Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Sourate Tâ-Hâ (20) – versets 83 à 89
83. « Et qu’est-ce qui t’a fait te hâter loin de ton peuple, ô Moïse ? »
84. Il répondit : « Les voilà, tout proches, sur mes traces ; quant à moi, je me suis empressé vers Toi, Seigneur, afin que Tu sois satisfait. »
85. Il dit : « Nous avons mis ton peuple à l’épreuve après ton départ, et le Sâmirî les a égarés. »
86. Moïse revint donc vers son peuple, courroucé et chagriné. Il dit : « Ô mon peuple ! Votre Seigneur ne vous avait-Il pas fait une belle promesse ? L’attente vous a-t-elle paru trop longue, ou avez-vous voulu que s’abatte sur vous une colère de votre Seigneur, si bien que vous avez manqué à mon rendez-vous ? »
87. Ils dirent : « Nous n’avons pas manqué à ton rendez-vous de notre propre initiative ; mais on nous avait chargés de fardeaux d’ornements appartenant au peuple (égyptien) ; nous les avons donc jetés, et c’est ainsi que le Sâmirî a jeté (quelque chose). »
88. Puis il fit sortir pour eux un veau, un corps qui émettait un mugissement ; et ils dirent : « Voilà votre dieu, et le dieu de Moïse ; mais il a oublié ! »
89. Ne voient-ils donc pas qu’il ne leur répond pas et qu’il ne détient pour eux ni pouvoir de nuire ni pouvoir de profiter ?

Parole du Très-Haut :
« Et qu’est-ce qui t’a fait te hâter loin de ton peuple, ô Moïse ? » (20 : 83), c’est-à-dire : qu’est-ce qui t’a poussé à les devancer ?

On a dit que le terme « peuple » désigne l’ensemble des Fils d’Israël. Selon cet avis, Moïse laissa Hârûn à leur tête et partit, accompagné de soixante-dix hommes, au rendez-vous fixé.

Ainsi, sa parole : « Les voilà, tout près derrière moi, sur mes traces » (20 : 84) ne signifie pas qu’ils marchaient réellement derrière lui en direction (du mont), mais plutôt qu’ils se tenaient à proximité, attendant son retour.

D’aucuns disent, au contraire, qu’il avait ordonné à Hârûn de suivre sa trace parmi les Fils d’Israël et de les faire le rejoindre.

D’autres encore soutiennent que par « le peuple » il entendait les soixante-dix hommes qu’il avait choisis et que, lorsque Moïse approcha du Sinaï, il les devança, pressé d’entendre la parole d’Allâh – Exalté soit-Il. On rapporte aussi que, quand il se rendit au mont Sinaï conformément à la promesse, l’ardeur de la rencontre le saisit, la route lui parut longue tant son désir envers Allâh – Très-Haut – était intense ; la situation lui devint si pénible qu’il déchira son vêtement, puis, ne pouvant patienter, il les laissa et partit seul.

Lorsqu’il parvint à la station qui lui était assignée, Allâh – Béni et Exalté soit-Il – lui dit : « Et qu’est-ce qui t’a fait te hâter loin de ton peuple, ô Moïse ? » (20 : 83).

Moïse – sur lui la paix – demeura alors perplexe quant à la réponse à cette parole, tant il était submergé par la sincérité de son désir ; il éluda donc la question par la formule : « Les voilà, tout près derrière moi, sur mes traces » (20 : 84).

Or le Très-Haut l’avait interrogé sur la cause même de sa hâte, en disant « qu’est-ce (mâ) », et Moïse se contenta d’indiquer qu’ils arrivaient « sur ses traces ».

Puis il ajouta : « Je me suis empressé vers Toi, Seigneur, afin que Tu sois satisfait » (20 : 84), usant ainsi d’une allusion voilée pour exprimer (la raison de sa hâte).

[سورة طه (٢٠) : الآيات ٨٣ الى ٨٩] وَما أَعْجَلَكَ عَنْ قَوْمِكَ يا مُوسى (٨٣) قالَ هُمْ أُولاءِ عَلى أَثَرِي وَعَجِلْتُ إِلَيْكَ رَبِّ لِتَرْضى (٨٤) قالَ فَإِنَّا قَدْ فَتَنَّا قَوْمَكَ مِنْ بَعْدِكَ وَأَضَلَّهُمُ السَّامِرِيُّ (٨٥) فَرَجَعَ مُوسى إِلى قَوْمِهِ غَضْبانَ أَسِفاً قالَ يَا قَوْمِ أَلَمْ يَعِدْكُمْ رَبُّكُمْ وَعْداً حَسَناً أَفَطالَ عَلَيْكُمُ الْعَهْدُ أَمْ أَرَدْتُمْ أَنْ يَحِلَّ عَلَيْكُمْ غَضَبٌ مِنْ رَبِّكُمْ فَأَخْلَفْتُمْ مَوْعِدِي (٨٦) قالُوا مَا أَخْلَفْنا مَوْعِدَكَ بِمَلْكِنا وَلكِنَّا حُمِّلْنا أَوْزاراً مِنْ زِينَةِ الْقَوْمِ فَقَذَفْناها فَكَذلِكَ أَلْقَى السَّامِرِيُّ (٨٧) فَأَخْرَجَ لَهُمْ عِجْلاً جَسَداً لَهُ خُوارٌ فَقالُوا هَذَا إِلهُكُمْ وَإِلهُ مُوسى فَنَسِيَ (٨٨) أَفَلا يَرَوْنَ أَلاَّ يَرْجِعُ إِلَيْهِمْ قَوْلاً وَلا يَمْلِكُ لَهُمْ ضَرًّا وَلا نَفْعاً (٨٩) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَما أَعْجَلَكَ عَنْ قَوْمِكَ يا مُوسى) ٢٠: ٨٣ أَيْ مَا حَمَلَكَ عَلَى أَنْ تَسْبِقَهُمْ. قِيلَ: عَنَى بِالْقَوْمِ جَمِيعَ بَنِي إِسْرَائِيلَ، فَعَلَى هَذَا قيل: استخلف هرون عَلَى بَنِي إِسْرَائِيلَ، وَخَرَجَ مَعَهُ بِسَبْعِينَ رَجُلًا لِلْمِيقَاتِ. فَقَوْلُهُ: (هُمْ أُولاءِ عَلى أَثَرِي) ٢٠: ٨٤ لَيْسَ يُرِيدُ أَنَّهُمْ يَسِيرُونَ خَلْفَهُ مُتَوَجِّهِينَ إِلَيْهِ، بَلْ أَرَادَ أَنَّهُمْ بِالْقُرْبِ مِنِّي يَنْتَظِرُونَ عَوْدِي إِلَيْهِمْ. وقيل: لا بل كان أمر هرون بِأَنْ يَتَّبِعَ فِي بَنِي إِسْرَائِيلَ أَثَرَهُ وَيَلْتَحِقُوا بِهِ. وَقَالَ قَوْمٌ: أَرَادَ بِالْقَوْمِ السَّبْعِينَ الَّذِينَ اخْتَارَهُمْ، وَكَانَ مُوسَى لَمَّا قَرُبَ مِنَ الطُّورِ سبقهم شوقا إلى سماع كلام الله. [عز وجل «١» ] وقيل: لما وفد إلى طور سينا بِالْوَعْدِ اشْتَاقَ إِلَى رَبِّهِ وَطَالَتْ عَلَيْهِ الْمَسَافَةُ مِنْ شِدَّةِ الشَّوْقِ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى، فَضَاقَ به الامر حتى شَقَّ قَمِيصَهُ، ثُمَّ لَمْ يَصْبِرْ حَتَّى خَلَّفَهُمْ وَمَضَى وَحْدَهُ، فَلَمَّا وَقَفَ فِي مَقَامِهِ قَالَ اللَّهُ تَبَارَكَ وَتَعَالَى: " وَما أَعْجَلَكَ عَنْ قَوْمِكَ يَا مُوسى ٢٠: ٨٣" فَبَقِيَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ متحيرا عن الجواب [لهذه «٢» الكلمة لما استقبله من صدق الشوق فأعرض عَنِ الْجَوَابِ] وَكَنَّى عَنْهُ بِقَوْلِهِ: " هُمْ أُولاءِ عَلى أَثَرِي ٢٠: ٨٤" وَإِنَّمَا سَأَلَهُ السَّبَبَ الَّذِي أَعْجَلَهُ بِقَوْلِهِ " مَا" فَأَخْبَرَ عَنْ مَجِيئِهِمْ بِالْأَثَرِ. ثُمَّ قَالَ: (وَعَجِلْتُ إِلَيْكَ رَبِّ لِتَرْضى) ٢٠: ٨٤ فَكَنَّى عَنْ
(١). من ى. وفي ك: تعالى. (٢). من اوب وج وز وط وك وى.

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