Ils chuchotent, – a dit Mujâhid – c’est-à-dire que les uns disent aux autres, en secret, sur le lieu du rassemblement :
« Vous n’êtes demeurés… » (In labithtum) – autrement dit : vous n’êtes demeurés, c’est-à-dire dans la vie d’ici-bas; et l’on a dit : dans les tombeaux –
« que dix » (20 : 103), c’est-à-dire dix nuits.
D’aucuns ont dit : il vise l’intervalle entre les deux Souffles, soit quarante années durant lesquelles le châtiment est levé des mécréants – selon la parole d’Ibn ‘Abbâs –; ils tiennent alors cette durée pour brève. Ou bien il s’agit du temps de leur séjour dans la vie d’ici-bas, tant les effrois du Jour de la Résurrection leur paraissent terrifiants.
Il est suggéré au meilleur d’entre eux – le plus équitable en parole, le plus raisonnable et le plus savant à ses propres yeux – qu’ils n’ont demeuré qu’un seul jour, c’est-à-dire leur séjour dans ce bas-monde, selon Qatâdah; l’estimation est donc : « rien qu’à la mesure d’un jour ».
On a dit aussi : sous l’effet de l’extrême frayeur de la première vision, ils oublient les délices qu’ils goûtaient en ce monde, lequel leur apparaît comme un jour.
Et l’on a dit encore : par « le jour de leur séjour » il est visé l’intervalle entre les deux Souffles, ou leur séjour dans les tombeaux ainsi qu’il a été mentionné.
Les deux termes « dix » et « un jour » sont à l’accusatif, régis par le verbe « labithtum » (« vous avez demeuré »).
[Coran, sûrah Tâ Hâ (20), versets 105 à 110]
« Ils t’interrogent au sujet des montagnes. Dis : “Mon Seigneur les pulvérisera totalement” (105); puis Il les laissera comme une plaine nivelée (106); tu n’y verras ni sinuosité ni relief (107). Ce jour-là, ils suivront l’Appelant sans qu’il y ait pour eux moyen de se dérober; les voix s’abaisseront devant le Tout-Miséricordieux et tu n’entendras qu’un murmure (108). Ce jour-là, l’intercession ne sera d’aucun profit, sauf pour celui à qui le Tout-Miséricordieux aura permis [d’intercéder] et dont Il agrée la parole (109). Il connaît ce qui est devant eux et ce qui est derrière eux, alors qu’eux n’embrassent pas Sa science (110). »
Parole du Très-Haut :
« Ils t’interrogent au sujet des montagnes » (20 : 105), c’est-à-dire sur l’état des montagnes au Jour de la Résurrection.
« Dis donc » (fa-qul) : ici, la réponse vient précédée de la particule « fa- », alors que partout ailleurs dans le Coran, après une question, il n’y a que « qul » sans cette particule, sauf ici; car le sens est : « s’ils t’interrogent au sujet des montagnes, dis… », la phrase renfermant ainsi la nuance de la condition. Allâh savait qu’ils L’interrogeraient à leur propos, et Il leur répondit avant même la question. Les autres questions déjà posées au Prophète – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui – reçoivent leur réponse juste après la question, d’où l’absence de la particule; ici, il s’agit d’une question qu’ils n’avaient pas encore posée – médite-le donc.
« Il les pulvérisera » (20 : 105), c’est-à-dire qu’Il les dispersera.
Quant à « nasfan » (pulvérisation; 20 : 97), Ibn al-A‘râbî et d’autres ont dit : Il les déracinera totalement, puis les réduira en sable qui s’écoulera comme un flot, puis les rendra semblables à la laine cardée que les vents emporteront dans toutes les directions.
Il a ajouté : la « ‘ihn » de la laine n’est autre que la laine teinte; ensuite elles deviendront comme la poussière disséminée.
« Puis Il les laissera » (20 : 106), c’est-à-dire qu’Il laissera leurs emplacements « une plaine parfaitement nivelée » (qâ‘an saf-safan, 20 : 106); le « qâ‘ » désigne la terre unie et lisse.