْ لَيْسَ فِي الْجَنَّةِ شَمْسٌ، إِنَّمَا هُوَ ظِلٌّ مَمْدُودٌ، كَمَا بَيْنَ طُلُوعِ الْفَجْرِ إِلَى طُلُوعِ الشَّمْسِ. قَالَ أَبُو الْعَالِيَةِ: نَهَارُ الْجَنَّةِ هَكَذَا: وَأَشَارَ إِلَى سَاعَةِ الْمُصَلِّينَ صَلَاةَ الْفَجْرِ. قَالَ أَبُو زَيْدٍ: ضَحَا الطَّرِيقُ يَضْحُو ضُحُوًّا إِذَا بَدَا لَكَ وَظَهَرَ. وَضَحَيْتُ وَضَحِيتُ " بِالْكَسْرِ" ضَحًا عَرِقْتُ. وَضَحِيتُ أَيْضًا لِلشَّمْسِ ضَحَاءً مَمْدُودٌ بَرَزْتُ وَضَحَيْتُ " بِالْفَتْحِ" مِثْلَهُ، وَالْمُسْتَقْبَلُ أَضْحَى فِي اللُّغَتَيْنِ جَمِيعًا، قَالَ عُمَرَ بْنِ أَبِي رَبِيعَةَ: رَأَتْ رَجُلًا أَيْمَا إِذَا الشَّمْسُ عَارَضَتْ ... فَيَضْحَى وَأَمَّا بالعشي فيخصر وفي الْحَدِيثِ أَنَّ ابْنَ عُمَرَ رَأَى رَجُلًا مُحْرِمًا قَدِ اسْتَظَلَّ، فَقَالَ: أَضِحْ لِمَنْ أَحْرَمْتَ لَهُ. هَكَذَا يَرْوِيهِ الْمُحَدِّثُونَ بِفَتْحِ الْأَلِفِ وَكَسْرِ الْحَاءِ مِنْ أَضْحَيْتُ. وَقَالَ الْأَصْمَعِيُّ: إِنَّمَا هُوَ إِضْحَ لِمَنْ أَحْرَمْتَ لَهُ، بِكَسْرِ الْأَلِفِ وَفَتْحِ الْحَاءِ مِنْ ضَحِيتُ أَضْحَى، لِأَنَّهُ أَمَرَهُ بِالْبُرُوزِ لِلشَّمْسِ، ومنه قوله تعالى: " وَأَنَّكَ لا تَظْمَؤُا فِيها وَلا تَضْحى ٢٠: ١١٩" وَأَنْشَدَ: ضَحِيتُ لَهُ كَيْ أَسْتَظِلَّ بِظِلِّهِ ... إِذَا الظِّلُّ أَضْحَى فِي الْقِيَامَةِ قَالِصَا وَقَرَأَ أَبُو عَمْرٍو وَالْكُوفِيُّونَ إِلَّا عَاصِمًا في رواية أبو بَكْرٍ عَنْهُ " وَأَنَّكَ" بِفَتْحِ الْهَمْزَةِ عَطْفًا عَلَى " أَلَّا تَجُوعَ ٢٠: ١١٨" . وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ فِي مَوْضِعِ رَفْعٍ عَطْفًا عَلَى الْمَوْضِعِ، وَالْمَعْنَى: وَلَكَ أَنَّكَ لا تظمأ فيها. الباقون بالكسر على الاستئناف، أو على العطف على " إِنَّ لَكَ" «١» . [سورة طه (٢٠) : الآيات ١٢٠ الى ١٢٢] فَوَسْوَسَ إِلَيْهِ الشَّيْطانُ قالَ يَا آدَمُ هَلْ أَدُلُّكَ عَلى شَجَرَةِ الْخُلْدِ وَمُلْكٍ لَا يَبْلى (١٢٠) فَأَكَلا مِنْها فَبَدَتْ لَهُما سَوْآتُهُما وَطَفِقا يَخْصِفانِ عَلَيْهِما مِنْ وَرَقِ الْجَنَّةِ وَعَصى آدَمُ رَبَّهُ فَغَوى (١٢١) ثُمَّ اجْتَباهُ رَبُّهُ فَتابَ عَلَيْهِ وَهَدى (١٢٢)
(١). في الأصول في هذه الآية مسألتان ولكن المثبت مسألة واحدة. ولعل الثانية هي القراءة.

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