Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il était issu des Coptes ; voisin de Mûsâ, il crut en lui et partit avec lui.
D’aucuns ont dit : c’était l’un des grands notables des Banû Isrâ’îl, appartenant à une tribu appelée « as-Sâmirah », connue au Shâm.
Sa‘îd ibn Jubayr a rapporté qu’il était originaire de Kirmân.

Parole du Très-Haut :
« Moïse revint vers son peuple, courroucé et affligé » (20 : 86).
Il s’agit d’un état (ḥâl) dont l’exposé détaillé a déjà été présenté dans la sourate al-A‘râf.

« Il dit : Ô mon peuple ! Votre Seigneur ne vous avait-Il pas fait une belle promesse ? » (20 : 86).
Allah – glorifié et exalté soit-Il – leur avait promis le Paradis s’ils persévéraient dans Son obéissance, et Il leur avait promis de leur faire entendre Sa Parole dans la Thora par la langue de Mûsâ, afin qu’ils l’appliquent et méritent la récompense de leurs œuvres.
D’autres ont dit : Il leur avait promis la victoire et le triomphe.
D’autres encore : Sa promesse est Sa parole : « Je suis certes Absoluteur pour quiconque se repent et croit » (20 : 82).

« Le délai vous a-t-il paru long ? » (20 : 86) : c’est-à-dire : auriez-vous oublié ? Car une chose peut s’oublier quand le délai se prolonge.

« Ou bien vouliez-vous que s’abatte sur vous un châtiment de la part de votre Seigneur ? » (20 : 86).
Le verbe « yaḥilla » signifie : qu’il devienne inéluctable et qu’il descende.
Le courroux renvoie ici au châtiment et à la vengeance.
Autrement dit : vouliez-vous accomplir un acte qui provoquerait la descente de la colère d’Allah sur vous ? Car personne ne recherche la colère d’Allah ; toutefois, on peut commettre ce qui en constitue la cause.

« Et vous avez manqué à mon rendez-vous » (20 : 86) parce qu’ils Lui avaient promis de demeurer dans l’obéissance d’Allah jusqu’à ce qu’il revienne du Tur.
D’aucuns ont dit : ils lui avaient promis de le suivre aussitôt après pour le rendez-vous, mais ils se sont arrêtés.

« Ils dirent : Nous n’avons pas manqué à ton rendez-vous de notre plein gré » (20 : 87), avec l’ouverture de la mîm, lecture de Nâfiʿ, ʿÂṣim et ʿÎsâ ibn ʿUmar.
Mujâhid et as-Suddi ont dit : c’est-à-dire de notre propre capacité.
Ibn Zayd : nous ne nous possédions plus, c’est-à-dire que nous y avons été contraints.
Ibn Kathîr, Abû ʿAmr et Ibn ʿÂmir lisent « bi-milkina » (kasra de la mîm).
Abû ʿUbayd et Abû Ḥâtim l’ont préférée, car c’est la forme la plus élevée ; il s’agit du nom verbal de « malaktu » (posséder). Le masdar est annexé à l’agent, l’objet étant sous-entendu : comme s’ils disaient : « avec la maîtrise que nous pensions avoir du bon chemin, nous avons tout de même failli », ce qui constitue un aveu de leur erreur.
Ḥamza et al-Kisâ’î lisent « bi-mulkina » (ḍamma sur la mîm), signifiant : par notre autorité. Autrement dit, nous ne disposions d’aucun pouvoir nous permettant de manquer à ton rendez-vous.

On dit aussi que l’expression « Ils dirent » est d’ordre général alors qu’elle vise un groupe particulier : ceux qui étaient demeurés fermes dans l’obéissance d’Allah jusqu’au retour de Mûsâ du Tur ; ils déclarèrent : « Nous n’avons pas manqué à ton rendez-vous de notre plein gré ». Ils étaient douze mille, alors que l’ensemble des Banû Isrâ’îl comptait six cent mille personnes.

« Mais on nous a chargés… » (20 : 87) – avec ḍamma sur le ḥâ’ et shadda sur la mîm, lecture de Nâfiʿ, Ibn Kathîr, Ibn ʿÂmir, Ḥafṣ et Ruways. Les autres lisent avec fatḥa légère sur les deux lettres ; Abû ʿUbayd et Abû Ḥâtim ont préféré cette dernière, car ils avaient porté les parures du peuple.

مِنَ الْقِبْطِ، وَكَانَ جَارًا لِمُوسَى آمَنَ بِهِ وَخَرَجَ مَعَهُ. وَقِيلَ: كَانَ عَظِيمًا مِنْ عُظَمَاءَ بَنِي إِسْرَائِيلَ، مِنْ قَبِيلَةٍ تُعْرَفُ بِالسَّامِرَةِ وَهُمْ مَعْرُوفُونَ بِالشَّامِ. قَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ: كَانَ مِنْ أَهْلِ كَرْمَانَ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَرَجَعَ مُوسى إِلى قَوْمِهِ غَضْبانَ أَسِفاً) ٢٠: ٨٦ حَالٌ وَقَدْ مَضَى فِي (الْأَعْرَافِ) «١» بَيَانُهُ مُسْتَوْفًى. (قالَ يَا قَوْمِ أَلَمْ يَعِدْكُمْ رَبُّكُمْ وَعْداً حَسَناً) ٢٠: ٨٦ وَعَدَهُمْ عَزَّ وَجَلَّ الْجَنَّةَ إِذَا أَقَامُوا عَلَى طَاعَتِهِ، وَوَعَدَهُمْ أَنَّهُ يُسْمِعُهُمْ كَلَامَهُ فِي التَّوْرَاةِ عَلَى لِسَانِ مُوسَى، لِيَعْمَلُوا بِمَا فِيهَا فَيَسْتَحِقُّوا ثَوَابَ عَمَلِهِمْ. وَقِيلَ: وَعَدَهُمُ النَّصْرَ وَالظَّفَرَ. وَقِيلَ: وَعْدُهُ قَوْلُهُ: " وَإِنِّي لَغَفَّارٌ لِمَنْ تابَ وَآمَنَ ٢٠: ٨٢" الْآيَةَ. (أَفَطالَ عَلَيْكُمُ الْعَهْدُ) ٢٠: ٨٦ أَيْ أَفَنَسِيتُمْ، كَمَا قِيلَ، وَالشَّيْءُ قَدْ يُنْسَى لِطُولِ الْعَهْدِ. (أَمْ أَرَدْتُمْ أَنْ يَحِلَّ عَلَيْكُمْ غَضَبٌ مِنْ رَبِّكُمْ) ٢٠: ٨٦ " يَحِلَّ" أَيْ يَجِبُ وَيَنْزِلُ. وَالْغَضَبُ الْعُقُوبَةُ وَالنِّقْمَةُ. وَالْمَعْنَى: أَمْ أَرَدْتُمْ أَنْ تَفْعَلُوا فِعْلًا يَكُونُ سَبَبَ حُلُولِ غَضَبِ اللَّهِ بِكُمْ، لِأَنَّ أَحَدًا لَا يَطْلُبُ غَضَبَ اللَّهِ «٢» ، بَلْ قَدْ يَرْتَكِبُ مَا يَكُونُ سَبَبًا لِلْغَضَبِ. (فَأَخْلَفْتُمْ مَوْعِدِي) ٢٠: ٨٦ لِأَنَّهُمْ وَعَدُوهُ أَنْ يُقِيمُوا عَلَى طَاعَةِ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ إِلَى أَنْ يَرْجِعَ إِلَيْهِمْ مِنَ الطُّورِ. وَقِيلَ: وَعَدَهُمْ عَلَى أَثَرِهِ لِلْمِيقَاتِ فَتَوَقَّفُوا. (قالُوا مَا أَخْلَفْنا مَوْعِدَكَ بِمَلْكِنا) ٢٠: ٨٧ بِفَتْحِ الْمِيمِ، وَهِيَ قِرَاءَةُ نَافِعٍ وَعَاصِمٍ وَعِيسَى بْنِ عُمَرَ. قَالَ مُجَاهِدٌ وَالسُّدِّيُّ: وَمَعْنَاهُ بِطَاقَتِنَا. ابْنُ زَيْدٍ: لَمْ نَمْلِكْ أَنْفُسَنَا أَيْ كُنَّا مُضْطَرِّينَ. وَقَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ وَأَبُو عَمْرٍو وَابْنُ عَامِرٍ " بِمَلْكِنا ٢٠: ٨٧" بِكَسْرِ الْمِيمِ. وَاخْتَارَهُ أَبُو عُبَيْدٍ وَأَبُو حَاتِمٍ، لِأَنَّهَا اللُّغَةُ الْعَالِيَةُ. وَهُوَ مَصْدَرٌ مَلَكْتُ الشَّيْءَ أَمْلِكُهُ مِلْكًا. وَالْمَصْدَرُ مُضَافٌ إِلَى الْفَاعِلِ وَالْمَفْعُولُ مَحْذُوفٌ، كَأَنَّهُ قَالَ: بِمِلْكِنَا الصَّوَابَ بَلْ أَخْطَأْنَا فَهُوَ اعْتِرَافٌ مِنْهُمْ بِالْخَطَأِ. وَقَرَأَ حَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ: " بِمُلْكِنَا" بِضَمِّ الْمِيمِ وَالْمَعْنَى بِسُلْطَانِنَا. أَيْ لَمْ يَكُنْ لَنَا مُلْكٌ فَنُخْلِفُ مَوْعِدَكَ. ثُمَّ قِيلَ قَوْلُهُ: " قالُوا" عَامٌّ يُرَادُ بِهِ الْخَاصُّ، أَيْ قَالَ الَّذِينَ ثَبَتُوا عَلَى طَاعَةِ اللَّهِ إِلَى أَنْ يَرْجِعَ إِلَيْهِمْ مِنَ الطُّورِ: " مَا أَخْلَفْنا مَوْعِدَكَ بِمَلْكِنا ٢٠: ٨٧" وَكَانُوا اثْنَيْ عَشَرَ أَلْفًا وَكَانَ جَمِيعُ بَنِي إِسْرَائِيلَ سِتَّمِائَةِ أَلْفٍ. (وَلكِنَّا حُمِّلْنا) ٢٠: ٨٧ بِضَمِّ الْحَاءِ وَتَشْدِيدِ الْمِيمِ مَكْسُورَةً، قَرَأَهُ نَافِعٌ وَابْنُ كَثِيرٍ وَابْنُ عَامِرٍ وَحَفْصٌ وَرُوَيْسٌ. الْبَاقُونَ بِفَتْحِ الْحَرْفَيْنِ خَفِيفَةً. وَاخْتَارَهُ أَبُو عُبَيْدٍ وَأَبُو حَاتِمٍ، لِأَنَّهُمْ حَمَلُوا حلى القوم
(١). راجع ج ٧ ص ٢٨٦ فما بعد. [ ..... ] (٢). في ب وج وز وط وك: غضب الرب.

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