Les sages en ont parlé, et tout cela a déjà été exposé dans la sourate « Al-Aʿrâf »¹.
« Ils dirent : “Voilà votre Dieu et le Dieu de Moïse.” » (20 : 88). Autrement dit, ces paroles furent prononcées par le Sâmirî et ceux qui le suivirent ; ils penchaient vers l’assimilation, puisqu’ils avaient déjà demandé : « Établis-nous une divinité pareille à leurs divinités. » (Al-Aʿrâf, 138).
« فَنَسِيَ / Il a oublié » : c’est-à-dire que la supériorité de Moïse s’est effacée ; il est parti à sa recherche, sans connaître l’endroit où il se trouvait, et il s’est fourvoyé dans le chemin menant à son Seigneur. – D’après une autre explication : Moïse l’a laissé ici et s’en est allé le chercher, autrement dit : Moïse a abandonné ici son Dieu. – Israël rapporte, d’après Simâk, d’après ʿIkrima, d’après Ibn ʿAbbâs : « Moïse a oublié de vous rappeler qu’il s’agit de votre divinité. » – Il a également été dit que l’énoncé informe de l’état du Sâmirî : le Sâmirî a délaissé ce que Moïse lui avait ordonné, à savoir la foi, et il s’est égaré ; tel est l’avis d’Ibn al-Aʿrâbî.
Alors Allah, exalté soit-Il, plaida contre eux : « Ne voient-ils donc pas… » (20 : 89), c’est-à-dire : ne tirent-ils aucune leçon, ne méditent-ils point ? …qu’« il ne leur renvoie aucune parole », autrement dit : il ne parle pas. Certains ont dit : il ne revient même pas à son meuglement ni à aucun son. – « Et qu’il ne détient pour eux ni mal, ni bien » (20 : 89) ; comment, donc, pourrait-il être une divinité ? Quant à Celui qu’adore Moïse, sur lui la paix, Il cause le tort et le profit, récompense, donne et retient. L’expression « أَلَّا يَرْجِعَ / qu’il ne revienne pas » signifie : qu’il ne reviendra jamais ; ainsi le verbe a été élevé (au mode indicatif) et la particule « أن » a été allégée, le pronom ayant été omis — c’est la forme retenue dans les contextes de vision, de science ou d’opinion. Le poète a dit :
« Parmi des héros au sabre indien, ils ont certes su
Que périt quiconque marche pieds nus ou chaussé. »
Il arrive aussi que le pronom soit supprimé avec gémination ; le poète dit :
« Si tu étais un Loup-des-sables, tu connaîtrais ma parenté,
Mais tu n’es qu’un Noir aux narines énormes »,
c’est-à-dire : mais c’est toi.
[Sourate Ṭâ-Hâ (20), versets 90 à 93]
« Et certes Hârûn leur avait déjà dit auparavant : “Ô mon peuple, ce n’est qu’une tentation ; votre Seigneur, c’est le Tout-Miséricordieux. Suivez-moi donc et obéissez à mon ordre.” » (20 : 90). Ils répondirent : « Nous ne cesserons pas de nous y attacher en station dévouée, jusqu’à ce que Moïse revienne à nous. » (20 : 91) Il (Moïse) dit : « Ô Hârûn, qu’est-ce qui t’a empêché, lorsque tu les as vus s’égarer, de me suivre ? As-tu donc désobéi à mon ordre ? » (20 : 92-93).
Parole du Très-Haut :
« Certes Hârûn leur avait dit auparavant… » (20 : 90), c’est-à-dire avant que Moïse ne revienne. – « Ô mon peuple, vous n’avez été mis à l’épreuve que par cela », à savoir par le veau ; vous avez été éprouvés et égarés par lui. – « Et votre Seigneur, c’est le Tout-Miséricordieux. » (20 : 90)