Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Sans végétation ni édifice, selon Ibn al-Aʿrābī.

Al-Jawharī déclare : le « qāʿ » désigne la partie plane du sol ; son pluriel est aqwuʿ, aqwāʿ et qīʿān — la wāw y est devenue yāʾ sous l’effet de la kasra qui la précède.

Al-Farrāʾ affirme : le qāʿ est un lieu où l’eau stagne, tandis que le ṣafṣaf est un terrain nu et chauve.

D’après al-Kalbī : c’est un endroit dépourvu de toute végétation.

Il fut également dit — propos rapporté par Mujāhid — : il s’agit d’une terre parfaitement nivelée, comme tracée sur une seule ligne. Le sens est donc le même pour qāʿ et ṣafṣaf ; le qāʿ est une étendue découverte, et le ṣafṣaf, un espace plat et lisse.

Sībawayh cite ces vers :
« Que de plaines uniformes (ṣafṣaf) te séparent de ta demeure,
Et de dunes de sable tassées, avec leurs amoncellements… »

Dans le verset « qāʿan » (20 : 106), le terme est à l’accusatif en fonction de circonstance, tout comme « ṣafṣafan ».

« Tu n’y verras » (20 : 107) se trouve à la place de l’épithète.

« …ni courbure (ʿiwajan) » (20 : 107). Ibn al-Aʿrābī explique : il s’agit des sinuosités des sentiers ; quant au « ʾamt », c’est le nabak.

Abū ʿAmr précise : l’ʾamt est le nibāk, petites buttes — singulier nabak ; autrement dit un terrain uniforme, sans creux ni relief.

On dit : « sa bouche est pleine, il n’y a pas d’ʾamt » ; « j’ai rempli l’outre jusqu’à ce qu’elle soit bien tendue, sans mollesse (ʾamt) ».

Dans la langue, ʾamt peut aussi désigner un lieu élevé.

Ibn ʿAbbās dit : « ʿiwajan » signifie inclinaison ; et l’ʾamt est une trace comparable au lacet d’une sandale. Toujours d’après lui : « ʿiwajan » renvoie à une vallée et « wa-lā ʾamtan » (20 : 107) à une colline. Il rapporte encore : l’ʿiwaj est la dépression, l’ʾamt l’élévation.

Qatādah explique : « ʿiwajan » désigne une fissure.

« Ni ʾamt » (20 : 107) signifie « pas même une bosse ».

Yamān dit : l’ʾamt, ce sont les crevasses du sol.

Il a également été rapporté — d’après al-Ṣūlī — que l’ʾamt est un endroit qui devient épais dans une plaine ou une montagne et, ailleurs, aminci.

Je (l’auteur) dis : ce verset relève des formules de ruqya (incantations licites). On le récite pour soigner les verrues, que nous appelons « barārīq » (singulier : burūqah) qui apparaissent sur le corps, notamment sur la main : on prend trois brins de paille d’orge, chacun comportant un nœud à son extrémité ; on passe chaque nœud sur les verrues en récitant une fois le verset, puis l’on enterre ces brins dans un endroit humide ; ils se putréfient et les verrues dépérissent jusqu’à disparaître. Je l’ai expérimenté sur moi-même et sur d’autres et l’ai trouvé bénéfique, si Allah — Très-Haut — le veut.

Parole d’Allah — Exalté soit-Il :
« Ce jour-là, ils suivront l’Appelant » (20 : 108) — il s’agit d’Isrāfīl, paix sur lui, lorsqu’il soufflera dans la Trompe. « Sans qu’il y ait pour eux moyen de s’en écarter » (20 : 108) : ils ne pourront se détourner de son appel, ne se dévieront ni ne s’inclineront ; ils s’y hâteront sans jamais s’en écarter.

بِلَا نَبَاتٍ وَلَا بِنَاءٍ «١» ، قَالَهُ ابْنُ الْأَعْرَابِيِّ. وَقَالَ الْجَوْهَرِيُّ: وَالْقَاعُ الْمُسْتَوِي مِنَ الْأَرْضِ وَالْجَمْعُ أَقْوُعٌ وَأَقْوَاعٌ وَقِيعَانٌ صَارَتِ الْوَاوُ يَاءً لِكَسْرِ مَا قَبْلَهَا. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: الْقَاعُ مُسْتَنْقَعُ الْمَاءِ وَالصَّفْصَفُ الْقَرْعَاءُ. الْكَلْبِيُّ: هُوَ الَّذِي لَا نَبَاتَ فِيهِ. وَقِيلَ: الْمُسْتَوِي مِنَ الْأَرْضِ كَأَنَّهُ عَلَى صَفٍّ وَاحِدٍ فِي اسْتِوَائِهِ، قَالَهُ مُجَاهِدٌ. وَالْمَعْنَى وَاحِدٌ فِي الْقَاعِ وَالصَّفْصَفِ، فَالْقَاعُ الْمَوْضِعُ الْمُنْكَشِفُ، والصفصف المستوي الأملس. وأنشد سيبويه «٢» : وَكَمْ دُونَ بَيْتِكَ مِنْ صَفْصَفٍ ... وَدَكْدَاكِ رَمْلٍ وأعقادها و " قاعاً ٢٠: ١٠٦" نُصِبَ عَلَى الْحَالِ وَالصَّفْصَفُ. (لَا تَرى) ٢٠: ١٠٧ فِي مَوْضِعِ الصِّفَةِ. (فِيها عِوَجاً) ٢٠: ١٠٧ قَالَ ابْنُ الْأَعْرَابِيِّ: الْعِوَجُ التَّعَوُّجُ فِي الْفِجَاجِ. وَالْأَمْتُ النَّبَكُ. وَقَالَ أَبُو عَمْرٍو: الْأَمْتُ النِّبَاكُ وَهِيَ التِّلَالُ الصِّغَارُ وَاحِدُهَا نَبَكٌ، أَيْ هِيَ أَرْضٌ مُسْتَوِيَةٌ لَا انْخِفَاضَ فِيهَا وَلَا ارْتِفَاعَ. تَقُولُ: امْتَلَأَ فَمَا به أمت، وملأت القربة مليا لَا أَمْتَ فِيهِ، أَيْ لَا اسْتِرْخَاءَ فِيهِ. وَالْأَمْتُ فِي اللُّغَةِ الْمَكَانُ الْمُرْتَفِعُ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: " عِوَجًا" مَيْلًا. قَالَ: وَالْأَمْتُ الْأَثَرُ مِثْلُ الشراك. وعنه أَيْضًا " عِوَجاً" وَادِيًا " وَلا أَمْتاً ٢٠: ١٠٧" رَابِيَةً. وَعَنْهُ أيضا: العوج [الانخفاض «٣» ] وَالْأَمْتُ الِارْتِفَاعُ وَقَالَ قَتَادَةُ: " عِوَجاً" صَدْعًا. (وَلا أَمْتاً) ٢٠: ١٠٧ أَيْ أَكَمَةً. وَقَالَ يَمَانٌ: الْأَمْتُ الشُّقُوقُ فِي الْأَرْضِ. وَقِيلَ: الْأَمْتُ أَنْ يَغْلُظَ مَكَانٌ فِي الْفَضَاءِ أَوِ الْجَبَلِ وَيَدِقَّ فِي مَكَانٍ، حَكَاهُ الصُّولِيُّ. قُلْتُ: وَهَذِهِ الْآيَةُ تَدْخُلُ فِي بَابِ الرُّقَى، تُرْقَى بِهَا الثَّآلِيلُ وَهِيَ الَّتِي تُسَمَّى عِنْدَنَا " بِالْبَرَارِيقِ" وَاحِدُهَا " بُرُوقَةٌ" ، تَطْلُعُ فِي الجسد وخاصة في اليد: تأخذ ثلاث أَعْوَادٍ مِنْ تِبْنِ الشَّعِيرِ، يَكُونُ فِي طَرَفِ كُلِّ عُودٍ عُقْدَةٌ، تُمِرُّ كُلَّ عُقْدَةٍ عَلَى الثَّآلِيلِ وَتَقْرَأُ الْآيَةَ مَرَّةً، ثُمَّ تَدْفِنُ الْأَعْوَادَ فِي مَكَانٍ نَدِيٍّ، تُعَفَّنُ وَتُعَفَّنُ الثَّآلِيلُ فَلَا يَبْقَى لَهَا أَثَرٌ، جَرَّبْتُ ذَلِكَ فِي نَفْسِي وَفِي غَيْرِي فَوَجَدْتُهُ نَافِعًا إِنْ شَاءَ اللَّهُ تَعَالَى «٤» . قَوْلُهُ تَعَالَى: (يَوْمَئِذٍ يَتَّبِعُونَ الدَّاعِيَ) ٢٠: ١٠٨ يُرِيدُ إِسْرَافِيلَ عَلَيْهِ السَّلَامُ إِذَا نَفَخَ فِي الصُّورِ (لَا عِوَجَ لَهُ) ٢٠: ١٠٨ أَيْ لَا مَعْدِلَ لَهُمْ عَنْهُ، أَيْ عَنْ دُعَائِهِ لَا يَزِيغُونَ وَلَا ينحرفون بل يسرعون إليه ولا يحيدون
(١). في ك: ماء. (٢). البيت للأعشى وقد وصف بعد المسافة بينه وبين الممدوح الذي قصده ليستوجب بذلك جائزته. والدكداك: من الرمل المستوي. الاعقاد (جمع) عقدة وهو المنعقد من الرمل المتراكب. [ ..... ] (٣). زيادة يقتضيها المعنى. (٤). في ك: نافعا بالله ولله الحمد. وفي ز: نافعا بإذن الله والحمد لله.

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