Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

avec eux, portant malgré eux ces objets.

« En guise de fardeaux » (20 : 87) : c’est-à-dire des charges pesantes.

« Issues des parures du peuple » (20 : 87) : autrement dit, tirées de leurs bijoux. Ils les avaient empruntés lorsqu’ils s’apprêtaient à quitter l’Égypte en compagnie de Mûsâ – que la paix soit sur lui – en faisant croire aux Égyptiens qu’ils se réuniraient pour une fête ou un banquet.

D’aucuns ont dit : il s’agissait des objets récupérés sur les gens de Pharaon quand la mer les rejeta sur le rivage. On les qualifia de « fardeaux » parce qu’ils constituaient un péché ; leur appropriation ne leur était pas licite et, à cette époque, le butin ne leur était pas permis. De plus, dans la langue, le terme « awzâr » désigne des poids lourds.

« Nous les avons donc jetés » (20 : 87) : c’est-à-dire que le poids des bijoux que nous transportions devint trop lourd, si bien que nous les projetâmes au feu pour qu’ils fondent, autrement dit nous les y déposâmes.

Il a également été dit : nous les avons remis au Sâmirî afin que tu reviennes et juges toi-même de la situation.

Qatâdah rapporte que le Sâmirî déclara, lorsque le peuple trouva l’attente de Mûsâ trop longue : « S’il tarde à revenir, c’est à cause des parures que vous détenez. » Ils les rassemblèrent donc, les remirent au Sâmirî, qui les jeta au feu, en fit fondre l’or et façonna pour eux un veau. Il y projeta ensuite une poignée de poussière prise sur la trace du cheval du Messager — il s’agissait de Jibrîl, paix sur lui.

Ma‘mar dit : « Le cheval sur lequel se trouvait Jibrîl est la vie même ; lorsque le Sâmirî y lança la poignée, le veau devint un corps vivant qui mugissait. » Le mugissement est le cri du bovin.

Ibn ‘Abbâs rapporte : lorsque les parures furent versées dans le feu, le Sâmirî s’adressa à Hârûn : « Ô Prophète de Dieu, puis-je jeter ce que j’ai en main ? » — pensant qu’il ne s’agissait que d’un bijou semblable à ceux des autres. Il lança alors la poignée de terre et dit : « Deviens un veau, corps vivant qui mugit. » Il en fut ainsi, pour épreuve et tentation ; le veau poussa un seul mugissement, auquel il n’y en eut pas d’autre.

On a dit également : son mugissement provenait du vent ; le Sâmirî y avait ménagé des ouvertures, et lorsque l’air y entrait, le veau beuglait, sans qu’il y eût en lui la moindre vie. C’est l’avis de Mujâhid. Selon la première opinion, il s’agissait bien d’un veau de chair et de sang ; c’est l’avis de al-Hasan, Qatâdah et as-Suddî.

Hammâd rapporte, d’après Simâk, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs : Hârûn passa près du Sâmirî tandis que celui-ci façonnait le veau, et dit : « Qu’est-ce donc ? » — « Il est utile et ne nuit pas », répondit-il. Hârûn invoqua alors : « Ô Allah, accorde-lui ce qu’il Te demande, selon ce qu’il cache en lui-même. » Le Sâmirî dit : « Ô Allah, je Te demande qu’il mugit. » Chaque fois qu’il beuglait, ils se prosternaient ; ce mugissement eut lieu suite à l’invocation de Hârûn.

Ibn ‘Abbâs dit : « Il mugissait comme le fait un véritable veau vivant. »

Il est rapporté que Mûsâ dit : « Seigneur, ce Sâmirî a produit pour eux un veau, corps vivant qui mugit, à partir de leurs bijoux. Qui donc a créé le corps et le mugissement ? » Allah — Glorifié et Exalté — répondit : « C’est Moi. » Mûsâ — sur lui la paix — s’exclama : « Par Ta puissance, Ta majesté, Ta hauteur, Ta transcendance et Ton autorité, nul autre que Toi ne les a égarés. » Il lui fut dit : « Tu dis vrai, ô sage. »

مَعَهُمْ وَمَا حَمَلُوهُ كُرْهًا. (أَوْزاراً) ٢٠: ٨٧ أَيْ أَثْقَالًا (مِنْ زِينَةِ الْقَوْمِ) ٢٠: ٨٧ أَيْ مِنْ حُلِيِّهِمْ، وَكَانُوا اسْتَعَارُوهُ حِينَ أَرَادُوا الْخُرُوجَ مَعَ مُوسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ، وَأَوْهَمُوهُمْ أَنَّهُمْ يَجْتَمِعُونَ فِي عِيدٍ لَهُمْ أَوْ وَلِيمَةٍ. وَقِيلَ: هُوَ مَا أَخَذُوهُ مِنْ آلِ فِرْعَوْنَ، لَمَّا قَذَفَهُمُ الْبَحْرُ إِلَى السَّاحِلِ. وَسُمِّيَتْ أَوْزَارًا بِسَبَبِ أَنَّهَا كَانَتْ آثَامًا. أَيْ لَمْ يَحِلَّ لَهُمْ أَخْذُهَا وَلَمْ تَحِلَّ لَهُمُ الْغَنَائِمُ، وَأَيْضًا فَالْأَوْزَارُ هِيَ الْأَثْقَالُ فِي اللُّغَةِ. (فَقَذَفْناها) ٢٠: ٨٧ أَيْ ثَقُلَ عَلَيْنَا حَمْلُ مَا كَانَ مَعَنَا مِنَ الْحُلِيِّ فَقَذَفْنَاهُ فِي النَّارِ لِيَذُوبَ، أَيْ طَرَحْنَاهُ فِيهَا. وَقِيلَ: طَرَحْنَاهُ إِلَى السَّامِرِيِّ لِتَرْجِعَ فَتَرَى فِيهَا رَأْيَكَ. قَالَ قَتَادَةُ: إِنَّ السَّامِرِيَّ قَالَ لَهُمْ حِينَ اسْتَبْطَأَ الْقَوْمُ مُوسَى: إِنَّمَا احْتَبَسَ عَلَيْكُمْ مِنْ أَجْلِ مَا عِنْدَكُمْ مِنَ الْحُلِيِّ، فَجَمَعُوهُ وَدَفَعُوهُ إِلَى السَّامِرِيِّ فَرَمَى بِهِ فِي النَّارِ وَصَاغَ لَهُمْ مِنْهُ عِجْلًا، ثُمَّ أَلْقَى عَلَيْهِ قَبْضَةً مِنْ أَثَرِ فَرَسِ الرَّسُولِ وَهُوَ جِبْرِيلُ عَلَيْهِ السَّلَامُ. وَقَالَ مَعْمَرٌ: الْفَرَسُ الَّذِي كَانَ عَلَيْهِ جِبْرِيلُ هُوَ الْحَيَاةُ، فَلَمَّا أَلْقَى عَلَيْهِ الْقَبْضَةَ صَارَ عِجْلًا جَسَدًا لَهُ خُوَارٌ. وَالْخُوَارُ صَوْتُ الْبَقَرِ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: لَمَّا انْسَكَبَتِ الْحُلِيُّ فِي النَّارِ، جَاءَ السامري وقال لهارون: يا نبي الله أألقي مَا فِي يَدِي- وَهُوَ يَظُنُّ أَنَّهُ كَبَعْضِ مَا جَاءَ بِهِ غَيْرُهُ مِنَ الْحُلِيِّ- فَقَذَفَ التُّرَابَ فِيهِ، وَقَالَ: كُنْ عِجْلًا جَسَدًا لَهُ خُوَارٌ، فَكَانَ كَمَا قَالَ لِلْبَلَاءِ وَالْفِتْنَةِ، فَخَارَ خَوْرَةً وَاحِدَةً لَمْ يُتْبِعْهَا مِثْلَهَا. وَقِيلَ: خُوَارُهُ وَصَوْتُهُ كَانَ بِالرِّيحِ، لِأَنَّهُ كَانَ عَمِلَ فِيهِ خُرُوقًا فَإِذَا دَخَلَتِ الرِّيحُ فِي جَوْفِهِ خَارَ وَلَمْ تَكُنْ فِيهِ حَيَاةٌ. وَهَذَا قَوْلُ مُجَاهِدٍ. وَعَلَى الْقَوْلِ الْأَوَّلِ كَانَ عِجْلًا مِنْ لَحْمٍ وَدَمٍ، وَهُوَ قَوْلُ الْحَسَنِ وَقَتَادَةَ وَالسُّدِّيِّ. وَرَوَى حَمَّادٌ عَنْ سِمَاكٍ عَنْ سَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قال: مر هرون بِالسَّامِرِيِّ وَهُوَ يَصْنَعُ الْعِجْلَ فَقَالَ: مَا هَذَا؟ فَقَالَ: يَنْفَعُ وَلَا يَضُرُّ، فَقَالَ: اللَّهُمَّ أَعْطِهِ مَا سَأَلَكَ عَلَى مَا فِي نَفْسِهِ، فَقَالَ: اللَّهُمَّ إِنِّي أَسْأَلُكَ أَنْ يَخُورَ. وَكَانَ إِذَا خار سجدوا، وكان الخوار من أجل دعوة هرون. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: خَارَ كَمَا يَخُورُ الْحَيُّ مِنَ الْعُجُولِ. وَرَوَى أَنَّ مُوسَى قَالَ: يَا رَبِّ هَذَا السَّامِرِيُّ أَخْرَجَ لَهُمْ عِجْلًا جَسَدًا لَهُ خُوَارٌ مِنْ حُلِيِّهِمْ، فَمَنْ جَعَلَ الْجَسَدَ وَالْخُوَارَ؟ قَالَ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى: أَنَا. قَالَ مُوسَى صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: وَعِزَّتِكَ وَجَلَالِكَ وَارْتِفَاعِكَ وَعُلُوِّكَ وَسُلْطَانِكَ مَا أَضَلَّهُمْ غَيْرُكَ. قَالَ: صَدَقْتَ يَا حَكِيمَ

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