Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ibn Ḥabīb : il s’agit de placer le front et le nez sur le sol lors de la prosternation.

An-Naḥḥās : à propos de la parole divine : « Les visages s’humilieront » (20 : 111), deux explications ont été avancées. La première : cette scène aura lieu dans l’au-delà. ʿIkrima rapporte d’Ibn ʿAbbās au sujet du verset : « Les visages s’humilieront devant le Vivant, l’Auto-Subsistant » (20 : 111) qu’il s’agit de l’inclinaison (ar-rukūʿ) et de la prosternation (as-sujūd). Sur le plan linguistique, « ʿanat » signifie la domination et la contrainte ; de là l’expression « la cité fut conquise ʿanwatan », c’est-à-dire par la force. Le poète a dit :
« Ils ne la prirent point par douceur et amitié,
mais c’est le coup de l’épée mushrafī qui la leur livra. »

On a également dit que le terme vient de « ʿanā’ » signifiant fatigue. Le texte évoque les hommes en les désignant par « les visages », car les marques d’humiliation apparaissent surtout sur le visage.

« …devant le Vivant, l’Auto-Subsistant (al-Qayyūm) » (20 : 111) : concernant « al-Qayyūm », trois interprétations sont rapportées :

  1. Celui qui administre l’ordre de la création ;
  2. Celui qui maintient chaque âme selon ce qu’elle a acquis ;
  3. L’Être permanent, qui ne disparaît ni ne périt. Ces sens ont déjà été exposés dans la sourate al-Baqarah.

« Il a certes perdu, celui qui portait l’injustice » (20 : 111), c’est-à-dire qu’a couru à sa perte celui qui portait l’association (ash-shirk).

Parole d’Allāh, exalté soit-Il :
« Et quiconque accomplit quelque œuvre vertueuse tout en étant croyant… » (20 : 112) : en effet, l’œuvre n’est acceptée qu’avec la foi. La préposition « min » dans l’expression « minaṣ-ṣāliḥāt » sert à indiquer la partialité : ne fût-ce qu’une partie des bonnes actions ; d’autres y voient une valeur générique.

« …il ne craindra… » (20 : 112). Ibn Kathīr, Muǧāhid et Ibn Muḥayṣin lisent « yakhf » au jussif, en réponse à la condition énoncée ; la majorité lit « yakhāfu » au nominatif : « il ne craindra pas » ou « car il ne craindra pas ».

« …ni injustice (ẓulman)… » c’est-à-dire aucune diminution de la récompense due à son obéissance, « …ni oppression (haḍman) » (20 : 112) : aucune réduction de son droit. Le terme haḍm signifie la diminution et la brisure. On dit : « haḍamtu dhālika min ḥaqqī » : j’en ai réduit la part de mon droit ; « hādhā yahḍimu ṭ-ṭaʿām » : cela allège le poids des aliments. Une femme « haḍīmu l-kašḥ » est svelte de taille.

Al-Māwardī précise la différence entre ẓulm et haḍm : le ẓulm est la privation de la totalité d’un droit, tandis que le haḍm est la privation d’une partie seulement ; le haḍm demeure une forme d’injustice, bien qu’ils se distinguent sous un certain aspect.
Le poète al-Mutawakkil al-Laythī a dit :
« En vérité, les vils et les ignobles sont un peuple
— leur maître étant celui qu’on opprime et dont on ampute le droit. »

Al-Ǧawharī écrit : un homme « haḍīm » ou « muhtadha­m » est un homme lésé ; « tahaḍḍamahu » signifie « il l’a lésé », de même « ihtadha­m­ahu ». Ainsi, le fait de se voir retrancher son droit est qualifié de haḍm.

ابن حَبِيبٍ: إِنَّهُ وَضْعُ الْجَبْهَةِ وَالْأَنْفِ عَلَى الْأَرْضِ فِي السُّجُودِ. النَّحَّاسُ: " وَعَنَتِ الْوُجُوهُ ٢٠: ١١١" فِي مَعْنَاهُ قَوْلَانِ: أَحَدُهُمَا: أَنَّ هَذَا فِي الْآخِرَةِ. وَرَوَى عِكْرِمَةُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ " وَعَنَتِ الْوُجُوهُ لِلْحَيِّ الْقَيُّومِ ٢٠: ١١١" قَالَ: الرُّكُوعُ وَالسُّجُودُ، وَمَعْنَى " عَنَتِ" فِي اللُّغَةِ الْقَهْرُ وَالْغَلَبَةُ، وَمِنْهُ فُتِحَتِ الْبِلَادُ عَنْوَةً أي غلبة، قال الشاعر «١» : فَمَا أَخَذُوهَا عَنْوَةً عَنْ مَوَدَّةٍ ... وَلَكِنَّ ضَرْبَ الْمَشْرَفِيِّ اسْتَقَالَهَا وَقِيلَ: هُوَ مِنَ الْعَنَاءِ بِمَعْنَى التَّعَبِ، وَكَنَّى عَنِ النَّاسِ بِالْوُجُوهِ، لِأَنَّ آثَارَ الذُّلِّ إِنَّمَا تَتَبَيَّنُ فِي الْوَجْهِ. (لِلْحَيِّ الْقَيُّومِ) ٢٠: ١١١ وفي القيوم ثلاث تأويلات، أحدها: أَنَّهُ الْقَائِمُ بِتَدْبِيرِ الْخَلْقِ. الثَّانِي- أَنَّهُ الْقَائِمُ عَلَى كُلِّ نَفْسٍ بِمَا كَسَبَتْ. الثَّالِثُ- أَنَّهُ الدَّائِمُ الَّذِي لَا يَزُولُ وَلَا يَبِيدُ. وَقَدْ مَضَى فِي (الْبَقَرَةِ) «٢» هَذَا. (وَقَدْ خابَ مَنْ حَمَلَ ظُلْماً) ٢٠: ١١١ أَيْ خَسِرَ مَنْ حَمَلَ شِرْكًا. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَمَنْ يَعْمَلْ مِنَ الصَّالِحاتِ وَهُوَ مُؤْمِنٌ) ٢٠: ١١٢ لِأَنَّ الْعَمَلَ لَا يُقْبَلُ مِنْ غَيْرِ إيمان. و " مَنْ" فِي قَوْلِهِ " مِنَ الصَّالِحاتِ" لِلتَّبْعِيضِ، أَيْ شَيْئًا مِنَ الصَّالِحَاتِ. وَقِيلَ: لِلْجِنْسِ. (فَلا يَخافُ) ٢٠: ١١٢ قَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ وَمُجَاهِدٌ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ: " يَخَفْ" بِالْجَزْمِ جَوَابًا لِقَوْلِهِ: " وَمَنْ يَعْمَلْ ١١٠" . الْبَاقُونَ " يَخافُ ٢٠: ١١٢" رَفْعًا عَلَى الْخَبَرِ، أَيْ فَهُوَ لَا يَخَافُ، أَوْ فَإِنَّهُ لَا يَخَافُ. (ظُلْماً) أَيْ نَقْصًا لِثَوَابِ طَاعَتِهِ، وَلَا زِيَادَةً عَلَيْهِ فِي سَيِّئَاتِهِ. (وَلا هَضْماً) ٢٠: ١١٢ بِالِانْتِقَاصِ مِنْ حَقِّهِ. وَالْهَضْمُ النَّقْصُ وَالْكَسْرُ، يُقَالُ: هَضَمْتُ ذَلِكَ مِنْ حَقِّي أَيْ حَطَطْتُهُ وَتَرَكْتُهُ. وَهَذَا يَهْضِمُ الطَّعَامَ أَيْ يُنْقِصُ ثِقَلَهُ. وَامْرَأَةٌ هَضِيمُ الْكَشْحِ ضَامِرَةُ الْبَطْنِ. الْمَاوَرْدِيُّ: وَالْفَرْقُ بَيْنَ الظُّلْمِ وَالْهَضْمِ أَنَّ الظُّلْمَ الْمَنْعَ مِنَ الْحَقِّ كُلِّهِ، وَالْهَضْمُ الْمَنْعُ مِنْ بَعْضِهِ، وَالْهَضْمُ ظُلْمٌ وَإِنِ افْتَرَقَا مِنْ وَجْهٍ، قَالَ الْمُتَوَكِّلُ اللَّيْثِيُّ: إِنَّ الْأَذِلَّةَ وَاللِّئَامَ لَمَعْشَرٌ ... مَوْلَاهُمُ الْمُتَهَضَّمُ الْمَظْلُومُ قَالَ الْجَوْهَرِيُّ: وَرَجُلٌ هَضِيمٌ وَمُهْتَضَمٌ أَيْ مَظْلُومٌ. وَتَهَضَّمَهُ أَيْ ظَلَمَهُ وَاهْتَضَمَهُ إِذَا ظَلَمَهُ وكسر عليه حقه.
(١). أنشده الفراء لكثير كما في (اللسان). (٢). راجع ج ٣ ص ٢٧١ فما بعد.

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